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    Médias

    Symposium UPF: Moments d’échange et d’expériences

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4998 Le 07/04/2017 | Partager
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    Le vaste sujet des questions d’environnement et de développement durable en Afrique a été décliné à travers 4 ateliers et tables rondes. L’occasion d’échange d’expériences entre confrères (Ph. Mokhtari)

    Le traitement des questions d’environnement et de développement durable en Afrique par les médias a été la thématique choisie pour ce 2e Symposium international. Un vaste sujet décliné à travers 4 ateliers d’échange et tables rondes. La centaine de journalistes francophones présents, venus de 27 pays différents, ont pu choisir, selon leurs intérêts et leurs besoins, entre la prise de position ou non des médias sur ces problématiques, l’éducation à ces questions, le rôle des réseaux sociaux ou encore ce qu’en pensent les entreprises.

    ■ Les médias doivent-ils prendre position?
    La réponse est simple. Oui! Comme le souligne la journaliste à l’agence de presse sénégalaise, Sokhna Bator Sall, «nous devons prendre position face à l’urgence des conséquences du changement climatique. La question ne se pose plus». D’ailleurs, le grand intérêt de cet atelier a été la démonstration de l’impact positif de l’implication des journalistes sur ces questions. «Même si certains, ne l’oublions pas, payent par des séjours en prison le fait de dénoncer quelques situations» confie un journaliste du Niger. Ce qui a été notamment le cas pour des articles qui mettaient en cause la centrale thermique polluante pour les usines d’exploitation d’uranium d’Areva dans ce pays. Il n’empêche que ces engagements, qui peuvent s’apparenter là à des sacrifices, ont un fort impact auprès des populations locales. Il a également été question, lors de cet atelier, du manque de confiance mutuelle entre professionnels des médias et scientifiques. Ces derniers devant simplifier leur communication pour une transmission plus fluide de l’information. Enfin, certains ont souhaité rebondir sur l’obligation de rédiger des papiers originaux et de qualité pour espérer les voir traiter en priorité dans les organes de presse.
    ■ Eduquer, former au traitement des questions de l’environnement

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    Abdelmounaïm Dilami, président du Groupe Eco-Médias (2e à partir de la gauche), aux côtés de Khadija Ridouane, SG adjointe internationale de l’UPF, Jean Kouchner, SG international de l’UPF, Talal Zouaoui de l’OCP et du président international de l’UPF, Madiambal Diagne (Ph. A. Zahir)

    Le projet autofinancé «Mia Moké» a été présenté par son concepteur Karim Gadjigo. Ce programme d’éveil à la protection de l’environnement, destiné aux enfants africains, véhicule des contenus culturels éducatifs, et donc de la connaissance. «Nous voyons un certain nombre d’enfants qui ont déjà des réactions et des actions en faveur de l’environnement grâce à ce support», explique-t-il. Particulièrement dans des pays où les politiques environnementales sont quasi absentes, ce genre d’initiatives porte clairement ses fruits. Là, le rôle de la presse serait de les relayer le plus possible pour les voir se multiplier. Au cours de cet atelier, certains journalistes témoignent de leurs difficultés à parler environnement à un entourage si peu sensibilisé. L’Algérien Rafik Baba Ahmed explique d’ailleurs que «quand on parle d’environnement chez nous, on parle de questions superficielles, d’ordures ménagères… pas de questions fondamentales». Le sujet restant en effet encore trop limité. Au Togo comme au Cameroun, les patrons de presse ont longtemps considéré que les publications liées à l’environnement n’étaient pas vendables. Jean-Paul Agboh, président du Conseil national des patrons de presse du Togo, l’explique par le fait que les populations «sont plus préoccupées par leur vie quotidienne et leurs besoins primaires». Il résume également ces lacunes par «le manque d’intérêt et les capacités limitées des journalistes pour s’attaquer en profondeur au phénomène du réchauffement climatique et à ses conséquences».

