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    Economie

    Comment la douane se prépare à la Cedeao

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5187 Le 15/01/2018 | Partager
    Le travail juridique et technique lancé
    Un calendrier avec des rounds de négociations sera arrêté

    Le Maroc s’apprête à intégrer la Cedeao. Les politiques sont à la manœuvre en vue de surmonter les difficultés et autres craintes chez certains. En attendant, l’Administration des Douanes ne croise pas les bras. Elle se prépare de «manière sereine» à l’avènement de cet acte politique et économique.

    «Nous élaborons un travail technique et de comparaison avec tous les tarifs en vigueur, les nomenclatures,… D’autres questions ont trait aux règles d’origine, aux critères de convergences, aux produits sensibles comme notamment l’agriculture. C’est comme un puzzle», affirme Nabyl Lakhdar, DG de l’Administration des douanes. D’autres départements sont à pied d’œuvre. Il s’agit de déblayer le terrain et de préparer la matière première avant d’entrer dans la phase des arbitrages. Ils examinent les exigences et décortiquent point par point l’accord de la Cedeao.

    Rappelons qu’au Maroc, la réforme tarifaire a été faite selon la logique suivante: «les intrants sont peu taxés, les demi-produits sont moyennement taxés et les produits finis sont très taxés. L’idée est d’encourager la valeur ajoutée locale», souligne Nabyl Lakhdar. Selon lui, la Cedeao s’inscrit dans cette même logique, avec toutefois, des appréciations différentes sur certains produits qu’ils voudront protéger.

    L’objectif de ce travail est d’être au point au moment du démarrage des rounds de négociations, une période de transition,… «J’imagine mal que cela se fasse du jour au lendemain. Nous allons entrer dans ce processus sur la base d’un calendrier. Avec l’Union européenne, des produits ont été démantelés immédiatement, d’autres sur des périodes différentes, de 4 ans, de 10 ans, voire plus» note Lakhdar.

    Selon lui, le Maroc est outillé sur le plan industriel et économique. Ainsi, sur des aspects, le pays est plus compétitif que les pays de la Cedeao comme dans l’agriculture ou l’industrie. Lakhdar profite de l’occasion pour attirer l’attention sur la nécessité de s’inscrire dans une logique de gagnant-gagnant, sachant que des investissements marocains ont été réalisés dans ces pays.

    Concernant les autres ALE, le patron de la douane nuance sa position.  Dans le cadre de l’accord Maroc-UE, «nous importons plus que nous n’exportons. C’est un fait, mais ce que nous apporte l’accord ne se limite pas uniquement à cela. Ce déficit commercial était attendu mais ne devrait pas se creuser éternellement. En outre, on oublie de parler des investissements, des transferts de technologie,… Au-delà des dons, sans cet accord, Renault n’aurait pas investi au Maroc».

    Dans ses négociations au niveau de l’Aleca, Rabat n’a pas eu gain de cause. «L’Europe n’est pas suffisamment à l’écoute. Elle a intérêt que ses partenaires soient forts pour que la situation ne reste pas déséquilibrée de manière durable», note-t-il. Il donne l’exemple du textile où «l’UE reste inflexible». Le Maroc a réclamé, sans l’obtenir, la simple transformation en matière d’origine. Et pour cause, il fabrique des chemises, avec du tissu importé de Chine.

    En Europe, ces produits sont soumis à des droits de douane de 13 ou 14%. L’accord initial parle de la double transformation du fil au tissu. «Nous voulons renégocier mais elle ne nous écoute pas. Pourtant, elle accorde la simple transformation au Bangladesh, sans que ce pays n’ait un statut avancé», déplore-t-il.

    Quid des autres ALE

    Le Maroc a la particularité de disposer de son tarif douanier, ajouté aux accords de libre échange signés avec plusieurs pays. «La voiture qui arrive de l’Union européenne avec zéro droit de douane peut-elle continuer jusqu’au Sénégal par exemple. Faut-il remettre en cause ces accords?», s’interroge le DG. Pour l’heure, il est impossible de répondre à ces questions, même si une autre possibilité n’est pas à exclure: faire cohabiter les accords de libre échange avec l’adhésion à la Cedeao.

     

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