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Marchés du recyclage des plastiques: L’OCDE pointe les contraintes

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5282 Le 29/05/2018 | Partager
Faibles taux, mauvaise qualité, manque d’incitations par les prix…
Nous produisons environ huit fois plus de nouveaux plastiques que de recyclés
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Les marchés du recyclage des plastiques tardent à atteindre leur plein potentiel. Car leur développement est entravé par les faibles taux de recyclage des déchets plastiques, la mauvaise qualité des plastiques recyclés et le manque d’incitations par les prix, indique un nouveau rapport de l’OCDE(1). Il sera présenté au Forum mondial sur l’environnement «Les plastiques dans une économie circulaire» qui se tiendra du 29 au 31 mai, à Copenhague.

Le rapport attribue ce retard dans le recyclage des matières plastiques au fait qu’il est encore, à ce jour, moins coûteux de fabriquer de nouveaux plastiques que de produire des plastiques recyclés. Et ce, en partie à cause des difficultés que pose la séparation des différents polymères.

De plus, comme il tend à être de bien meilleure qualité, le plastique vierge peut être vendu beaucoup plus cher que le plastique recyclé. Les problèmes liés à la présence des additifs chimiques dangereux qui peuvent survivre dans les plastiques recyclés pèsent aussi sur les marchés du recyclage. D’après les estimations, nous produisons à l’échelle mondiale environ huit fois plus de nouveaux plastiques que de plastiques recyclés.

Les experts de l’OCDE préconisent de mettre en place des incitations plus fortes à une meilleure conception des produits plastiques pour faciliter les procédés de recyclage. Puis de favoriser l’investissement dans les infrastructures de collecte des déchets et de faire en sorte que les différents types de plastique soient correctement triés à la source.

Il recommande également d’instaurer la mention de la teneur en plastique recyclé sur les étiquettes des produits. Ceci afin d’aider à créer une demande suscitée par les consommateurs pour les plastiques recyclés. Dans certains secteurs, des teneurs minimales en matières recyclées pourraient être rendues obligatoires.

Il est également proposé de taxer plus lourdement la fabrication ou l’utilisation de plastiques vierges. Par exemple en faisant payer les consommateurs pour les sacs, les couverts ou les pailles en plastique à usage unique.

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(1) Le rapport est intitulé «Improving Markets for Recycled Plastics: Trends, Prospects and Policy Responses»

                                                                         

Impact sur l’environnement

L’utilisation généralisée des matières plastiques a de nombreux avantages. Cependant, leur omniprésence et l’inadéquation de leur élimination posent aussi des problèmes environnementaux importants. Les procédés de fabrication de matières plastiques sont très consommateurs de ressources et totalisent de 4% à 8% de la consommation mondiale de gaz et de pétrole.

Les déchets plastiques peuvent subsister dans l’environnement et mettre en danger la flore et la faune sauvages, et  notamment marines, pendant des siècles. Pourtant, à l’échelle mondiale, seuls quelque 15% des déchets plastiques sont collectés pour être recyclés. Un quart est incinéré. Le reste finit en décharge, brûlé à ciel ouvert (ce qui libère des polluants et des gaz à effet de serre) ou jeté dans la nature.

Une grande partie aboutit dans les océans. Les taux de recyclage varient largement selon le polymère et le pays. Ils sont relativement élevés (19% à 85%) pour le polytéréphtalate d’éthylène (PET) et le polyéthylène haute densité (PE-HD), principalement utilisés dans le secteur de l’emballage, mais beaucoup plus faibles (1% à 21%) pour le polypropylène et le polystyrène.

Dans l’ensemble, ils sont compris entre 30% dans l’Union européenne et 10% aux Etats-Unis. Dans de nombreux pays en développement, la collecte et le traitement non contrôlés des déchets dominent encore (Pour le cas du Maroc, voir «Valorisation des déchets: ce qui va vraiment changer», cf. notre édition N° 5127 du 16/10/2017).

 

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