Economie

Déficit commercial: Plus de 15 milliards de DH pour commencer

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5215 Le 22/02/2018 | Partager
Il est accentué par l’alimentaire et l’énergie
L’embellie annoncée pour les phosphates et dérivés
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Les importations de biens ont culminé à 35,9 milliards de DH à fin janvier 2018 contre 20 milliards pour les exportations. Le solde qui en résulte est accentué par les factures énergétique et alimentaire

Une aggravation du déficit de plus de 4 points pour commencer. A fin janvier dernier, la balance commerciale accuse un déficit de 15,5 milliards de DH par rapport au même mois de l’année écoulée. Les données préliminaires de l’Office des changes expliquent la situation par une hausse  plus prononcée de l’import en comparaison avec les exportations. Ceci,  malgré le bon comportement des métiers mondiaux du Maroc et des expéditions des phosphates et dérivés.

Dans le détail, la hausse de la valeur des achats est surtout tirée par les factures alimentaire et énergétique. Au niveau des exportations, celles-ci s’élèvent à 20,4 milliards de DH, en hausse de 3,2% sur un an. Ce résultat traduit une amélioration des ventes du secteur automobile, de phosphates et dérivés, et de celles du secteur aéronautique.

Les exportations des autres secteurs demeurent quasiment stables. Les ventes de phosphates et dérivés ont bondi de près de 14% à 2,7 milliards de DH, représentant ainsi 13,2% du total de l’export. La performance résulte du léger redressement  des cours des phosphates et dérivés à l’international.

Pour la roche, les prix se sont établis à 81 dollars la tonne, en légère hausse de 1,3%, alors que les engrais phosphatés ont amélioré leurs prix de 22% sur un an.  Et les perspectives s’annoncent prometteuses avec la reprise attendue des importations de l’Inde et une modération des exportations de la Chine. 

Pour ce qui est des nouveaux métiers mondiaux du Maroc, les exportations du secteur automobile ont bondi de 8,5% à 5,2 milliards de DH, dont 3,1 milliards sur les expéditions du segment de la construction (+29,3%). L’aéronautique a, également, enregistré une forte hausse  de ses exportations (+14,8%). Quant aux expéditions de l’électronique, elles se sont légèrement repliées de 0,4%, atteignant 768 millions de DH.

Pour les produits de l’agriculture et de l’agroalimentaire, les exportations se sont stabilisées  à plus de 5,6 milliards de DH, grâce à la progression des ventes des produits frais (agrumes et primeurs) atténuée, néanmoins, par le léger retrait des ventes de l’industrie alimentaire (-0,9%).

De son côté, le secteur du textile et cuir maintient sa tendance positive. Les ventes à l’étranger se sont, en effet, appréciées de 1,3% à plus de 3 milliards de DH. Il est à noter, également, la progression des exportations de l’industrie pharmaceutique de 3,1% à 99 millions de DH. Le reste des exportations, représentant l’équivalent de 9,7% du total, se sont repliées de 13,1% par rapport au mois de janvier 2017.

Les importations de biens ont culminé à 35,9 milliards de DH à fin janvier 2018, en progression de 3,6% par rapport à la même période de 2017. Cette évolution est imputable à l’augmentation des achats de produits alimentaires et de produits énergétiques. En revanche, les achats de demi-produits, de biens d’équipement et de produits finis de consommation se stabilisent alors que celles de produits bruts accusent un léger recul.

Avec une valeur de 4 milliards de dirhams, les importations des produits alimentaires se sont raffermies de 31,8%, contribuant à hauteur de 78,8% dans la hausse des importations totales. Cette hausse s’explique, pour l’essentiel, par l’appréciation des achats de blé (+471 millions de DH) et de maïs (+123 millions).

De même, les importations de produits énergétiques, qui ont porté sur 6,1 milliards de DH, se sont inscrites en hausse de 7%, trouvant son origine, particulièrement, dans l’appréciation des approvisionnements en gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+50,8% ). Les prix du pétrole (Brent) ayant  atteint 69 dollars le baril en moyenne en janvier, leur plus haut niveau depuis 2014, soit une hausse de 7% sur un mois et de 26% sur un an.

L’augmentation est liée à la prolongation de l’accord de réduction de l’offre Opep/non-Opep, la baisse des stocks du brut et à des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Toutefois, les prix pétroliers ont reculé à 64 dollars à la mi-février, dans le sillage de la correction baissière des marchés financiers.

Les cours du gaz butane ont chuté à 444 dollars la tonne à la mi-février, leur plus bas niveau depuis juillet 2017, affectés par une faiblesse de la demande. Hors énergie et produits alimentaires, les importations se sont légèrement contractées de 0,5%. Ceci, sous l’effet du recul des achats de biens d’équipement combiné à la stagnation des acquisitions des demi-produits. La part de ces deux groupes de produits se situe à 46,1% du total des importations contre 47,8% en janvier 2017.

Bon démarrage pour les flux financiers

A fin janvier 2018, les flux financiers au titre des voyages, des MRE et des IDE   ont évolué positivement par rapport à l’année dernière. La balance des voyages a dégagé un excèdent en forte hausse de plus de 1/3 à 3,8 milliards de DH. De  leur côté, les transferts  des MRE se sont accrus de 21,1% à 5,7 milliards de DH. Ces deux postes permettent de couvrir 71,3% du déficit commercial.
Par ailleurs, le flux des IDE s’est apprécié de 25,5% pour atteindre 1,9 milliard de DH.

 

 

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