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    Enseignement supérieur: Rude sélection pour les établissements à accès régulé

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5357 Le 25/09/2018 | Partager
    A peine 30.000 places pour plus de 230.000 bacheliers
    Une majorité obligée de s'orienter vers la faculté
    Le privé ou les études à l’étranger, une alternative pour les plus aisés
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     Le très faible taux d’encadrement dans l’enseignement supérieur à accès ouvert est une des raisons principales de la dégradation de la qualité de la formation dans les facultés marocaines

    La situation se complique pour les nouveaux bacheliers. Même avec une mention, une grande partie d'entre eux ne peut poursuivre des études supérieures dans les formations qu’ils désirent. Il s’agit des cursus souvent assurés par des établissements publics à accès régulé via une pré-sélection et un concours.

    C’est le cas notamment des facultés de médecine, dentaire et de pharmacie ainsi que les écoles d’ingénieurs et les ENCG. Cette situation s’explique par l'insuffisance au niveau de la capacité d’accueil de ces établissements. Cette année, seules 30.000 places pédagogiques étaient offertes pour plus de 230.000 nouveaux bacheliers. Cet énorme déficit entre l’offre et la demande va favoriser le recours à un système très sélectif.

    A titre exemple, pour la faculté de médecine de l’université Mohammed V de Rabat, le seuil fixé pour la note afin de pouvoir passer le concours d’accès était de 14,55 sur 20. Le même constat est valable pour les autres établissements comme les ENCG, les FST et les ENSA. Les seuils de certains EST (Bac+2)  ont même été revus à la hausse....

    La formation assurée par les établissements d’accès régulé porte en général sur des métiers comme ingénieur, médecin, commercial, technicien…, rappelle un responsable du département de l’enseignement supérieur. «Cela exige donc un bon encadrement avec la mobilisation d'équipements et d'infrastructures nécessaires, ce qui explique la limitation des places disponibles et le recours à la sélection», ajoute-t-il.

    Conscient de cette situation, le ministère de tutelle déploie des efforts pour augmenter la capacité d’accueil de ces établissements tout en garantissant la qualité de la formation. Depuis 2 ans, des centaines de places pédagogiques ont été créées, ce qui a permis d’augmenter d’environ 50% la capacité des établissements d’accès régulé, indique Mohammed Ettahiri, directeur de l'Enseignement supérieur.  

    «Cet effort sera aussi maintenu au niveau des établissements à accès ouvert comme les facultés de lettres et des sciences avec l’ouverture des licences professionnelles», ajoute Khalid Samadi, Secrétaire d’Etat, chargé de l’enseignement supérieur.

    «A la fin de notre mandat, nous espérons atteindre un taux de 10% d'offre pour ces établissements contre près de 4,5% actuellement», souhaite Samadi. Toujours dans le même registre, il rappelle le lancement du cycle de licence en éducation dans les différentes universités avec une offre d’environ 20.000 places. Une initiative qui vise à répondre aux besoins de l’école marocaine en enseignants estimés à 200.000 personnes à l’horizon 2030.

    Sur le plan des ressources humaines, 700 postes budgétaires sont prévus pour le recrutement d’enseignants. En dépit de ces efforts, il serait difficile de résorber le déficit dans le moyen terme, reconnaît une source du département de tutelle qui souligne qu'il faudrait pour dépasser cette contrainte, développer des projets de partenariat public-privé afin de créer de nouvelles structures.

    Grâce aux bourses octroyées, des bacheliers marocains peuvent suivre leurs études dans différentes disciplines: médecine, ingénierie, commerce…C’est l’exemple de l’Université internationale de Rabat (UIR). Près de 30% de nos étudiants bénéficient d’une bourse totale ou partielle, indique un responsable de l’UIR.

    Signalons par ailleurs que le département de tutelle teste actuellement une plateforme nationale qui sera chargée de la gestion du processus d’admission aux établissements d’enseignement supérieur particulièrement ceux à accès régulé.

    Un système à deux vitesses

    Avec des établissements à accès régulé et d’autres à accès libre, le système d’enseignement supérieur fonctionne à deux vitesses engendrant ainsi des différences énormes. Un constat confirmé par les premiers résultats d’un rapport préparé par l’Instance nationale d’évaluation (INE) du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique dont la publication officielle a été annoncée pour ce mois de septembre. Le suivi du parcours des étudiants de trois grandes universités durant la période 2007-2012 a permis de constater que seulement 32,7% des étudiants arrivent à obtenir leur licence pendant le temps normal (3 ans) ou plus. Une situation qui va se dégrader pour chuter à 27,6% en 2012, alors que 54% de la promotion ont abandonné leurs études.

     

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