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    Transport aérien : La bataille du ciel se gagne au sol

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5365 Le 05/10/2018 | Partager
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    Hassan El Houry, PDG du groupe NAS: «Le Maroc est très bien placé pour capter l’essentiel des 50 millions de dollars que nous allons investir au cours des 3 prochaines années sur le continent africain» (Ph F. AL Nasser)

    D’origine koweïtienne, National Aviation Services (NAS) est  une multinationale des services d’assistance en escale des compagnies aériennes. Au Maroc, elle gère des salons (lounges) dans les aéroports internationaux dont Casablanca. C’est aujourd’hui le plus grand prestataire du secteur sur le continent africain. En plus du Maroc, NAS est présent en Côte d’Ivoire, au Libéria, en Tanzanie, Ouganda, au Rwanda, en Egypte et au Mozambique. Dans les trois prochaines années, NAS projette d’investir 50 millions de dollars en Afrique. «Je crois que le Maroc est très bien placé pour capter l’essentiel de ces investissements», assure Hassan El Houry, PDG de National Aviation Services. Il dit que «son groupe reste attentif aux appels d’offres que lancera l’Office national des aéroports»

    - L’Economiste: Vous avez lancé vos opérations depuis deux ans au Maroc. Etes-vous sur la trajectoire de votre business plan? 
    - Hassan El Houry: La convention conclue en 2016 avec l’ONDA concède au groupe National Aviation Services (NAS) la gestion de 16 salons VIP dans neuf aéroports internationaux du Royaume. Par ailleurs, nous assurons aussi le service fast track destiné aux passagers VIP. Sept sociétés avaient concouru à l’époque à l’appel d’offres lancé par l’Office national des aéroports. Si nous l’avions emporté, c’est parce que nous avons l’expérience de ces prestations. Nous gérons des salons dans les aéroports au Koweït où se trouve notre siège social, au Rwanda, en Egypte, au Mozambique, etc. Nous prenons en charge aussi le service fast track dans plusieurs plateformes. Retenez que nous sommes prêts à nous engager encore plus au Maroc. Nous prévoyons d’y investir l’essentiel des 50 millions de dollars sur trois ans. En deux ans d’activité au Maroc, nous avons servi 370.000 passagers et ouvert 15 des 16 salons prévus dans la convention avec l’ONDA. Le service fast track est déjà opérationnel à Marrakech et Agadir. Dans le 2-3 prochains mois, nous espérons l’ouvrir à l’aéroport Mohammed V à Casablanca.   Les passagers mettent parfois encore trop de temps à l’arrivée. Cette longue attente n’est pas facile à vivre. Quand nous aurons déployé le fast track, nous espérons apporter plus de fluidité. 

    - Votre partenaire, l’ONDA va-t-il à la même vitesse que la vôtre? Quel est votre sentiment? 
    - Je peux vous assurer que c’est un organisme très professionnel, et en plus, nous avons la chance d’être dans un pays qui connaît une accélération de la croissance du trafic aérien. En général, les équipes de l’Office national des aéroports sont assez réactives. L’Office a ouvert de nouveaux terminaux à Fès, Marrakech et bientôt, le terminal 1 à Casablanca. Je ne connais pas beaucoup de pays au Moyen-Orient ou en Afrique qui inaugurent autant de terminaux. La relation entre NAS et l’ONDA  est un vrai partenariat qui marche très bien. Je veux remercier la direction de l’Office pour son soutien permanent.

    - Les passagers qui passent par vos salons vous comparent forcément avec les standards de Shanghai, Dubai, Francfort, Doha,...
    - Oui, et nous en sommes conscients. Mais si vous comparez l’aéroport de Casablanca à Istanbul, Dubaï, Shanghai, cela ne peut que vous renvoyer une appréciation tronquée. Notre différenciation est fondée sur le panachage entre les standards internationaux et une touche locale. Si vous visitez nos salons dans les aéroports du Maroc, ils ont une empreinte marocaine. Au Rwanda, ils sont d’abord rwandais et au Koweït, des salons koweïtiens. Je pense que lorsque le terminal 1 entrera en service à l’aéroport Mohammed V, tous les petits problèmes qui peuvent créer quelques désagréments, seront réglés. Parfois, les passagers mettent plus de temps à l’arrivée mais en général, je vous assure que les prestations des aéroports sont au niveau, même si les choses sont toujours améliorables. 

    - Les cadres et dirigeants que vous ciblez, voyagent en business et ont déjà accès aux lounges dans les aéroports. Comment les convaincre de venir vers vos salons?
    - A Casablanca, il y a des salons de NAS et ceux de Royal Air Maroc. Les compagnies aériennes peuvent choisir quel salon elles veulent pour leurs passagers. Par exemple, Air France, British Airways et Ettihad nous ont fait confiance dans quelques aéroports. Chaque compagnie aérienne choisit le prestataire qui l’accompagnera. Par ailleurs, nous avons des contrats avec des cartes de crédit et des pass qui ouvrent droit à nos prestations dans les salons que nous gérons dans les aéroports.

    - Avez-vous approché Royal Air Maroc pour reprendre la gestion de ses salons?
    - N’oubliez pas que nous avons lancé nos opérations au Maroc depuis seulement deux ans. Comme d’habitude, n’importe quelle société qui arrive dans un nouveau marché, a des challenges et des problèmes à régler. Je pense que nous avons dépassé aujourd’hui cette étape. Le plus important, c’est d’avoir démontré notre capacité à apporter des solutions à nos clients. Les compagnies aériennes ont vu ce que l’on sait faire. Pour revenir à votre question, nous n’avons pas approché la RAM, mais s’il y a une opportunité concrète, nous sommes ouverts.
    A l’aéroport de Kigali par exemple, nous gérons en partenariat -à 70-30%- avec Rwandair trois salons. Le premier est dédié aux passagers de Rwandair, le deuxième salon est ouvert aux passagers de toutes les autres compagnies aériennes et le troisième est réservé pour les arrivées. Si on peut dupliquer ce type de partenariat au Maroc avec Royal Air Maroc, on est prêt.

    - En quoi les services au sol constituent-ils un levier de différenciation pour les compagnies aériennes?
    - Oui, incontestablement. Les services d’assistance en escale, la sûreté et la ponctualité, sont des éléments critiques pour la compétitivité et la réputation d’une compagnie aérienne. Si un avion est cloué au sol, ce sont des coûts additionnels. Des retards récurrents des vols peuvent miner la réputation d’un transporteur aérien.

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