Economie

Pharmacies d’officine: Le chaînon manquant

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4969 Le 27/02/2017 | Partager
Réglementation et formation continue, les grandes lacunes
Temps d’échanges sur l’expérience africaine à Officine Expo
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Le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 13,7 milliards de DH en 2015 en progression de 8%. Le Maroc exporte 10% de sa production en grande majorité vers les marchés africains

«Réfléchir à une mise à niveau tous azimuts du secteur». Le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, Hamza Guedira, n’en démord pas. Il faut poser dès aujourd’hui les fondamentaux de la pharmacie 2030-2040. Une pharmacie diamétralement différente de celle d’aujourd’hui. Le pharmacien doit en effet remplir des missions de sensibilisation, de conseil et de suivi, reconnues et même rémunérées dans certains pays. «Nous sommes en train de travailler sur la pharmacie informatisée, sur l’élargissement du tiers-payant pour la totalité des médicaments, et sur l’instauration du dossier patient car nous travaillons actuellement en roue libre» explique Guedira.

La question de la formation continue, pour laquelle aucune obligation légale n’existe aujourd’hui au Maroc, est essentielle. Il s’agit d’améliorer la profession dans un contexte marqué par une évolution rapide des sciences et découvertes scientifiques. Mais rien n’avancera sans le soutien des pouvoirs publics. «Il n’y a qu’à travers la loi que l’on pourra instaurer des exigences de qualité. Nous avons besoin de responsables à l’écoute, et de textes de loi clairs et nets» insiste le président du conseil marocain. Sur ces questions, nos voisins Algériens et Tunisiens sont en avance.

«La pharmacie étant, comme l’explique Lotfi Benbahmed, président du Conseil de l’ordre algérien, un des secteurs les plus prometteurs pour pouvoir se projeter sur des exportations et des partenariats et ainsi de diversifier l’économie algérienne». Dans ce pays, les malades prennent gratuitement leurs médicaments à la pharmacie, qui est payée directement par la sécurité sociale avec un système informatique intégré. Pour autant, l’Algérie milite elle aussi pour une pharmacie qui soigne et non qui marchande. «Le rôle du pharmacien n’est plus simplement de mettre à disposition des produits pharmaceutiques ou parapharmaceutiques, mais aussi de jouer un rôle dans l’éducation pharmaceutique. Rappelons que 80% des diabétiques traités ne sont toujours pas équilibrés faute d’accès régulier à leur diabéto».

L’événement Officine Expo, qui vient de tenir sa 14e édition à Marrakech, a donc été l’occasion pour le secteur de demander aux dirigeants un peu plus d’intérêt à cette profession qui réunit 12.000 pharmacies au Maroc, pour 1,2 million de citoyens reçus chaque jour, et qui traite d’un sujet clé pour la population, celui de la santé.

 

 

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