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Analyse

On peut gagner de l’argent avec le cinéma

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5049 Le 20/06/2017 | Partager
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Siham El Faydi, fondatrice de Concept Mena et distributrice de films: «Face à la concurrence des multiplexes, il faut développer de nouvelles stratégies pour attirer et fidéliser les spectateurs» (Ph. Jarfi)

Politique tarifaire attractive, confort, qualité de service…Ce sont les ingrédients qui vont permettre d’attirer le public à nouveau vers ces salles.  Pour Siham El Faydi, fondatrice de Concept Mena et distributrice de films, il y a aussi  un travail de fond à mener auprès du privé afin d’opérer une réelle mutation du secteur.  

- L’Economiste: Comment expliquez-vous que des multiplexes réalisent des recettes non négligeables, alors que des salles mythiques  n’arrivent  pas à joindre les deux bouts?
-  Siham El Faydi:
Il y a plusieurs facteurs qui jouent contre les salles de cinéma classiques. Primo, la programmation des films, qui est plus riche et diversifiée dans les multiplexes et offre aux spectateurs un large choix. De même, la qualité des services et de prestations commerciales est meilleure dans les multiplexes, en plus du staff, formé et expérimenté pour mieux gérer la clientèle… De plus les multiplexes représentent pour le jeune public un lieu de divertissement intégral, le principe même du plaisir collectif (amis, famille, collègues…). Une offre beaucoup plus dynamique et attrayante que celle des vielles salles. Aujourd’hui, face à la concurrence des multiplexes, il faut développer de nouvelles stratégies pour attirer et fidéliser les spectateurs, en créant un concept «nouvelle génération».

- Faut-il revoir le modèle économique des salles de cinéma?
- Les exploitants des salles doivent oser le changement afin d’adopter une nouvelle vision d’exploitation et de gestion de l’espace. L’innovation est le moteur du changement, et de la performance économique, de nouvelles approches en management stratégique sont requises pour attirer le public à nouveau vers ces salles.  

-  Mais la qualité des films nourrit cette désaffection du public…
- Au contraire, les films marocains réalisent de très bons chiffres, selon les statistiques du CCM. Ces dernières années, les spectateurs font de plus en plus confiance aux productions marocaines. Il n’y a pas de secret, il faut offrir un bon produit avec une bonne qualité de service et un minimum de confort pour le public, pour réussir son exploitation.

- Pourquoi les salles ne font pas suffisamment de promotion et de marketing?  
- Le marketing est devenu incontournable et s’est stratégiquement imposé au monde du cinéma en terme de profit commercial. De nouvelles formes d’interactions avec les spectateurs doivent être recherchées, afin d’encourager le jeune public à aller au cinéma. Une des premières solutions passe par l’application d’une politique tarifaire attractive (cartes de fidélité, cartes d’étudiants, abonnements, projections premium, projections enfants…). Créer de l’émotion, c’est l’ADN même du cinéma, en assurant  le confort sonore et visuel nécessaire pour que le public se sente totalement en immersion dans l’ambiance du film. Les spectateurs ont besoin de prendre du plaisir à se plonger dans l’univers du film à travers des activités annexes (concours, jeux…).
En plus de la projection des films, il faut s’ouvrir à d’autres activités et encourager l’innovation en termes de stratégie marketing/communication.

- Pourquoi le privé est-il encore frileux à l’investissement dans les salles de cinéma?
- Je pense que c’est lié au manque d’informations, et à la faible promotion de l’industrie culturelle du pays, notamment celle du cinéma. La plupart pensent qu’il s’agit d’un secteur structurellement déficitaire. Une idée reçue certes, mais qui influence la prise de décision chez les bailleurs de fonds. il y a un travail de fond à mener auprès du privé afin de l’encourager à investir dans ce domaine ainsi que tous les acteurs professionnels, politiques, associatifs et publics sont appelés à mener des actions autour de la promotion et le développement de ce secteur au Maroc. Une chose est sûre: La culture est dans toutes ses dimensions une composante essentielle pour le développement économique du Maroc.

Propos recueillis par
Aziza EL AFFAS

 

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