    ■ Les réseaux sociaux: Quel rôle pour la sensibilisation?
    Le phénomène «réseaux sociaux» est si étendu aujourd’hui. Ces derniers sont essentiels dans la sensibilisation sur les questions d’environnement. «A condition de bien les maîtriser et de les utiliser dans les règles de l’art», insiste Aissatou Diouf, experte en communication au Sénégal. En effet, il faut déjà faire attention à ne pas relayer de fausses informations. Encore une fois, le doigt est pointé sur le manque de formation et de connaissances environnementales.
    Le «hashtag» a le grand intérêt de suivre en live l’actualité sur une question précise. Un système de veille qui dépasse les frontières et permet une sensibilisation virale. Plusieurs exemples ont également rappelé le fort pouvoir de la société civile lorsqu’elle se mobilise sur les réseaux sociaux contre des politiques ou des projets qui vont à l’encontre de ses intérêts. Une pression numérique qui marche. En Mauritanie, où la désertification et la montée des eaux menacent, au Togo ou en Guinée, pays représentés à cet atelier, ces canaux sont particulièrement efficaces. Les images postées devant des scandales écologiques, des poubelles qui débordent, des déchets déversés dans la nature… se propagent rapidement au sein des foyers. Le journaliste togolais Felix Tagba, initiateur du site Eaubjectivité, parle de son projet Ecojogging, largement diffusé sur les réseaux sociaux. «Les jeunes Togolais courent tout en ramassant les déchets qu’ils trouvent sur leur parcours. L’occasion pour les sensibiliser aux bienfaits du sport, et bien sûr à l’environnement». Les déchets plastiques collectés pendant les courses étant ensuite recyclés.   

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    Après des échanges intenses autour d’un sujet passionnel et polémique, les intervenants d’un des ateliers «scellent une trêve» pour la photo de groupe  (Ph. M. Hihi)

    ■ Entreprises, développement durable et médias en Afrique: Prise de conscience ou effet de mode?
    En introduction de cet atelier, il a d’abord été rappelé à quel point les logiques pouvaient être contradictoires d’un pays africain à l’autre. En effet, quand certains misent sur le développement d’importants projets d’infrastructures ou de stratégies nationales, ailleurs, les réalités de terrain peuvent aller à l’encontre du développement durable (DD). Alors comment la question est-elle perçue au sein des entreprises? Chez Lydec, la filiale marocaine de la multinationale française Suez, l’intégration du DD s’est imposée en 2003, aboutissant à des stratégies et actions RSE (responsabilité sociétale des entreprises). «Ce qui a alimenté l’évolution de nos métiers», confirme Caroline Orjebin, directrice du département DD.
    Mouna Kadiri, directrice du Club Afrique Développement du groupe AWB, répond clairement à la question posée, objet de l’atelier, par «les investisseurs et les banques ne misent pas par effet de mode». Pour autant, dans des pays comme le Cameroun, «il y a une réelle crise de confiance entre médias et entreprises sur les sujets liés à la RSE», explique Paul Nyemb du journal Le Popoli. Les journalistes n’étant pas convaincus par les actions des entreprises en faveur des populations. Khalil Hachimi Idrissi, DG de la MAP, enfonce le clou en considérant que «la RSE est un business, une plus-value pour l’entreprise, ce n’est pas de l’angélisme». Ajoutant que «les acquis en faveur de l’environnement naissent de rapports de force. Aucune entreprise ne se lance sur ce créneau pour faire joli, et n’oublions pas que les médias sont avant tout des entreprises».

    Du tourisme et de la culture aussi....

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    Ouverture exceptionnelle et en avant-première pour les invités de l’UPF du Musée de l’eau, visite de la station de traitement des eaux usées, le bassin de la Menara, la mythique et l’incontournable place de Jamae el Fna. C’est le programme touristique et culturel proposé aux 150 journalistes venus de 30 pays francophones, ayant participé au 2e Symposium international de l’Union de la presse francophone. Et ce, en partenariat avec l’Association des agences de voyages de Marrakech/Safi et du ministère du Tourisme. A travers tout cet itinéraire, Marrakech déploie ses atouts et reste l’exemple type de ce que veut faire le Maroc pour la promotion du tourisme durable et responsable. Pour finir, chez Ali Belfallah, les invités de l’UPF ont eu droit à des feux d’artifice et des lettres de feu pour saluer la clôture de cette 2e rencontre.

     

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