International

Renégociation de l’Aléna: Ça coince toujours!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5288 Le 06/06/2018 | Partager
La situation se complique avec les taxes sur l’acier et l’aluminium
Le secteur des métaux sous la loupe
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Les taxes douanières annoncées par le gouvernement américain contre l’acier (25%) et l’aluminium (10%) importés du Mexique et du Canada compliquent un peu plus la difficile renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna).

Les taxes douanières annoncées par le gouvernement américain contre l’acier (25%) et l’aluminium (10%) importés du Mexique et du Canada compliquent un peu plus la difficile renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna).

La décision du gouvernement Trump est intervenue au moment où les discussions entre les trois partenaires s’enlisaient sur des points stratégiques tels que l’industrie automobile. Washington exigeant une part beaucoup plus importante de composants fabriqués sur son territoire pour exonérer ses partenaires de droits de douane.

En réponse, le gouvernement mexicain a annoncé qu’il imposerait des mesures équivalentes sur différents produits tels que la viande porcine, les pommes, les raisins et les lampes. Le pays compte d’ailleurs déposer plainte devant l’OMC.
Le Canada et l’UE ont également annoncé des mesures de rétorsion.

Les négociations sur l’avenir de l’Aléna avaient déjà perdu de la vigueur au cours des dernières semaines. Le 1er juin, Trump suggérait des accords séparés avec le Mexique et le Canada en lieu et place de l’Aléna. L’approche de l’élection présidentielle mexicaine, le 1er juillet, ne favorise pas non plus la signature prochaine d’un texte. Même si le Mexique tente de diversifier ses partenaires, l’Aléna reste vital pour lui, le pays exportant près de 80% de ses produits vers le marché américain.

A court terme, l’escalade des tensions devrait certainement continuer de faire grimper les prix, relève Coface dans une récente analyse sur le secteur des métaux dans le monde. Les principaux métaux de base en seront les grands gagnants compte tenu du rebond de la demande pour les batteries et les composants électroniques.

Entre décembre 2017 et décembre 2019, l’aluminium devrait enregistrer une croissance limitée de 2%, le cuivre devrait suivre la même tendance, en progression de 2,4% et le nickel et le zinc devraient enregistrer des hausses de 18% et 14% respectivement. Cette situation pourrait contraindre les utilisateurs finaux, comme les fabricants de batteries et les constructeurs automobiles, à trouver d’autres matériaux en cas de pénurie ou de hausses des prix.

A l’inverse, les prix de l’acier devraient probablement diminuer de 19% au cours de la même période. Et ce, en raison de l’aggravation des surcapacités et du manque de discipline des producteurs chinois qui ne parviennent pas à plafonner la production pendant les périodes de baisse des cours.

Ce scénario de base tablant sur une chute des prix des métaux ferreux est corroboré par l’endettement élevé des entreprises en général. Les ratios d’endettement net sont particulièrement élevés en Chine (où le secteur est dominé par de grandes entreprises publiques) et aux Etats-Unis (à 15%), où les entreprises sont beaucoup plus exposées à une correction potentielle des flux de trésorerie.

 

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