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International

Taxes sur l’acier et l’aluminium: Donald Trump «attaque»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5285 Le 01/06/2018 | Partager
Plusieurs partenaires économiques impactés
La riposte s’organise
L’analyse d’Euler Hermes
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A l’heure où nous mettions sous presse, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a annoncé jeudi 31 mai que les Etats-Unis allaient appliquer ce vendredi 1 juin d’importants tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne, du Mexique et du Canada.

Les Etats-Unis ont donc décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire accordée à l’Union européenne jusqu’à jeudi minuit et vont mettre en place des taxes de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. Le sursis sur ces taxes est également levé pour le Mexique et le Canada, alors que la renégociation de l’accord de libre-échange Alena avec les partenaires de Washington tarde à aboutir.

L’administration Trump menace également de taxer les importations de voitures, jusqu’à 25%. Ce qui serait un coup dur pour des pays exportateurs comme l’Allemagne et le Japon.

■ Une réforme de l’OMC: Si Berlin s’élève contre le protectionnisme, la France assure que l’Europe prendrait toutes les mesures nécessaires pour répondre à aux décisions américaines (voir aussi Guerre commerciale: A chacun ses intérêts dans l’édition N° 5237 du 26/03/2018). Le tout sous l’œil de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) que le président français Emmanuel Macron appelle à réformer face aux risques de guerre commerciale.
■ Les différents scénarios: Euler Hermes a défini trois scénarios d’évolution possible pour le commerce mondial: «la partie de poker commercial, la querelle commerciale et la guerre commerciale». Le premier scénario est le plus probable. Il correspond à une hausse modérée des taxes sur les importations américaines de +0,5 point (établies à +3,5% aujourd’hui) et à une hausse moyenne des taxes à l’import dans le monde de +0,5 point également (faibles représailles). Ce scénario fait écho aux dernières initiatives protectionnistes de Donald Trump, elles-mêmes utilisées comme instrument de pression pour négocier de meilleurs accords commerciaux.
■ Les pertes à l’export: Dans ce scénario, les pertes à l’export combinées des Etats-Unis et de la Chine représenteraient 30 milliards de dollars par an. C’est-à-dire moins de 0,1% du commerce mondial de biens et services. Pour les Etats-Unis, les impacts attendus sur la croissance, l’inflation et le commerce sont négligeables (de l’ordre de + ou -0,1 point), de même que pour les défaillances d’entreprises (moins de +1 point). Toutefois, les déficits jumeaux pourraient se creuser, de -0,6 point pour le déficit commercial et de -1,1 point pour le déficit budgétaire.
■ Les secteurs les plus touchés: A l’échelle bilatérale, les importations d’électronique, de produits électriques et de textile depuis la Chine sont les principaux contributeurs au déficit commercial américain. Ils correspondent aux produits visés par les dernières annonces américaines: équipements industriels et électriques, équipements optiques, véhicules, produits chimiques et métaux. Réciproquement, côté chinois, c’est l’agroalimentaire qui présente le plus lourd déficit commercial. Les représailles de la Chine ont jusqu’ici concerné l’aviation, les voitures, les produits chimiques et les produits agroalimentaires. En dehors de la Chine, le Mexique, l’Allemagne, le Japon et le Canada sont les principaux contributeurs au déficit commercial américain, dans les secteurs de l’automobile, des machines et équipements et des équipements électroniques et électriques.
 

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■ Les autres scénarios sont moins envisageables: Le deuxième scénario envisagé par Euler Hermes, la «querelle commerciale», semble moins probable. Il correspond à une hausse de +2,5 points des taxes à l’import pour les Etats-Unis, mais également pour le reste du monde. Cela conduirait ainsi les taxes américaines à l’import à 6% et les taxes mondiales moyennes à l’import à 8% (représailles considérables envisagées). Enfin, le dernier scénario est encore moins probable. Il correspond à une hausse des taxes à l’import dans le monde de +8,5 points en moyenne, qui atteindraient alors 12% aux Etats-Unis et 14% dans le monde. La version bilatérale de ce scénario implique une taxe à l’import sur tous les produits en provenance de Chine de l’ordre de 45%, ce qui correspond aux annonces du Président Trump pendant sa campagne. Cette situation n’est plus arrivée depuis le milieu des années 1960.
■ D’autres formes de protectionnisme: «Même si le Président Trump tweete moins à propos de celles-ci, d’autres formes de protectionnisme pourraient s’avérer bien plus disruptives que le simple aspect commercial», explique Alexis Garatti, Responsable de la recherche macroéconomique chez Euler Hermes. «On peut notamment penser au protectionnisme financier, réglementaire, monétaire, environnemental, sanitaire, ou même relevant de la protection des données et de la propriété intellectuelle», ajoute- t-il. «Concernant les risques financiers, le contrôle des capitaux et la manipulation de la monnaie devraient être particulièrement surveillés en cas d’escalade des tensions entre les Etats-Unis et la Chine», note Alexis Garatti.
■ La riposte de la Chine: Pékin poursuit son offensive de charme commerciale en annonçant de nouvelles baisses de droits de douane sur plusieurs gammes de produits. Et ce, au moment où Washington menace à nouveau de frapper les exportations de Pékin. Vêtements, chaussures, cosmétiques, électroménager, poissons: à compter du 1er juillet, les droits de douane de la Chine seront réduits de moitié ou des trois quarts sur une série d’importations. Un geste qui fait suite à l’annonce la semaine dernière d’une réduction de 25% à 15% des droits de douane sur les automobiles importées, également à compter du 1er juillet.

Le marché local

Cette guerre commerciale sur l’acier interpelle le marché local (cf. notre édition N° 5231 du vendredi 16 mars 2018). La sidérurgie joue un rôle majeur dans la chaîne de sous-traitance, d’approvisionnement et d’équipement de l’ensemble des branches industrielles (infrastructures & BTP, énergies & télécoms, transport, automobile & aéronautique, construction & produits métallurgiques, industries de transformation, agriculture…). Le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 10 milliards de DH en 2016. Côté investissements, les projets réalisés ont totalisé 15 milliards de DH (chiffres de l’Association des sidérurgistes du Maroc, cf. notre édition N° 5147 du 14/11/2017). Le Maroc a adopté des mesures anti-dumping sur les importations de tôles d’acier laminées à froid jusqu’en 2018. L’objectif est de protéger l’industrie nationale face aux exportations chinoises et d’autres pays asiatiques et européens dont l’excédent de production inonde les marchés.

 

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