Entreprises

Energie: La SIE change de positionnement

Par Amin RBOUB | Edition N°:5368 Le 10/10/2018 | Partager
Elle devient officiellement une «super ESCO» de l'Etat
Bientôt de nouveaux statuts et changement de nomination

Retournement de situation chez la SIE. La structure n'existe plus en tant que telle. La Société d'investissement énergétique devra changer de vocation. A cet effet, une nouvelle structure sera bientôt créée sous une nouvelle appellation et de nouveaux statuts compte tenu du changement de l'activité.

La nouvelle entité (en cours de création) sera probablement nommée Société nationale de Services énergétiques (SNSE). Elle devra assurer le rôle d'une société de services énergétiques «conformément aux standards internationaux» en la matière. Cette superstructure autonome aura une mission exclusivement dédiée à l'exécution de projets d'efficacité énergétique, en adressant les secteurs des bâtiments publics, l'éclairage public ou encore la mobilité et l'industrie.

La future structure devra également assurer l'accompagnement des PME et ESCO locales. Objectif: contribuer à la création d'un écosystème national. Ce coup de théâtre via un nouveau positionnement de la Société d'investissement énergétique intervient après la démission annoncée, fin juin dernier, du DG Ahmed Baroudi. Finalement, Baroudi est revenu sur sa décision, suite aux sollicitations du ministre de tutelle, Aziz Rabbah.

La résolution de transformation de la structure étatique en «super ESCO» a été prise lors du dernier Conseil d'administration de l'entreprise publique, tenu le 5 octobre, sous la présidence de Aziz Rabbah, ministre de tutelle. C'est en effet lors de ce conseil que la tutelle a décidé de statuer sur l'avenir de cette structure, notamment avec des changements majeurs (nouveau positionnement, nouvelles prérogatives) afin d'atteindre «les objectifs de la stratégie énergétique nationale».

De l'avis d'anciens cadres: «la SIE a été délibérément vidée de sa substance. C'est la conséquence directe de tiraillements entre Masen, l'ONEE et l'AMEE». Une guerre de périmètres, voire des règlements de comptes par personnes interposées. Résultat: depuis plusieurs mois, la SIE ne peut plus investir, ni financer, encore moins développer des projets dans les EnR et efficacité énergétique.

Plus encore, «toutes les mesures ont été prises pour accélérer la sortie de la SIE du tour de table de Masen (25% récupérés par l'ONEE», confie la même source. De surcroît, le capital de la SIE a été réduit à 300 millions de DH contre 1 milliard de DH auparavant. Masen récupère les EnR. Quant à l'Agence de l'efficacité énergétique (AMEE), elle a récupéré le volet Stratégie de la SIE.

Une perte pour le Maroc!

Depuis sa création, la SIE a développé une expertise opérationnelle dans le domaine de l’efficacité énergétique. Elle avait initié de nombreux projets réussis tels que les mosquées vertes, l’efficacité dans le bâtiment et l’industrie, la mobilité (bus électriques), ou encore l’éclairage public dans plusieurs villes. «La suppression de la SIE en tant que telle est un désaveu, voire une perte sèche. Elle se traduira éventuellement par un vide en matière d’initiatives d’accompagnement de petits projets ou encore des centrales d’usines telles que la Copag» , regrette un haut cadre.

 

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