Economie

Gaz butane: Un milliard de DH de subventions en un mois

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5217 Le 26/02/2018 | Partager
A ce rythme, le budget consacré dans la loi de finances pourrait être dépassé
9,8 milliards d'investissements à fin janvier
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Recul des investissements, des charges du personnel mais hausse des dépenses de matériel et des intérêts de la dette à fin janvier. Les charges et intérêts de la dette ont atteint 13 milliards de DH en hausse de 7,9%.

L'année a démarré  sur un léger repli de l'investissement: 9,8 milliards de DH à fin janvier 2018 contre 11,4 milliards à la même période de l'année dernière. Cette baisse de 13,8% s'explique par le recul des dépenses des ministères de plus de moitié et des charges communes de 2,3%. Il faudra attendre les prochains mois pour avoir une idée plus précise sur le rythme de l'investissement du budget général auquel 68,2 milliards de DH sont attribués dans la loi de finances.  

Pour ce mois de janvier, les dépenses de fonctionnement sont marquées par une hausse importante des frais du matériel et des charges communes (respectivement 17,4% et 168,8%) alors qu'aucune dépense relative à la compensation, dotée d'un budget de 13,7 milliards de DH, n'est enregistrée.

Mais la Caisse de compensation a déjà inscrit sur ses comptes un milliard de DH de subventions au titre de la consommation d'un mois de gaz butane! Ses prévisions sur la compensation dépassent de 2,3 milliards celles prévues dans le budget.

La surprise, qui ne risque pas de durer, vient des salaires qui accusent une diminution de 5,6% à 7,5 milliards de DH. Cela n'augure pas d'une inflexion des dépenses du personnel: 108,8 milliards de DH sont budgétisés en 2018 (+2,2%). 19.265 postes budgétaires et 20.000 contractuels sont prévus cette année dans la fonction publique contre 23.768 postes en 2017 et  35.000 contractuels. La masse salariale absorbe 55,5% du budget de fonctionnement.

A fin janvier, les dépenses ont fléchi de 6,5%  alors que les recettes ont quasi stagné (+0,1%). Cela s'est traduit par un excédent budgétaire de 2,3 milliards de DH contre 2,1 milliards un an auparavant.   Les recettes ordinaires se sont ainsi établies à 18,2 milliards de DH marquées par une appréciation de 2,3% des rentrées  fiscales à 17,9 milliards de DH.

Les droits de douane ont atteint 754 millions de DH contre 674 millions un an auparavant. La TVA à l’importation a généré 2,9 milliards de DH en hausse de 8,5% boostée par la taxe sur les produits énergétiques (+2,3%) et celle sur les autres produits (+10%) . En revanche, la TIC sur les produits énergétiques recule de 11,5%.  

Côté fiscalité domestique, l'IS est en diminution de 1,3% et  l'IR de 0,9%. Ces deux impôts ont généré respectivement 1,5 milliard et 4,2 milliards de DH. Si rien ne change au niveau de la grille IR, celle de l'IS a connu un véritable chamboulement avec l'instauration du mécanisme de progressivité.

Trois tarifs d’IS sont prévus: 10% pour le résultat fiscal inférieur à 300.000 DH, 20% pour la tranche comprise entre 300.001 DH et 1 million de DH et 31% au-delà de 1 million de DH. Rien ne change en revanche pour les régimes particuliers et le secteur financier.

Pour sa part, la TVA à l'intérieur a atteint 3,1 milliards de DH en hausse de 6% comparativement à janvier 2017. Les remboursements sont également sur un trend haussier: 416 millions de DH contre 228 millions une année auparavant.  A ce niveau, le gouvernement a promis des remboursements rapides et dans les délais pour éviter la reconstitution des crédits pour lesquels un dispositif spécial a été mis en place (cf: édition N°:5194 du 24/01/2018).

Quant aux droits d’enregistrement et de timbre, qui ont connu des réformes importantes cette année avec notamment des exonérations liées à l'investissement,  ils sont en hausse de 4,3% à 3,1 milliards de DH à fin janvier. Les recettes non fiscales se sont établies à 409 millions de DH à fin janvier  contre 782 millions un an auparavant.

Un résultat attribué notamment  à la baisse des recettes de monopole puisque seule Bank Al-Maghrib a versé 43 millions de DH à l'Etat. En principe, 9,8 milliards de DH  de produit des monopoles et participations sont inscrits dans la loi de finances.

 

 

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