×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    Fête du Trône/Les Routes de la Soie Une affaire beaucoup plus sérieuse qu’il n’y paraît

    Par Nadia SALAH | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
    Inscrire Tanger sur la carte du monde
    Empêcher qu’Alger jette le Maroc hors du Continent
    route_de-_la_soie.jpg

    En rouge la ligne terrestre, route plus voie ferrée, déjà construites de Chine vers l’Asie centrale, c’est «One road», même s’il y en a plusieurs. En bleu, «One belt», les lignes maritimes, déjà existantes.  Le tout forme « la route de la Soie », qui n’a pas encore d’existence en ce qui concerne l’Afrique du Nord (étoiles rouges). A souligner qu’en Grèce et au Portugal de gros investissements chinois ont sauvé des entreprises publiques stratégiques mais en faillite. Des prises de contrôle qui font parfois dire que la Méditerranée devient une «mer chinoise», ce qui est évidemment très exagéré.

    Les photos officielles sont des traîtresses. Particulièrement celles où des personnalités marocaines se sont placées devant le président chinois du groupe Haite pour le lancement du chantier Tanger-Tech, en été 2017. Li Biao était déjà à moitié parti, absorbé par les soucis d’une croissance très-trop rapide. Pas de chance. Le Maroc est arrivé un poil en retard, un peu comme avec le coréen Daewoo, qui sombra en 2000, lui aussi d’être trop grand, trop vite. On aurait aimé apprendre à faire avec lui nos «petites voitures», celles  qui contribuent remarquablement aujourd’hui au commerce extérieur.
    Le dessein du Maroc, davantage celui d’Othmane Benjelloun que des responsables politiques, est de se brancher sur le projet multiforme de la Route de la Soie. 
    La réalité stratégique est que Pékin n’a pas complètement exclu l’Afrique du nord (voir pages suivantes l’analyse chinoise), mais une préférence a été marquée pour l’Algérie, pratiquement dix fois plus riche (recettes extérieures plus énergies) que le Maroc. On aura aussi noté que les cartes des bureaux d’études internationaux ou des chancelleries occidentales ne tracent rien pour l’Afrique du nord. Ces amis du Maroc sont sans doute «sincères» lorsqu’ils développent leur message: «la route de la soie est une mauvaise idée, au mauvais endroit, au mauvais moment et pour de mauvaises gens». Il faut comprendre qu’elle n’est pas faite pour un pays comme le Maroc. Donc selon cette jolie expression d’un diplomate, « les petits Lions de l’Atlas doivent se limer les ongles» pour défendre ce qui n’est pas encore un vrai projet tout en manageant les vieilles amitiés. 

    Un «wiki-projet»

    Pour autant, pas question de laisser l’Algérie se proclamer «Terminus de la Route de la Soie», ce qui est une affaire très sérieuse car cela signifierait que le monde africain s’arrête avant les montagnes de l’Atlas.  Des langues perfides ajoutent dans la balance marocaine que l’Algérie ne sait pas faire des routes: 17 ans pour 400 km, construits notamment par des Chinois victimes d’agressions racistes.
    Tanger propose son port, déjà tout prêt à être branché sur l’autoroute algérienne quand elle sera finie. Ce qui serait à la fois «One belt» maritime et «One road» terrestre.
    Les premiers endroits où il faut défendre le projet, c’est à Shanghai et à Pékin. La Route est une sorte de «wiki-zone» dans le sens où les Canadiens entendent «wiki», c’est-à-dire une construction collaborative.
    Outre l’Asie centrale, ce qui intéresse vraiment Pékin, ce sont les Mers de Chine orientale et du Sud, la Mer des Célèbes puis la traversée de l’Océan indien droit sur le Kenya. Et à partir de là, le Continent. Tanger n’est pas sur la carte-mère. Il faut arriver à l’y mettre, ou, à défaut, sur les cartes dérivées. 
    Les enjeux sont donc de taille colossale, avec de multiples facettes.

    Sénèque et la soie

    C'est presque plus des légendes que de la vraie histoire. Depuis le temps des Romains (certains disent depuis le grec Alexandre) le commerce se faisait entre l’extrême orient et l’extrême occident. A toute petite dose et surtout pas lourd, car il fallait ménager bêtes et hommes. Donc des coupons de soie. Sénèque fustigea d’ailleurs les goûts de luxe des Romaines qui, selon lui, menaçaient l’empire de ruine (et aussi de ruine morale en raison de la transparence du tissu).
    Il y a une autre explication, pas forcément exclusive de la première, mais plus récente. Des comptoirs et caravansérails existaient au moins jusqu’en Asie centrale, épisodiquement contrôlés par l’Empire du milieu. Comme il payait ses fonctionnaires en nature, souvent en coupons de soie… d’où la route du même nom. 

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc