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    Economie

    Changes: Avis de tempête sur les banques

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5051 Le 22/06/2017 | Partager
    Une grosse mission d’inspection BAM/Office des changes
    S’il y a eu spéculation, les sanctions vont tomber
    Jouahri: «Je suis déçu parce que l’on remet en cause notre crédibilité»
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    Source: BAM
    Un matelas de devises confortable figure parmi les pré-requis pour la migration vers le régime de change flottant. En l’espace d’un mois, les réserves ont fondu de 20 milliards de DH sous l’effet notamment d’opérations spéculatives, suspectent les autorités monétaires. Elles couvrent moins de 6 mois d’importations de biens et services contre plus de 7 mois il y a un an

    Le ton est vite monté lors de la dernière réunion du Conseil de politique monétaire du 20 juin dernier. La colère de Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, porte sur des mouvements inhabituels sur le marché des changes ces dernières semaines. Les transactions y sont remontées en moyenne quotidienne à 1,2 milliard de DH depuis un mois.

    Cette augmentation ne serait pas seulement liée au financement du commerce international ou d’autres opérations bien identifiées. Les autorités monétaires suspectent de la spéculation contre le dirham à la veille de la transition vers le régime de change flottant. D’où la gueulante de Jouahri: «Je ne suis pas content parce qu’on spéculait contre le dirham et qu’on remettait en cause notre crédibilité. Nous considérions les banques comme les meilleures porte-parole de cette réforme auprès des opérateurs», déplore le wali de Bank Al-Maghrib qui vit cet épisode comme une sorte de trahison.

    En l’espace de quatre semaines, les réserves de changes ont fondu de 20 milliards de DH pour revenir à 224 milliards de DH (9 juin). Elles couvrent moins de six mois d’importations de biens et services. Parmi les pré-requis pour une transition vers le régime de change flexible figure un matelas de devises confortable.

    Aujourd’hui, il est quelque part reproché aux banques d’avoir nourri les craintes des opérateurs malgré les nombreuses réunions d’information qu’elles ont tenues avec la Banque centrale, 14 au total, révèle le gouverneur. Ce n’est pas vraiment le sentiment que laissent les séminaires de sensibilisation organisés par plusieurs banques au profit de leur clientèle. Même si l’on ne connaît pas la teneur des discussions en tête-à-tête avec les clients.

    «Une forte volatilité du dirham arrangera toujours des gens qui veulent gagner de l’argent rapidement», relève un spécialiste des marchés. Dans les salles des marchés des banques, l’on fait profil bas en attendant que l’orage passe. En même temps, «il n’est pas anormal qu’à la veille d’une telle réforme, il y ait un peu d’excitation sur le marché», disent des professionnels. En outre, «nous n’avons pas la même visibilité que les autorités monétaires», se défendent-ils.

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    Les modalités de la première phase de la transition vers le système de change flottant seront connues avant la fin du mois. L’élargissement des bandes de fluctuation du dirham va entraîner plus de volatilité. Cependant, il y a peu de chances d’assister à des mouvements brusques

    En tout cas, les banques sont priées de justifier les couvertures qu’elles ont proposées à leur clientèle ces dernières semaines. «Si nous avons affaire à des opérations normales, aucun problème ne se pose. Dans le cas contraire, nous prendrons les dispositions nécessaires», avertit Jouahri. Au-delà de la Banque centrale, l’Office des changes mène ses investigations. Admis sur d’autres marchés, la spéculation est interdite au Maroc. Chaque transaction doit être adossée à une opération tangible.

    Tout le discours aujourd’hui est de dire que la réforme ne va pas s’accompagner d’une dévaluation du dirham. Invité au Club de L’Economiste vendredi dernier, Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des Finances, a écarté cette éventualité. «Tous nos calculs ont démontré que le dirham n’était pas désaligné. Au contraire, provoquer une dévaluation serait contre-productive», a renchéri Abdellatif Jouahri ce mardi.

    En dépit de l’effort de communication, l’expérience d’autres pays sonne comme une mise en garde dans l’esprit des opérateurs. Le passage au régime de change flexible dans plusieurs pays s’est opéré avec une dévaluation de la devise. «Contrairement à ces pays, le Maroc n’est pas dos au mur pour mener cette réforme. Nous sommes dans une situation plutôt aisée et la transition se fera de manière graduelle», rappellent les autorités monétaires. Les modalités de la première phase de la migration seront dévoilées dans quelques jours lors d’une conférence conjointe que tiendront le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque centrale.

    Maintenant, le basculement au régime de change flexible ne sera pas sans risque. Pour la première phase, la Banque centrale gardera le panier de cotation inchangé (60% euro - 40% dollar). L’élargissement des bandes de fluctuations va entraîner plus de volatilité. Mais il y a peu de chances d’assister à des mouvements brusques.

     

     

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