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    Tribune

    Formation du gouvernement: Mieux comprendre les retards

    Par Mohamed BENJELLOUN | Edition N°:4959 Le 13/02/2017 | Partager

    Mohamed Benjelloun est historien de formation, ancien directeur de l’Office des changes, ex-directeur central à Bank Al-Maghrib et conseiller du président Alami à la Banque commerciale du Maroc, devenue Attijariwafa bank, et ancien élève de l’Institut d’études politiques de Paris (Ph. L’Economiste) 

    Il est à rappeler quelques principes fondamentaux:
    La primature échue au vainqueur des législatives et quelle que soit la modicité ou l’ampleur du score obtenu, n’est pas une fin en soi, car elle suppose une responsabilité incontournable celle d’avoir à former un gouvernement et sa majorité parlementaire. La coalition gouvernementale même constituée de partenaires d’obédience opposée, doit être «cohérente, solidaire et experte» afin de réaliser les priorités de la nation sans leur substituer des visées partisanes.

    Ni les prétentions de l’islamisme politique, ni le repositionnement postélectoral du multipartisme, ne peuvent empêcher le fonctionnement de la démocratie parlementaire laquelle s’articule autour de la composante droits de l’Homme-multipartisme. Droits de l’Homme dans leur acceptation universelle telle que définie par l’ONU, et telle que reconnue par notre engagement auprès de cet organisme. Quant au multipartisme, il s’agit de formations politiques ayant comme vocation, dans le respect de l’interdiction d’avoir comme base la langue, la région ou la religion, d’accéder aux instances étatiques.

    En encadrant au sein du peuple autant que possible de militants et de sympathisants, c’est en leur nom qu’elles exercent librement leur droit d’expression. Le Royaume du Maroc, Etat de droit, respecte scrupuleusement les prérogatives de chacune des institutions constitutionnelles. Ainsi, Amir El Mouminine, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, est (articles 41 et 42) chef d’Etat, Commandant suprême des forces armées, président du Conseil des oulémas, président du Conseil des ministres. En assurant notre unité, Sa Majesté veille au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles et demeure le garant de la constance et de la pérennité des positions diplomatiques du Royaume et du respect de ses engagements internationaux.

    Des observateurs semblent déceler au sein des jeunes générations du PJD une prise de conscience, par exemple sur quelques points religieux majeurs: procéder par persuasion; évoquer l’interdiction religieuse de l’alcool en même temps que sa nocivité sur la santé mentale et physique; continuer à renforcer l’islamisation de la société mais ne jamais tenter la pijidisation de l’administration; ne plus défendre l’obscurantisme terreau du jihadisme; joindre les actes à la parole; ne plus jamais envoyer des représentants à des congrès des Frères musulmans, alliés du Daech.
    Quoi qu’il en soit, la formation du gouvernement ne peut obéir qu’à une unique orientation idéologique celle de la lettre et de l’esprit de notre Constitution.
    Ce cadre institutionnel évoqué ci-dessus a permis de faire progresser notre crédibilité sur le plan international; ainsi notre association avec l’Union européenne s’en est trouvée consolidée et nos relations avec les organismes financiers internationaux améliorées: leur apport à une politique de développement accompagnée d’un sillage anti-infractionniste a été décisif. D’autant plus que l’ouverture de notre économie et de notre culture, alliée à des infrastructures modernes, a favorisé l’implantation dans notre pays de métiers mondiaux parmi les plus dynamiques (aéronautique, automobile, énergies renouvelables, etc.) et aussi le transfert et parfois la maîtrise de technologies avancées. En conséquence et en ajoutant à ce qui précède la symbiose entre le Roi et le peuple, tous les deux désormais des patriotes africains et nationaux, le respect par voie légaliste de notre intégrité territoriale ainsi que la régionalisation avancée et les autres réajustements sectoriels déjà en cours, le nouveau gouvernement n’a pas à hésiter pour présenter sa politique générale.

    Ce 16 janvier 2017 a marqué un coup d’arrêt aux errements partisans associant l’instrumentalisation politique de la religion à un courant politicien soi-disant outrancièrement nationaliste. Ces interférences sous forme de trois sorties maladroites fortuites ou programmées quant à la date de survenance, à l’identité de l’auteur (un haut responsable de la majorité appelée à constituer le noyau dur du gouvernement PJD, PI et PPS) et au choix du sujet (des idées émises à contre-courant de la politique officielle de notre Etat-nation) ont fini par ôter toute crédibilité à des pensées sans ancrage dans la société. Tout cela a facilité le retour au Parlement et à l’élection méritée du professeur Habib El Malki au perchoir de la Chambre des représentants. Ainsi l’opposition encore informe a ramené dans ses limites l’islamisme politique.

    Trois conclusions s’imposent alors:
    Le PJD ne pouvait pas prétendre avoir seul la confiance du peuple (il n’a obtenu que 1,6 million de voix sur 5,8 millions de votants). L’approche arithmétique adoptée au départ était erronée car les trois partis concernés ne totalisaient que 83 voix. Les 4 partis du centre (RNI, MP, UC et USFP) veulent constituer une force d’équilibre; cette fois ils souhaitent faire partie d’un gouvernement national fort. Les politologues savent bien que lorsqu’il y a bipartisme ou bipolarisation de la vie politique, c’est notre cas, une troisième tendance voit le jour pour remplir ce rôle.

    Réponses nécessaires...

    Aujourd’hui, aucune précision n’a pu être obtenue à propos de questions aussi importantes que les mesures électoralistes, la recherche de la majorité absolue, la révision jurisprudentielle. Les banques participatives étant un acquis des plus satisfaisants pour tous, pourquoi alors l’application intégrale de la finance islamique? Est-ce pour affaiblir notre appareil bancaire, l’un des supports de notre politique de coopération gagnant-gagnant avec l’Afrique? Faut-il renoncer à la convertibilité? Lorsqu’on a les ambitions du PJD, il faut répondre avec précision à toutes ces interrogations et en particulier à cette dernière: comment pense-t-on atteindre cette éthique de l’islamisme politique, une dictature islamique.

     

     

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