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    Analyse

    Port de Casablanca: Gros ratés du nouveau système d’exploitation

    Par Jihad RIZK | Edition N°:5315 Le 16/07/2018 | Partager
    Enormes retards dus à un bug informatique
    Marsa Maroc nie tout blocage
    Les transporteurs lancent un ultimatum
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    Les chauffeurs de camions attendent jusqu'à 14 heures pour charger un seul conteneur. Depuis plusieurs jours, un bras de fer a été engagé entre Marsa Maroc et la Fédération des transporteurs (Ph. F. Al Nasser)

    Depuis 14 jours, le port de Casablanca vit une grosse perturbation de trafic. A l’origine, l'adoption par Marsa Maroc d'un nouveau système informatique d’exploitation des terminaux conteneurs, depuis le 2 juillet. Un dispositif qui a remplacé le système belge Cosmos abandonné sur demande du propriétaire. Le nouveau système de gestion, appelé TOS (Terminal Operating System), a été conçu en interne par les équipes de Marsa Maroc qui y travaillent depuis plus de 24 mois. Il a nécessité un investissement entre 8 et 10 millions de DH. Durant cette période de migration nécessitant davantage de réglages, les transporteurs, importateurs et exportateurs ont subi d’interminables désagréments: rallongement des délais de chargement et de déchargement des conteneurs, facturation du prix de magasinage supplémentaire, retard dans les livraisons...

    Une situation qui a provoqué le ras-le-bol des opérateurs, des transporteurs et des chauffeurs de camions. «Nous vivons une situation lamentable depuis début juillet. Le blocage récurrent du nouveau système pendant des heures ralentit les processus de chargement et de déchargement. Les clients s'indignent car ils sont obligés de payer des frais de magasinage supplémentaires», confie un transitaire. Au lieu de charger 2 à 3 conteneurs par  jour, les chauffeurs de camions passent plus de 14 heures dans l’enceinte du port pour pouvoir en charger ou décharger un seul. Une opération qui, en temps normal, s’effectuait en 2 heures  maximum, selon les témoignages recueillis sur place. «Depuis 15 jours, nous rentrons à 14h au port et nous n'en sortons que vers 4 h du matin le lendemain. Notre rendement a chuté de plus de 50%», explique un transporteur. 

    Ce cafouillage a été constaté sur place par L'Economiste lors d'une visite au port. Les camions passaient au compte-goutte. Le système étant à l’arrêt (des pannes fréquentes qui durent entre 2 et 3h), les opérateurs de Marsa Maroc enregistraient les camions manuellement par groupe de cinq. Ce qui provoquait un grand engorgement à l'entrée de la porte 5. Une autre file d'attente s’allongeait à vue d’œil devant le scanner de Marsa Maroc. A l’intérieur, les camions à plateaux attendaient d’être chargés à côté d’une grue (appelée cavalier) complètement à l’arrêt. Les chauffeurs sous une chaleur torride et l'odeur du carburant brûlé attendent collés à leur volant. Au sein du port, pas d’aire de repos pour se rafraîchir ou se reposer. 
    De leur côté, les importateurs et exportateurs prennent leur mal en patience.

    Les plus chanceux ont retiré ou déposé leurs marchandises avant le 2 juillet. Pour le reste, des frais supplémentaires de magasinage ont été calculés. 
    Les représentants des associations et fédérations des transporteurs affiliés à la Fédération nationale du transport (FNT) se sont réunis avec le management de Marsa Maroc qui a demandé un délai de 48h pour résoudre le problème. «Une promesse qui n’a pas été respectée. Nous lui avons lancé un ultimatum pour trouver une issue à ce blocage qui prendra fin le 16 juillet à 20h00. Au-delà de ce délai, une grève ou un sit-in devant le port n’est pas à exclure», tient à préciser Adil Dahouki, 1er vice-président de la Fédération du transport par ports et routes. Un bras de fer qui n’est pas du goût de Marsa Maroc qui nie tout blocage et accuse la FNT de servir «des agendas politiques».

     

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