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    International

    Syrie/Raqqa: Amnesty International dénonce la «guerre d'anéantissement»

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5288 Le 06/06/2018 | Partager
    Elle pointe du doigt la coalition
    Le droit international humanitaire bafoué

    Au milieu des ruines de Raqqa, les habitants ne comprennent pas pourquoi les forces de la coalition menée par les Etats-Unis ont détruit la ville, tuant des centaines de civils... Et ce, dans le but de la «libérer» du groupe armé se désignant sous le nom d'Etat islamique (EI). C’est ce qu’a indiqué Amnesty International dans un nouveau rapport publié à la veille du premier anniversaire du lancement de cette offensive.

    Les chercheurs de l'organisation se sont rendus sur 42 sites touchés par des frappes aériennes de la coalition aux quatre coins de la ville dévastée et ont interrogé 112 habitants ayant survécu au carnage et perdu des proches. Amnesty International qui dénonce la «guerre d’anéantissement» indique que ces cas sont loin d'être isolés et prouvent clairement que de nombreuses attaques de la coalition ont bafoué le droit international humanitaire.

    «Quand tant de civils sont tués attaque après attaque, c'est clairement qu'il y a un problème. Cette tragédie est en outre aggravée par l'absence d'enquêtes, plusieurs mois après les faits. Les victimes méritent que justice leur soit rendue», a déploré Donatella Rovera, principale conseillère d’Amnesty International pour les situations de crise.

    Selon l’ONG, les forces américaines, britanniques et françaises de la coalition ont conduit des dizaines de milliers de frappes aériennes et les forces américaines ont reconnu avoir procédé à 35.000 tirs d'artillerie pendant l'offensive sur Raqqa. Plus de 90% des frappes aériennes ont été menées par les forces américaines.

    Le rapport d'Amnesty International mentionne des victimes de tous milieux socioéconomiques et de tous âges. Certaines ont été contraintes de rester dans la ville car elles étaient trop pauvres pour payer des passeurs pour les faire sortir. D'autres sont restées car, ayant travaillé toute leur vie, elles avaient trop à perdre en laissant leur maison ou leur entreprise derrière elles.

    Amnesty International a écrit aux autorités américaines, britanniques et françaises en charge de la défense, dont les forces ont mené les frappes aériennes sur Raqqa. C’est pour leur demander des informations complémentaires sur ces cas et sur d'autres attaques.

    Elle les a interrogées sur les tactiques de la coalition, ses moyens et méthodes d'attaque. Le choix de ses cibles et les précautions prises lors de la planification et de la mise en œuvre de ces opérations et leur a demandé si des enquêtes avaient été ouvertes jusqu'à présent.

    Publier les conclusions des enquêtes

    Amnesty International appelle les membres de la coalition à mener des enquêtes sur les allégations de violations et sur les victimes civiles. Ils doivent rendre publiques les conclusions de ces enquêtes, ainsi que toutes les informations sur les frappes qui sont nécessaires pour évaluer dans quelle mesure ils ont respecté le droit international humanitaire. Les membres de la coalition doivent également revoir les procédures qui leur servent à déterminer la crédibilité des accusations concernant les pertes civiles et veiller à ce que les victimes de violations reçoivent justice et réparation. Enfin, ils ont la responsabilité d'apporter une aide plus conséquente qu'actuellement au travail colossal de déminage et de reconstruction qui est en cours à Raqqa.

     

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