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    «Un organe autonome et ouvert sur tous les acteurs»

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4970 Le 28/02/2017 | Partager
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    El Mokhtar Bakkour, directeur de l’Aneaq: «Concernant l’examen des filières, je pense que nous disposons de suffisamment de savoir-faire. Nous nous inscrivons dans la continuité. L’agence capitalisera sur tout ce qui a été réalisé par le ministère» (Ph. Privée)

    Le directeur de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité (ANEAQ), El Mokhtar Bakkour, nous accorde sa toute première interview depuis sa prise de fonction en septembre 2015. Il démarre cette année sa première mission, l’accréditation des filières. Son challenge, construire des bases solides pour enraciner l’agence dans le paysage de l’enseignement supérieur. Un chantier qui nécessitera quelques années.

    - L’Economiste: L’Aneaq ne dispose pas encore de référentiels ni de démarche qualité. Son démarrage n’est-il pas précipité?
    - El Mokhtar Bakkour:
    Pour cette année, nous avons prévu d’évaluer les filières uniquement. Si les référentiels sont prêts, nous pourrons aussi lancer une expérience d’évaluation d’établissements vers le mois d’octobre. Concernant l’examen des filières, je pense que nous disposons de suffisamment de savoir-faire. Nous nous inscrivons dans la continuité. L’agence capitalisera sur tout ce qui a été réalisé par le ministère. Nous avons recruté, par ailleurs, des experts, dont la liste reste à compléter par de nouvelles compétences.

    - Vous allez, cependant, utiliser des référentiels qui ne répondent pas vraiment aux standards de qualité…
    - Il s’agit d’un chantier compliqué, car il faut aussi réviser les textes de loi. Le cahier des normes pédagogiques, par exemple, c’est un texte juridique, un arrêté qu’il faudra modifier. De même que le décret sur la vocation des établissements. Il existe, également, des dispositions pour le secteur privé (ouverture, accréditation, reconnaissance,…). Tous ces textes doivent êtres adaptés aux nouveaux référentiels et manuels de qualité et de procédures.

    - Cela nécessitera donc beaucoup de temps?
    - En effet. Les attentes sont énormes et nous le comprenons. Mais les choses ne peuvent pas se faire du jour au lendemain. Les pays qui se sont dotés d’une agence d’évaluation ont dû attendre trois à quatre ans avant d’arriver à un fonctionnement optimal. C’est l’horizon que nous nous fixons également. Notre agence n’a démarré qu’en janvier, et j’étais seul. Actuellement, nous sommes une dizaine. L’organigramme, ambitieux et très fonctionnel, reste à remplir. Au total, il réunira plus de 60 profils. L’agence française, par exemple, compte 200 personnes pour un budget de 18 millions d’euros. Le nôtre n’a pas encore été fixé.

    - Le modèle choisi est celui d’une agence autonome, mais au final, le ministère garde la main sur les décisions d’accréditation ou de reconnaissance?
    - Exact, et c’est ce qui est d’usage à l’international. L’agence doit être autonome. Quand nous élaborerons des rapports, nous les validerons  avec nos experts, pour ensuite les transmettre au ministère qui se prononcera sur l’issue des demandes. Toutefois, personne ne peut intervenir pour nous imposer d’orienter nos rapports dans un sens ou un autre.

    - L’Aneaq sera-elle aussi évaluée?
    - Bien sûr. Nous n’avons, cependant, pas encore décidé par qui, c’est encore trop tôt. Il faudra attendre que nous entamions des activités. Peut-être dans quatre ou cinq ans. Nous nous inspirerons des usages à l’international.  

    - Les enseignants-chercheurs le seront-ils également?
    - Oui, dans le cadre des évaluations institutionnelles. Quand nous réaliserons des expertises sur des établissements, nous scruterons l’ensemble: la formation, la gouvernance, les étudiants, les enseignants, la coopération et la recherche scientifique.

    - L’insertion des étudiants dans le marché du travail sera-t-elle prise en considération?
    - Tout à fait, et c’est cela la nouveauté. Malheureusement, quand nous évaluons actuellement les filières, nous ne procédons qu’à un simple contrôle  de conformité à des règles. Maintenant, il faut passer à un autre stade. Il est nécessaire de vérifier si la formation dispose de débouchés sur le marché de l’emploi. Si ce n’est pas le cas, elle ne devrait pas être accréditée, parce que l’objectif n’est pas de condamner les jeunes au chômage.  

    - Les opérateurs privés se disent exclus des décisions de l’agence et du ministère. Seront-ils associés à vos projets?
    - C’est un débat qui ne concerne pas l’agence mais le ministère. Je respecte tous les acteurs et je comprends leurs revendications, mais je ne peux pas intervenir dans cette relation entre tutelle et opérateurs. A notre niveau, nous sommes ouverts sur tout le monde. Nous avons, par exemple, invité des représentants du secteur privé à ce premier atelier avec l’UE qui ont répondu présent.

    Les procédures seront simplifiées

    Trop de paperasses et de procédures pour les accréditations de filières. Les établissements privés ne s’y retrouvent pas toujours, ce qui retarde tout le processus. L’Aneaq promet de tout revoir. «Nous en avons discuté avec le ministère. Avec ce nouvel opérateur dans le paysage de l’enseignement supérieur, tout doit changer», pense El Mokhtar Bakkour. «Tout le monde est aujourd’hui conscient de la nécessité de réviser et de simplifier les procédures. Il existe, en effet, des formalités qui n’ont plus lieu d’être», poursuit-il.

    Propos recueillis par
    Ahlam NAZIH

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