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    Reportage

    Debdou: Un passé plus que jamais présent

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5390 Le 12/11/2018 | Partager
    Une cité juive, amazighe, arabe et andalouse
    Une nature généreuse et un patrimoine immatériel conséquent
    Un sursaut pour sortir la ville de son isolement
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    L’entrée du mellah de la ville de Debdou où des plaques explicatives on été installées retraçant l’importance du quartier et l’apport de la communauté juive à l’histoire de la cité (Ph. A.Bo)

    Debdou, petite ville du Maroc oriental, est une cité qui possède un extraordinaire patrimoine historique, civilisationnel, architectural et environnemental.  Une cité jadis florissante, aujourd’hui endormie, mais qui tente vaillamment de préserver sa mémoire.

    Un sursaut réalisé par des jeunes debdoubis et des personnes amoureuses du patrimoine judéo-arabe  de la ville. Deux associations ont été à  l’initiative de la 1re édition du festival «Les rendez-vous de l’histoire», du 28 au 30 octobre, sous le thème: «Juifs et Musulmans au Maroc à travers les siècles».

    Il s’agit de l’association des Amis de Debdou, présidée par Fathallah Mezian, un résident en France qui a acquis une maison au mellah, la transformant en maison d’hôtes, et de l’association Kasbah pour le développement et l’entraide sociale, présidée par Jamal Al Mohammadi, habitant de la citadelle mérinide.

    Trois jours durant, artistes, chercheurs, écrivains, acteurs de la société civile… ont rendu hommage à cette ville, en particulier son histoire, ses habitants d’hier et d’aujourd’hui, mais également à tout l’héritage hébraïque marocain et aux symboles de coexistence pacifique entre Juifs et Musulmans à travers les siècles au Maroc. 

    Des rencontres où l’émotion, le partage, l’amitié et les saveurs gastronomiques  n’ont rien enlevé à la rigueur scientifique et historique des débats. Cette 1re édition a rendu un fervent hommage à un grand défenseur du vivre-ensemble. Grand acteur de la lutte pour l’indépendance du Maroc, puis celle de l’Algérie, cofondateur de l’UNEM, puis membre de la direction de l’UMT et du PPS, linguiste, grand connaisseur de l’arabe dialectal, Simon Levy, disparu en 2012, est aussi l’un des fondateurs du Musée du judaïsme au Maroc.

      Une conférence dédiée à sa mémoire a été conduite par la socio-linguiste Dominique Caubet et la conservatrice du Musée Zhor Rhihil. Au programme également, un récital de la chanteuse spécialiste du répertoire judéo-marocain Suzanne Harroche, un concert de musique andalouse de la chorale «Ochaq al ala», des séances littéraires avec la présentation du roman de l’écrivain Mohamed Berrada «Une mort différente»,  lauréat du prix Katara du roman arabe, et dont les évènements se passent dans la cité ainsi que le livre «Les mûriers de la vallée du Zaa» par son auteur Mohamed Bouassaba.

    Parmi les invités à ces rencontres, la réalisatrice Simone Bitton, la chanteuse Françoise Atlan, spécialisée dans l’interprétation du répertoire des anciennes musiques traditionnelles arabo-andalouse, séfarade et latino, la chercheuse Claire Marynowere… L’objectif selon les organisateurs est de permettre à la ville de sortir de son isolement, de retrouver la voie du développement et de faire entendre au monde entier son message de ville symbole de coexistence culturelle et religieuse entre les peuples.

                                                                     

    Une nature à couper le souffle

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    Debdou se laisse voir, blottie au pied des montagnes de l’Atlas, l’œil énigmatique de sa Kasbah perchée à flanc de falaise et au pied de laquelle  s’étend son mellah multi-centenaire (Ph. A.Bo)

    En abordant le spectaculaire plateau du Rekkam auquel on accède par une sublime route de montagne, traversant des plaines désertiques mordues par le soleil, s’annonce une vallée heureuse parsemée de lauriers roses, d’oliviers centenaires et bordée de généreux vergers.

    Debdou se laisse voir, blottie au pied des montagnes de l’Atlas, l’œil énigmatique de sa kasbah perchée à flanc de falaise et au pied de laquelle s’étend son mellah multi-centenaire. Une richesse historique qui s’allie à la magie des paysages faisant de cette ville enclavée une potentielle  destination conjuguant le tourisme de montagne et celui, authentique, à forte valeur spirituelle. Le site compte en effet, en plus de son patrimoine architectural et historique, pas moins de 99 grottes.

    La ville est située dans une vallée au coeur d’un massif à allure montagneuse et pourvu d’une très belle forêt exubérante qui est la plus méridionale en son genre au Maroc oriental. En plus de la réputation de sa richesse en gibier (sangliers, lièvres, perdrix,..), elle revêt un intérêt touristique particulier par ses sources, notamment celle de Tafrant, ses agglomérations perchées et ses nombreux sites nichés sur le plateau de la Gâada. 

    La ville rassemble toutes les qualités requises pour développer un tourisme rural, culturel et cultuel qui aura un impact sur la vie économique de la cité. Aujourd’hui, cette ville cherche un nouveau départ en s’appuyant sur son histoire, ses potentialités et sa jeunesse.

    De notre envoyé spécial, Amine Boushaba

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