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Fête du Trône/Le projet politique

Par Nadia SALAH | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager

Pékin donne 2.500 ans d’existence à la Route de la Soie. Elle reliait la province de Shaanxi au Kazakhstan actuel. L’idée que développe le secrétaire général du PC, Xi Jinping, est que «les pays où la Route passe développent des coopérations dans la mesure de leurs besoins». Les pays qui ont connu une colonisation repèrent tout de suite qu’il n’y a pas d’autorité extérieure pour décider de modalités ou d’usages. 
La Route sera-t-elle impérialiste comme le sont, par exemple, les Etats-Unis, de fait et de droit? Les Occidentaux l’affirment pour décourager leurs alliés, lesquels sont bien tentés par l’offre chinoise. 
Le projet  porté par Xi Jinping a été présenté en 2013, à Nazarbayev, en Asie centrale, sous forme d’évocation historique (joliment présentée), puis dans un discours très politique prononcé devant le Parlement indonésien. Ce sont les deux seules zones vraiment sollicitées par Pékin, même en Méditerranée, les Chinois ont effectué des sauvetages d’entreprises publiques stratégiques, telles que le port grec du Pirée. Et que les ports kényans ont été considérablement agrandis et remis en fonction par des interventions chinoises. Il n’y a rien d’autre dans le projet de 2013. Mais une dynamique s’est créée. Des intérêts sont venus se greffer, comme celui par exemple Tanger Tech, mort aujourd’hui.
La philosophie de Pékin  comporte cinq principes, exposés par le secrétaire général:
- «S’en tenir à la crédibilité et à l’amitié», pour constituer une «confiance politique et stratégique». Chaque pays conçoit son développement comme il l’entend, ce qui signifie que Pékin n’envisage pas d’intervention sur le monde occidental au nom de «valeurs» ou de méthodes.
- «S’en tenir à la coopération gagnant-gagnant»: «Les intérêts dont il faut tenir compte doivent être ceux de tout le monde».
- «Veiller les uns sur les autres et s’entre-aider», avec un partage de responsabilité pour assurer la paix et la stabilité, en se «défaisant de la mentalité de la Guerre froide».
- «S’entendre parfaitement», avec l’idée de commencer petit, comme une graine, pour grandir comme un arbre.
- «Rester ouverts et tolérants», selon le proverbe «La mer est vaste parce qu’elle est nourrie de tous les fleuves».
Il est vrai que c’est une proposition très différente de celles  d’avant, Conquistadors, colonisation ou impérialisme. Reste à voir sur pièces, car les Chinois ont aussi un principe stratégique: «Soutenir les barbares lointains contre les barbares proches pour que l’empire dorme tranquille».

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