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    Economie

    Pourquoi la croissance sera molle

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5187 Le 15/01/2018 | Partager
    Le HCP prévoit un taux de 2,8% contre 4% en 2017
    Stress hydrique et baisse du taux d’activité dans le rural… à surveiller
    Le taux de chômage augmenterait à 10,5%
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    La consommation finale nationale dégagerait une contribution de 2,2 points à la croissance au lieu de 2,5 points en 2017. Et ce, en raison du ralentissement du rythme d’évolution de la consommation des ménages qui passerait de 4% en 2017 à 3,3% en 2018, en liaison notamment avec le ralentissement des revenus.  De son côté, l’investissement brut connaîtrait une hausse de 2,5% en volume en ralentissement par rapport à son évolution estimée en 2017. Sa contribution à la croissance devrait se stabiliser à 0,8 point

    Les prévisions du HCP pour 2018 sont loin d’être réjouissantes. La croissance ne dépassera pas 2,8% cette année contre 4% en 2017. Les créations d’emplois induites ne permettront pas d’absorber la demande additionnelle en augmentation continue. Le taux de chômage devrait connaître une légère hausse passant de 10,2% en 2017 à 10,5% en 2018!

    Cette décélération de la croissance est liée à une baisse de la valeur ajoutée des activités agricoles qui devrait enregistrer un repli de 2,1%.  L’irrégularité de la production agricole est faiblement compensée par les autres secteurs. Ce qui, de l’avis de Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au Plan(1) renvoie à «l’impératif de relever le contenu technologique des produits classiques et de revaloriser le potentiel latent de nouveaux produits dans l’industrie, l’énergie et les services à forte valeur ajoutée».

    Le secteur primaire dégagerait une valeur ajoutée en baisse de 1,3% contre une hausse de 13,6% en 2017. Sa contribution à la croissance du PIB serait négative: -0,2 contre 1,6 point l’année dernière. «Nous assistons à une alternance de bonnes et mauvaises campagnes agricoles à laquelle l’économie s’est habituée en attendant que les réformes du secteur produisent leur plein effet», poursuit Lahlimi.

    Globalement sur les dix dernières années, le taux de croissance de l’agriculture s’est amélioré passant de 3% en 2000-2007 à 7,3% entre 2008-2017.  Premier contributeur à la croissance de l’économie, le volume d’investissement dont bénéficie ce secteur ne représente que 10% de la valeur ajoutée qu’il crée.

    «Le relèvement de l’investissement est requis pour les besoins de sécurité alimentaire du pays alors que le développement du potentiel de l’industrie agroalimentaire permettra de diversifier le tissu productif et d’accroître sa compétitivité», estime le Haut commissaire au Plan. Il recommande de la vigilance  par rapport à deux éléments.  Le premier concerne la baisse structurelle  du niveau de remplissage des barrages: 35% en décembre 2017 contre 71,2% il y a 4 ans.  Ce qui constitue une menace sur l’avenir des cultures irriguées et des produits d’élevage.

    Le deuxième élément porte sur la tendance structurelle à la baisse du taux d’activité en milieu rural. Ce taux est passé à 52,3% en 2017 contre 63,1% en 1999. Ce qui risque de pénaliser «les capacités de modernisation des exploitations et la diversification des activités de production et des services dans le milieu rural».

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    La valeur ajoutée du secteur primaire baisserait de 1,3% alors qu’elle avait augmenté de 13,6% en 2017. Elle est dépendante de l’alternance des bonnes et mauvaises campagnes agricoles. Depuis 2015, le non-agricole s’accroît mais lentement

    Le HCP recommande l’accélération de la modernisation des techniques culturales et des modes de production agricole pour réduire les besoins futurs en main-d’œuvre agricole. Il conseille aussi le relèvement des niveaux des salaires et l’amélioration des conditions de vie en termes d’habitat et de services sociaux et culturels en milieu rural. Selon la CNSS, 50% des salariés du secteur agricole touche un salaire mensuel moyen inférieur à 1.512 DH!
    2018 devrait être marquée par la poursuite de la lente progression  des activités non agricoles: la valeur ajoutée s’améliorerait de  2,9% contre 2,8% en 2017 et sa contribution à la croissance serait de 2,2 points.

    Dans son analyse des activités non agricoles en 2017, le HCP relève que les phosphates constituent le moteur de la croissance de ce secteur (activité minière, dérivés chimiques et parachimiques). Cette activité a profité de l’évolution favorable des marchés, de la hausse de la demande agricole mondiale et de l’ouverture de l’OCP sur le continent africain.

    L’industrie manufacturière a contribué pour 0,3 point à la croissance du PIB. A ce niveau, l’agroalimentaire s’en tire mieux que l’industrie textile et cuir alors que la production automobile stagne tout autant que le BTP. En revanche, les industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques ont enregistré une croissance négative  l’année dernière. Un résultat qui devrait alerter!

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    (1) Le HCP a organisé une conférence de presse mercredi 10 janvier à Casablanca sur la situation de l’économie en 2017 et ses perspectives en 2018.

     

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