International

Afghanistan: Un attentat suicide des plus sanglants de l’année

Par L'Economiste | Edition N°:5396 Le 22/11/2018 | Partager
50 morts et 72 blessés ont été enregistrés
Cette attaque survient alors que des pourparlers de paix pouvaient démarrer

Près d’une cinquantaine de morts et quelque 72 blessés, c’est le bilan sanglant de l’attentat suicide qui a eu lieu mardi dernier à Kaboul lors du rassemblement religieux pour la célébration d’Al Mawlid Al Nabawi. Cette attaque est l’une des plus meurtrières qu’a connue la capitale afghane cette année. L'attentat n'a pas encore été revendiqué. Toutefois, le groupe Etat islamique (EI) est souvent à l'origine des attaques suicides dans le pays.

Environ un millier de personnes étaient présentes dans la salle où s'est produite l'explosion. «Des oulémas venus de tout le pays et de nombreuses autres personnes participaient à la cérémonie», a déclaré Najib Danish, le porte-parole du ministère de la Défense.

«Les ennemis de l'Islam ont mené une attaque terroriste ayant visé cette cérémonie religieuse. C'est un crime impardonnable dans lequel un certain nombre d'érudits religieux et d'autres compatriotes sont devenus des martyrs et ont été blessés», a condamné Ashraf Ghani, président d’Afghanistan, après avoir décrété, hier mercredi, une journée de deuil national.

Le Pakistan, pays voisin, a également condamné cette «haineuse attaque comme étant terroriste». Cet assaut n’est pas le premier en son genre. En juin dernier, un kamikaze s'était fait exploser près d'un rassemblement d'oulémas à Kaboul environ une heure après que le Conseil eut qualifié ces attentats de péchés. Cet attentat survient à un moment où le pays est toujours englué dans une spirale de violence mais où des espoirs de pourparlers de paix pourraient apparaître.

En effet, les Talibans ont affirmé lundi 19 novembre s'être entretenus, une semaine auparavant, avec des responsables américains pour mettre fin au conflit afghan. Ils ont, cependant, souligné qu'aucun accord n'avait été trouvé. Par ailleurs, l'envoyé américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, avait annoncé dimanche dernier qu’il espérait voir qu’un accord de paix soit conclu dans les cinq mois à venir. Ce souhait d'une échéance courte souligne un sentiment d'urgence croissant à la Maison-Blanche et parmi les diplomates américains.

D'autant plus que les Etats-Unis sont confrontés à la concurrence de la Russie.  Moscou a accueilli en début novembre des pourparlers de paix sans précédent sur l’Afghanistan auxquels ont participé les Talibans et le Haut Conseil de paix, une instance liée au gouvernement afghan. Afin de mieux asseoir sa «Pax russica», Moscou a invité tout le voisinage: 11 pays, dont la Chine, le Pakistan et l’Iran.

T.E.G. avec agences

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