Dossier Spécial

Enseignement/Ecoles privées: Le pari africain

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5260 Le 26/04/2018 | Partager
Les opportunités ne manquent pas et les financements existent
Faute d’offre, 40% à peine des nouveaux bacheliers poursuivent leurs études
UPM, Emsi, Mundiapolis et d’autres ont déjà sauté le pas
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Au cours des 20 dernières années, un nombre croissant d’universités privées ont fait leur apparition en Afrique. Parmi les pionniers, l’université Ashesi à 30 km d’Accra avec un campus international à l’américaine sur 40 hectares (Ph. université Ashesi)

Les chiffres indiquent un besoin crucial d’investissement à mener dans le secteur de l’éducation en Afrique. Selon les données de l’UNESCO, le continent africain compte actuellement plus de 12 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur et malgré une croissance des effectifs scolarisés, le taux d’accès à l’enseignement supérieur reste de 7% en Afrique contre 79% dans les pays occidentaux.

Autre statistique importante, le nombre de bacheliers qui poursuivent leurs études en Afrique: Faute d’offre à la hauteur, à peine 40% des nouveaux bacheliers restent en Afrique. Ce qui libère plus de possibilités pour les investisseurs de plus en plus nombreux dans ce secteur.

Consciente de ce potentiel, les écoles supérieures privées marocaines commencent à poser leurs pions dans le continent. Les filières les plus demandées sont des formations en business, en commerce, en tourisme en ingénierie… Certaines écoles sont en train de mettre en place leur propre campus, à l’instar de l’Université privée de Marrakech.

«La politique que nous avons adoptée en Afrique de l’Ouest est identique à celle que nous avons implémentée au Maroc. Elle réside dans l’adéquation entre les enseignements et la structure du marché du travail. Il est important, pour que l’Afrique avance, de répondre aux besoins des contextes nationaux et aux économies des pays dans lesquels l’UPM s’implante», indique son fondateur et président, Mohamed Kabbaj.

C’est ainsi qu’en 2016, l’établissement a acquis un institut privé supérieur d’études en médecine à Dakar avec un effectif de près de 1000 étudiants. Au Congo, l’Université marrakchie construit en partenariat avec la Fondation Perspectives d’Avenir un campus avec des offres de formation identiques à celles de Marrakech pour un investissement de 40 millions d’euros. Les banques, les fonds d’investissements y croient.

D’autres établissements marocains exportent aussi leur expérience en Afrique à l’instar de l’Emsi ou encore Mundiapolis. Elles font partie du réseau Honoris United Universities, lancé en 2017 par le Fonds d’investissement britannique Actis, qui se positionne comme leader sur les marchés émergents notamment en Asie et en Amérique latine.

Ce réseau est composé de 7 établissements: Université centrale, IMSET, Académie d’art de Carthage, Mundiapolis, Emsi, Regent business school et Mancosa. Des instituts qui poseront les premiers jalons d’une «intelligence collaborative».

«Et même si les investissements dans ce domaine sont très lourds, il y a aujourd’hui des fonds d’investissements locaux ou étrangers qui ciblent le secteur en Afrique et un peu partout dans le monde. C’est à travers des projets comme ceux-là et avec l’effort conjugué de tous les états et acteurs de l’enseignement supérieur que nous pourrons relever les défis de l’Afrique», indique Kabbaj.

En effet, la BAD accorde des dons dans le cadre du fonds de développement africain, la Banque mondiale investit dans l’enseignement supérieur 20 % de son budget, consacré à l’éducation en Afrique subsaharienne. Au cours des 20 dernières années, un nombre croissant d’universités privées ont fait leur apparition en Afrique.

Trois types d’établissements privés d’enseignement supérieur se sont développés en Afrique: les universités privées, les instituts privés, les établissements non universitaires pour la formation technique et professionnelle. Objectif: anticiper les grandes mutations qui attendent le continent africain qui attire un grand nombre d’investisseurs et préparer les ressources humaines.

Parmi ces pionniers, l’université Ashesi dans la petite ville de Berekuso, à 30 km d’Accra au Ghana. Un campus international privé érigé sur 40 hectares qui accueille outre des étudiants du Ghana 30 autres pays africains et grâce à un partenariat avec la fondation MasterCard, ces étudiants ne payent que 50% des frais de scolarité.

Le réseau Honoris United Universities

Le fonds d’investissement  Actis a une grande connaissance du secteur de l’enseignement et investit dans les marchés émergents pour contribuer à offrir une éducation de qualité aux familles pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants. Il a investi ces dernières années, dans le secteur de l’éducation en Chine, au Brésil. Le réseau panafricain qu’il vient de créer ouvre la porte aux écoles et universités marocaines désormais membres sur de nouveaux horizons  pour une croissance dans le continent africain, notamment en Afrique subsaharienne. A noter que le réseau Honoris United Universities compte aujourd’hui:
• 7 établissements
• 48 campus
• 27.000 étudiants
• Plus de 55.000 diplômés
• 9 pays africains
• 30 villes
• Plus de 40 nationalités
• Plus de 100 diplômes
• Plus de 50 partenariats en Europe et aux Etats-Unis
• Sciences de la santé, ingénierie, IT, business, droit, architecture, éducation…

 

 

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