Economie

Morocco 2026: Au boulot!

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5294 Le 14/06/2018 | Partager
Une défaite dans la dignité
Vote: Maghreb et Afrique, majoritairement pro-Maroc
Le Royaume s'engage à réaliser ses projets
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Pour Gianni Infantino, président de la Fifa, tout le processus pour la détermination du futur hôte de la Coupe du monde 2026 a été transparent. Si les Marocains ne le disent pas ouvertement, la décision a été plus politique qu’autre chose (Ph. Jarfi)

On y a cru jusqu’au bout, mais la raison du plus fort a finalement eu le dernier mot. Le Maroc ressort encore une fois perdant (la cinquième tentative) de la course à l’organisation de la Coupe du monde. Il faut dire que même si le combat n’était pas perdu d’avance, il semblait bien compromis d'emblée.

D’autant plus que la Fifa avait bien chamboulé les cartes en imposant une série de nouveautés. A commencer par la task force qui devait évoluer les dossiers des deux candidats. Cette étape n’aura pas permis d’éliminer le Maroc qui a somme toute  vu son dossier moins bien évalué que celui présenté par la United Bid en raison d’un manque d’infrastructures avec un score sans appel de 2,7 contre 4,5 points.

Il y a également la manne financière que devrait apporter la United Bid à la Fifa qui est deux fois plus importante que celle du Maroc. Le Royaume s’était engagé à apporter quelque 5 milliards de dollars de budget global pour la Fifa et quelque 785 millions de dollars pour le ticketing. Ce qui reste peu suffisant pour une organisation comme la Fifa et en comparaison avec l'offre United.

Mais au-delà des questions purement financières, la délégation qui a, au demeurant, fait une présentation plus que remarquable avec un Moulay Hafid Elalamy au meilleur de sa forme, a été trahie, le mot n’est pas faible, par ses soi-disant frères, les pays du Moyen-Orient. Ceux-là mêmes qui avaient clairement affiché leur soutien à la candidature marocaine, il y a quelques semaines, ont tout bonnement retourné leur veste.

A leur tête, l’Arabie Saoudite qui, en plus de ne pas voter pour le Maroc, a même mené campagne contre sa candidature. Selon nos informations, la délégation saoudienne a organisé la veille du congrès un ftour pour dissuader les indécis. Hormis le Qatar et le Yémen, les pays du Moyen-Orient ont pour leur majorité voté pour la candidature United (Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweit, Jordanie et même l’Irak).

Certains parmi la délégation les accusent clairement de corruption sans pour autant apporter de preuves. Si Cuba s’est abstenu, l’Iran n’a voté pour aucun des deux dossiers. Ce qui est encore plus surprenant, c’est que des fédérations européennes, qui ont elles aussi annoncé leur intention de soutenir le Maroc, ont fait volte-face à la dernière minute.

C’est particulièrement le cas de la Russie, l’Allemagne... L’Espagne a également tourné le dos en s’abstenant de voter, ce qui dénote  «l'abandon d’un pays voisin avec qui les relations sont ancestrales», confie amèrement un observateur marocain qui requiert l’anonymat.

Au terme de cette élimination, l'on sentait de la frustration mélangée à de la fierté pour avoir obtenu ce nombre de voix (65 contre 134), sachant que les Marocains tablaient sur un maximum de 80 votes pour. «Ce qui reste tout de même honorable», confie à L’Economiste un membre de la délégation marocaine même si, officiellement, personne n'a voulu faire de commentaire.

Pour beaucoup d’observateurs sur place, ce vote est davantage politique que sportif contrairement à ce qu’avance Gianni Infantino, le président de la Fifa qui salue la transparence et la bonne tenue du 68e Congrès de la Fédération mondiale du Foot, qui a désigné United 2026 comme le prochain organisateur de la Coupe du monde dans 8 ans.

Aujourd’hui, cette défaite ne devrait pas freiner l’élan de développement du Maroc. Il ne faut pas se leurrer. Le rythme ne sera pas aussi soutenu que si l’on avait décroché l’organisation du mondial en 2026.  Une chose est sûre, le Royaume est déterminé à continuer sa trajectoire.

«Les projets que nous avons présentés seront réalisés. Nous avons géré cette candidature avec un esprit sportif et nous poursuivrons notre chemin dans le même esprit», soutient la Fédération marocaine.

Les travaux du congrès

Outre l’élection du futur hôte de la Coupe du monde en 2026, le 68e Congrès de la Fifa a  permis à Gianni Infantino de faire valider le rapport d’activité de 2017 de la Fédération et son rapport financier, les amendements de nouveaux statuts, le budget prévisionnel de l’instance ainsi que l’annonce de sa candidature à sa réélection en 2019.

DNES à Moscou, Moulay Ahmed BELGHITI

 

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