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    International

    Brexit: Gibraltar au cœur des tensions

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4997 Le 06/04/2017 | Partager
    Le Royaume-Uni et l’Espagne se disputent le sort du «Rocher»
    Les Gibraltariens craignent des répercussions économiques
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    Le «Rocher» de 6,7 kilomètres carrés, situé à la pointe sud de l’Espagne, compte quelque 33.000 habitants. Les secteurs clés de son économie sont les jeux en ligne et une finance offshore qui attire des capitaux de toute l’Europe

    Au moment où le sort de Gibraltar est au coeur des tensions entre l’Espagne et le Royaume-Uni depuis le début des négociations sur le Brexit, un nouvel incident vient compliquer la situation. En effet, un navire de guerre espagnol est entré mardi 4 avril dans des eaux disputées au large de Gibraltar. Ces incursions sont fréquentes, «le Royaume-Uni revendiquant des eaux territoriales allant jusqu’à trois miles autour de Gibraltar, ce que l’Espagne conteste», rapporte l’AFP.

    Aussitôt le document qui va déclencher le Brexit signé que les conflits territoriaux ont ressurgi. La tension est montée d’un cran entre les différentes parties depuis la publication d’un projet européen d’orientation des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Ce document stipule que «l’Espagne devrait donner son feu vert pour qu’un accord sur le Brexit puisse s’appliquer à ce territoire». Ce qui inquiète des responsables politiques de Gibraltar qui craignent que «Madrid puisse exclure l’enclave de tout futur accord commercial».

    Gibraltar, territoire de quelque 32.000 habitants à l’extrême sud de l’Espagne cédé au Royaume-Uni en 1713, redoute que le pays ibérique ne se «serve du Brexit pour le contrôler davantage et a vivement réagi». En clair, Madrid qui reste membre de l’UE peut imposer ses critères à Gibraltar, face au Royaume-Uni qui la quitte.

    Là encore, l’Espagne estime que Gibraltar ne doit pas faire partie des négociations, car il ne fait pas partie du Royaume-Uni. C’est selon la définition des Nations unies «un territoire non autonome administré par le Royaume-Uni», relevant du droit applicable aux «pays et peuples coloniaux». Un argument de droit international qui sert la stratégie définie par l’Espagne dès 2016, juste après l’annonce du Brexit. Madrid a proposé une «co-souveraineté» sur le «Rocher», qui permettrait aux Gibraltariens de rester citoyens de l’UE.

    Mais ils l’avaient déjà refusée par référendum en 2002. La Première ministre britannique Theresa May a assuré qu’elle ne conclurait «jamais d’accord qui laisserait passer les habitants de Gibraltar sous une autre souveraineté sans leur volonté». De son côté, le chef de la diplomatie espagnole, Alfonso Dastis, a semblé vouloir apaiser les esprits en assurant ne pas vouloir «mettre d’obstacles aux relations avec le Royaume-Uni ni avec la population de Gibraltar». D’autant plus que 10.000 espagnols sont employés dans l’enclave.

    Dastis avait profité d’un dîner avec le ministre britannique chargé du Brexit David Davis pour réitérer son souhait de défendre les Espagnols travaillant au Royaume Uni et les Britanniques qui se trouvent dans d’autres pays d’Europe. Plus de 102.000 Espagnols sont établis au Royaume-Uni et plus de 300.000 Britanniques en Espagne, où ils forment la plus forte communauté expatriée dans l’Union européenne.
    «Restez calmes et négociez», a recommandé au gouvernement britannique le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier. Juridiquement, Gibraltar sort de «l’Union en même temps que le Royaume-Uni, voilà ce que je peux dire», a dit Barnier, interrogé sur le sort de la souveraineté de Gibraltar après le Brexit.

    Le Maroc s’invite au débat

    LE destin de Gibraltar a toujours été lié à celui des présides occupés de Sebta et Melilla. Le Maroc a les côtes séparées du «Rocher» de seulement 14 kilomètres. Sa croissance dépend notamment du détroit de Gibraltar, à la fois frontière et point de connexion entre l’Europe et le nord de l’Afrique. La zone est incontournable en matière de commerce et d’échanges internationaux. Une dynamique qui permet de se rendre compte de l’importance du port Tanger Med.

     

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