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    Economie

    100.000 profs à former: Comment le ministère compte-t-il y arriver?

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5301 Le 26/06/2018 | Partager
    Une centaine de filières prévues pour la rentrée
    Les concours seront ouverts à partir de juillet
    Plus de 14.000 profils à former chaque année, sacré défi!
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    Les licences en sciences de l’éducation seront ouvertes aux bacheliers sur concours, oral et écrit. Les lauréats n’auront pas de mal à trouver des débouchés. L’Education nationale a besoin de recruter 20.000 contractuels par an. Le secteur privé est également en déficit d’enseignants (Ph. Bziouat)

    Il était temps! Un programme de formation des enseignants du primaire et du secondaire (collège et lycée) à partir du bac, avec une sélection à l’entrée, pour ne prendre que les profils les plus valables et les plus motivés. Il aurait peut-être fallu un ministre issu de l’Enseignement supérieur, ancien doyen et président d’université, pour mener ce projet. L’initiative fait partie des premières grandes mesure de Saaïd Amzazi en tant que ministre de l’Education nationale.

    A vrai dire, le dispositif n’est pas nouveau. C’était le système adopté dans les années 60, abandonné au fil du temps au profit de formations «cocotte minute» de six mois au sein des Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF).  

    Le projet est pour le moins ambitieux. Il s’agit de former 100.000 profs d’ici 2025, pour répondre à un besoin annuel en recrutement de 20.000. Cela représente plus de 14.000 diplômés par an en sept ans. Notre système est-il capable de produire autant de lauréats dans ce laps de temps? Le Conseil supérieur de l’éducation a programmé une séance d’audition du ministre, ce mardi, à sa demande, afin de détailler son programme.

    Toutes les universités ont déjà présenté leur offre de filières au ministère. La Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur en a validé plus de 70 mardi dernier. Lors de sa prochaine réunion en juillet, d’autres seront examinées.

    Pour la prochaine rentrée, l’on envisage une centaine de licences. L’université de Casablanca en a, par exemple, concocté 14, offrant entre 1.000 et 1.300 places. Celle de Rabat en a soumis 16, pouvant accueillir un millier d’étudiants. Chaque filière en comptera entre 30 et 50. Les concours (écrits et oraux) seront ouverts à partir de juillet.

    Au total, les douze universités publiques ne peuvent former plus de 5.000 étudiants par an. A elles seules, il est clair qu’elles ne pourront atteindre l’objectif des 100.000 d’ici sept ans. Il est toutefois possible de monter en capacité crescendo, en ouvrant de nouvelles filières, ou encore, de nouveaux établissements. Une Ecole normale supérieure (ENS) est d’ailleurs prévue à Agadir l’année prochaine. Une autre suivra à Settat. Cela suffira-t-il?     

    A l’image de l’ancien dispositif des années 60, les cours se dérouleront entre les facultés des sciences, celles des lettres et les établissements spécialisés, comme la faculté des sciences de l’éducation de Rabat, les ENS et les Ecoles normales supérieures de l’enseignement technique (ENSET).

    «Les facs des lettres et des sciences s’occuperont des modules disciplinaires relevant de leurs vocations, tandis que les autres établissements se chargeront des modules professionnels. Ils travailleront en synergie», explique Abdelhanine Belhaj, président de l’université de Rabat.

    «Les maths, la physique, la chimie, l’histoire-géographie, les langues… seront ainsi dispensées dans les facultés des lettres et des sciences. Tandis que les autres établissements se chargeront de tout ce qui est didactique et pédagogique», détaille Driss Mansouri, président de l’université de Casablanca.

    Au terme de la formation, les diplômés devront passer le concours de l’Education nationale pour accéder au poste d’enseignant. Ils auront tous le statut de contractuels, selon le ministère. Leur parcours devrait être complété par une année au niveau des CRMEF.

    «Il faudrait des programmes consistants, que ce soit sur le plan académique ou pédagogique, accompagnés d’une pratique sur le terrain. Il est également important de faire revivre le corps des inspecteurs pédagogiques qui ont un grand rôle à jouer», insiste un expert des questions éducatives. Les inspecteurs peuvent, en effet, jouer le rôle de coachs et d’accompagnateurs.

    Le préscolaire, oublié   

    C’est le cycle le plus élémentaire dans un parcours scolaire, et pourtant, c’est le plus négligé au Maroc. Le secteur, qui souffre d’un déficit cruel en éducateurs, n’est pas concerné par le nouveau programme de formation des enseignants que vient de lancer le ministère de l’Education nationale. Seule la faculté des sciences de l’éducation de Rabat propose une filière dédiée. Les profils qualifiés sont très rares, ce qui handicape le développement de ce segment.

     

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