Economie

Préscolaire: Le Maroc encore loin du compte

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5354 Le 20/09/2018 | Partager
A peine 49,6% d’enfants scolarisés
Multiplicité des intervenants
Le système compte 27.000 éducateurs
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La situation de l’enseignement préscolaire en 2017-2018 démontre les grandes disparités qui existent entre les régions. Si les meilleurs scores obtenus sont enregistrés dans les provinces du sud, il en va autrement pour les grandes agglomérations. Ainsi, Casablanca-Settat affiche un taux de 54,2% et Rabat-Salé-Kénitra à peine 41,6%. Le dernier de la classe n’est autre que l’Oriental avec un taux de scolarisation de 28,2%

Après plusieurs années de laisser-aller, le Maroc se réveille et décide de donner la priorité à l’enseignement préscolaire. Surtout après les multiples mises en garde contre la faiblesse de ce système qui plombe les efforts de la réforme de l’Education nationale. L’état des lieux fait ressortir des déficits à tous les étages.

D’abord, le gouvernement manquait de vision pour mettre en place une stratégie destinée à développer le préscolaire. Les initiatives lancées sans cohérence ni objectifs pédagogiques étaient éparpillées.

Mais le déclic est venu avec la vision du Conseil supérieur de l’enseignement qui avait recommandé la généralisation du préscolaire comme un outil vital pour une meilleure familiarisation des enfants avec le milieu scolaire. Les alertes des différents rapports des institutions internationales dont celui de la Banque mondiale, ont complété le tableau et poussé les pouvoirs publics à agir.

En tout cas, le diagnostic établi par le ministère de l’Education nationale fait apparaître de grandes différences en matière de qualité de l’enseignement.

A part les établissements du secteur privé, ce système était pris en charge par les associations, les mosquées et parfois par des collectivités locales. Même des partis politiques comme l’Istiqlal l’avaient aussi utilisé. La situation du préscolaire démontre les grandes disparités qui existent entre les régions.

Les meilleurs scores obtenus sont dans les provinces du sud (même si le nombre d’enfants scolarisés reste très faible). Ainsi, la région Laâyoune Sakia El Hamra affiche un taux de scolarisation de 94,3% (788 enfants), Guelmim Oued-Noun 80,1% (3.302) et Dakhla-Oued Eddahab 75,8% (1.462). Casablanca-Settat affiche un taux de 54,2% avec 121.803 élèves scolarisés. Rabat-Salé-Kénitra scolarise à peine 103.459 enfants (41,6%). Le dernier de la classe est la région de l’Oriental  qui réalise à peine 28,2% pour 64.371 enfants.

Selon les statistiques de 2017-2018 du ministère de l’Education nationale, les enfants en âge d’intégrer le préscolaire étaient 1.426.185. Mais seulement 49,6% des effectifs sont scolarisés. Pour cette année, le ministère compte scolariser 100.000 enfants supplémentaires et construire 4.000 salles de classe nécessaires pour absorber cet effectif. Selon ce même département, il existe 23.921 établissements, encadrés par 36.903 éducateurs. Les enfants se répartissent selon le genre puisque 63% de l’ensemble sont dans le préscolaire traditionnel, 13% dans le public et 24% dans le moderne.

Par ailleurs, ce secteur est caractérisé par une multiplicité d’intervenants. Ce sont quatre ministères qui assurent la tutelle: l’Education nationale, les Habous et les affaires islamiques, la Jeunesse et sports et la Famille, la solidarité et le développement social. A cela s’ajoutent les assemblées territoriales (la région, le conseil provincial et les communes), le privé et la société civile. Par ailleurs, le préscolaire actuel souffre des mêmes maux que ceux enregistrés entre 2000 et 2008.

En effet, la faiblesse du financement, le manque de la participation de l’Etat, la multiplicité des opérateurs entre le public, le privé et les associations ont toujours été des facteurs de blocage à toute volonté de relancer le préscolaire. Le système est plombé par l’absence de cadre de référence unifié et l’inexistence des mécanismes de contrôle et d’évaluation.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde pour affirmer que la réussite de ce chantier passe par la mobilisation des ressources humaines de qualité. Actuellement, ce système compte 27.000 éducateurs et éducatrices. Un effectif insuffisant par rapport aux attentes. D’où la nécessité de former de nouveaux et de mettre à niveau les anciens pour améliorer le niveau de leurs compétences.

Opportunités d’emplois

Le préscolaire s’occupe de la prise en charge éducative des enfants de 4-5 ans. Son importance n’est plus à démontrer. Il permet d’assurer aux enfants le transfert de compétences et d’acquis en vue d’accéder au cycle primaire avec un potentiel d’intégration et de réussite, de réduire les risques d’échec et de limiter l’abandon scolaire. L’idée est également de faciliter l’entrée de la fille rurale dans le système de scolarité. Pour le ministère, le préscolaire crée des opportunités d’emplois au niveau local, tout en faisant la promotion de l’emploi féminin.

 

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