International

Données personnelles: Quand Google abuse de sa position dominante

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5285 Le 01/06/2018 | Partager
Réduction de 70% des dépenses de ses annonceurs sur les sites non-clients
Attitude désinvolte du géant américain

Le faux-fuyant et les atermoiements de Google ces dernières semaines inquiètent les professionnels de la publicité online. Le moteur de recherche refuse en effet d’acheter toute impression publicitaire qui fait appel à des pixels tiers autres que les siens.

Le groupe orienterait l’essentiel des achats publicitaires, que les annonceurs lui confient, sur ses propres sites clients (Adex). Cette décision survient après d’autres initiatives similaires de Google pour rendre plus compliqué l’audit par des tiers des chiffres qu’il remonte à ses clients. Officiellement, ces décisions successives sont motivées par l’entrée en vigueur du RGPD (le règlement général pour la protection des données).

Le nouveau règlement européen de protection des données personnelles (RGPD) est entré en vigueur le vendredi 25 mai, dans tous les pays de l’Union Européenne. Google justifie sa décision par la volonté de ne pas traiter de données dont il ne peut garantir totalement la méthode de collecte.

Concrètement, cette décision pénalise les éditeurs qui ont mis en place les outils nécessaires (ou CMP) pour collecter le consentement des utilisateurs. Au nom de la nouvelle réglementation européenne, les dépenses de ses annonceurs sur les sites non-clients ont été réduites de plus de 70%.

La concurrence crie à l’abus de position dominante. Le marché publicitaire européen réalise à ses dépens le risque que pose la dépendance à Google.

En face, les réactions n’ont pas tardé à se manifester. L’activiste autrichien Max Schrems, célèbre pour avoir fait invalidé par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) l’accord Safe Harbor, a déposé une plainte contre Google et Facebook (incluant Instagram et WhatsApp) devant la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) en France ainsi que dans d’autres pays européens.

Autre réaction. Schibsted, l’un des géants norvégiens des médias a annoncé, le 25 mai, qu’il suspendait l’utilisation de Google DBM sur ses sites en raison de critiques sur la politique de protection des données personnelles du géant américain.

Il va sans dire que cet épisode relance le débat sur l’importance des médias papiers. Cette situation pourrait entraîner éventuellement un retour des annonceurs vers les supports classiques, les journaux et magasins en l’occurrence.

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