International

Renault-Nissan: Le séisme Ghosn

Par Amin RBOUB | Edition N°:5396 Le 22/11/2018 | Partager
De gros soupçons de fraude fiscale dénoncés par un lanceur d'alerte
Thierry Bolloré assure l'intérim
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Hara-kiri de Carlos Ghosn: Nissan demande la démission de l'emblématique PDG de l'Alliance juste après le scandale de fraude fiscale (Ph. Bziouat)

Le président le plus emblématique des constructeurs automobiles au monde est soupçonné d'avoir dissimulé une partie de ses rémunérations au fisc japonais. Il faut dire que depuis des années, les montants de ses revenus font jaser même en France.

Mais cette fois-ci, c'est sur la base d’un rapport de lanceur d’alertes que Nissan Motor Co. Ltd. a mené une enquête interne au cours des derniers mois concernant des fautes commises par le représentant et président de la société, Carlos Ghosn, et le directeur, Greg Kelly.

L’enquête a révélé que, depuis de nombreuses années, «Ghosn et Kelly déclaraient dans le rapport sur les titres à la Bourse de Tokyo des montants de compensation inférieurs aux montants réels, afin de réduire la rémunération de Carlos Ghosn», précise un communiqué officiel de Nissan. Le constructeur  japonais a même fourni des informations au Parquet japonais et a pleinement coopéré à l'enquête. «Nous continuerons à le faire», précisent les dirigeants à Tokyo.

Selon l'agence de presse japonaise Jiji, le président de Nissan aurait sous-évalué de 5 milliards de yens (38,9 millions d'euros) sa rémunération qui s'élevait à près de 10 milliards. Par ailleurs, d'après l'agence de presse Kyodo, cette pratique a commencé en 2011 et a duré plus de 5 ans. Arrêté au Japon, Carlos Ghosn a vu sa détention prorogée de dix jours à partir du mercredi 21 novembre. En France, l'Elysée a confirmé qu'une «procédure est en cours» au Japon, mais s'est refusé à tout commentaire. Carlos Ghosn est maintenu à la présidence de Renault. En attendant le dénouement de cette affaire, c'est Thierry Bolloré qui a été chargé d'assurer l'intérim.

Pour le cas de Ghosn, de nombreuses fautes graves ont également été découvertes, telles que «l’utilisation personnelle des actifs de la société». Là encore, la profonde implication du directeur Kelly a été confirmée. Au lendemain de ce scandale, le constructeur nippon va plus loin. Nissan serait sur le point de demander à son conseil d'administration la démission de Carlos Ghosn.

«L’inconduite décelée lors de notre enquête interne constituant une violation flagrante du devoir de diligence des administrateurs, le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, proposera au conseil d’administration de Nissan de démettre Ghosn de ses fonctions de président et d’administrateur représentant. Saikawa proposera également le retrait de Greg Kelly de son poste de directeur représentant», précise une communication de Nissan, dont L'Economiste détient copie.

La firme nipponne ne compte pas s'arrêter là. «Nous poursuivrons nos investigations pour identifier nos problèmes de gouvernance et de conformité et pour prendre les mesures appropriées». Par ailleurs, Nissan s’excuse profondément d’avoir inquiété ses actionnaires ainsi que l'ensemble des parties prenantes de l'Alliance.

Amin RBOUB

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