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Médias et publicité: L’Union francophone tient sa 1re convention

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5264 Le 03/05/2018 | Partager
Objectif: Identifier l’espace et jeter les bases de l’intérêt économique
Echanges de contenus, relations transcontinentales, les prochains défis
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Le panel des éditeurs à la 1re convention de l’Union a invité - de gauche à droite - Stéphane Bodier, vice-président APCM/OJD, Xavier Dordor, DG de CB Média, Hicham Mékouar, directeur de développement et de stratégie du groupe Le Matin et Khalid Belyazid, DG du groupe Eco-Médias (Ph. Mokhtari)

Le Common Wealth francophone est en marche. C’est en 2015, en marge de la 2e édition d'African Cristal festival que l’idée de l’Union avait émergé. Trois ans plus tard, elle a pris forme et vient de tenir sa première convention à l’occasion de la 6e édition de l’African Cristal festival qui poursuit ses travaux à Marrakech.

L’Union francophone des médias, de la publicité et du numérique dont L’Economiste est membre est une plateforme d’échange au sein d’un espace économique. L’espace francophone représente près de 77 états et 890 millions d’habitants, avec un fort potentiel de croissance au regard de l’augmentation attendue de la population africaine durant les 3 décennies à venir.

Pour Michelle Alliot Marie, députée européenne et ancienne ministre française des affaires étrangères, il faut aller plus loin vers une union économique francophone. Dans le monde actuel, les grands concurrents pèsent près d’un milliard d’habitants. C’est la Chine, de plus en plus l’Inde, dont on parle peu mais qui avance, c’est l’Amérique du Nord, l’Amérique latine.

«Pour avoir du poids sur le plan économique, tout comme sur le plan stratégique, politique, voire culturel, il faut peser un grand nombre d’habitants. «Nous avons de la chance d’avoir un continent en Afrique où des centaines de milliers de personnes sont francophones ou étudient le français ou étudient en français».

La députée européenne identifie trois étapes d’action: d’abord, une prise de conscience et une analyse des défis où l’entreprise est au cœur de la réflexion, la conquête des marchés et le développement d'une culture de la mutualisation.

Et justement, la première convention de l’Union francophone des médias, de la publicité et du numérique a voulu réunir l’écosystème des médias et des agences de communication dans un univers où la langue devient un accélérateur de business et débattre de l’intérêt économique et créatif de cette union, insiste Christian Cappe, président de l’Union.

Alors une relation transcontinentale peut-elle aider les éditeurs à faire face à la transformation digitale? Pour les intervenants, la réponse est oui. Il faut cependant des revenus et identifier un business modèle.

La question du financement reste le nerf de la guerre selon le panel des éditeurs. D’un autre côté comme le souligne Khalid Belyazid, directeur général du groupe Eco-Médias (L’Economiste, Assabah et Atlantic Radio), on ne peut pas faire du transcontinental sans embarquer par exemple les pays africains non francophones.

Pour rappel, L’Economiste est associé depuis plus de cinq ans à un réseau mondial de journalisme positif en faveur du climat, sous la houlette de l'entreprise sociale Sparknews, un réseau de 20 journaux, 50 solutions business sourcées dans plus de 90 pays, plus de 5 millions de lecteurs et plus de 12 millions d’audience sur les réseaux sociaux. Dans le monde audiovisuel, le marché africain est prometteur.

Reste à trouver des solutions pour financer une plus grande production de qualité en Afrique francophone. Pour Ana Ballo, directrice de RTI distribution, il y a de véritables valeurs à partager en termes de contenus, celle du rêve, de la joie pour construire un modèle de bien-être économique. «Les médias et la culture ont une influence sur les échanges commerciaux», rappelle-t-elle.

Pour renforcer les réseaux d’échanges de contenus, Ballo estime qu’il faut travailler sur deux points fondamentaux: la formation et le contenu qui doit prendre en compte la réalité africaine.

Même son de cloche auprès de Moulay Ahmed Belghiti, président de Videorama pour qui les produits doivent être adaptés selon le marché. Son expérience avec Jazirat Al Kanz (L’île au trésor), adaptation marocaine de l’émission française Fort Boyard, ne cesse de grimper dans l’audimat et le producteur a déjà acheté les droits en Afrique.

Missions

L’Union regroupe l’ensemble des personnalités ayant souhaité soutenir et s’impliquer dans la création d’un marché économique des pays francophones et francophiles dédié aux  secteurs des Médias, de la Publicité et du Digital. L’Union se veut porteuse de grandes opportunités économiques et de business comme le rappelle Majid El Ghazouani, DG de Tasnime Communication et référent de l'Union au Maroc. Parmi ses missions, renforcer les partenariats privés/publics dans les médias et les structures de coopérations, encourager la création publicitaire francophone et francophile (films, affiches, Internet et mobile,…), favoriser l’émergence de médias d’expression francophone et nouveaux médias. Il s’agit aussi d’ouvrir des hubs en Afrique dédiés à la création et à la formation et de s’appuyer sur les marques et les produits pour véhiculer la francophonie. Après sa première convention à Marrakech, les prochaines rencontres sont programmées en Tunisie, Abidjan et en Algérie.

 

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