×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Competences & rh

Marché du travail: Jeunes et femmes, les oubliés

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4955 Le 07/02/2017 | Partager
22,5% des 15-24 ans et 13,5% des 25-34 ans sont au chômage
A peine 12% de ceux qui travaillent bénéficient d’un contrat formel
Une femme sur quatre seulement participe à l’emploi, contre 45% dans les pays émergents
emplois_jeunes_femmes_4955.jpg
Le taux d’emploi des Marocains âgés de 25 à 35 ans est clairement en dessous de la moyenne des pays émergents. «Même dans les pays ayant récemment subi une crise économique majeure, comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce, les taux d’emploi des jeunes sont plus élevés qu’au Maroc, qui se situe, lui, dans une conjoncture économique normale», fait remarquer l’économiste principal Maroc de la Banque mondiale, Jean-Pierre Chauffour

Seulement 42% de la population active au Maroc dispose actuellement d’un emploi et participe à la création de richesse. Cette part est en net recul par rapport à 2000, où elle était de 48%. La maigre participation des jeunes et des femmes y est pour beaucoup. «L’économie marocaine se caractérise par une faible capacité à insérer les jeunes âgés de 25 à 35 ans, dont le taux d’emploi n’atteint que 48%, contre 65% en moyenne dans les pays émergents», relève Jean-Pierre Chauffour, économiste principal Maroc de la Banque mondiale. «Au total, par rapport à la taille de sa population, le Maroc crée deux fois moins d’emplois que l’Egypte et trois fois moins que la Malaisie», poursuit-il. 
Le taux de chômage des 15-24 ans s’aggrave de plus en plus, passant de 20,8% en 2015 à 22,5% en 2016 (contre 13,5% pour les 25-34 ans), selon le HCP. Les deux tiers des jeunes chômeurs sont des nouveaux entrants sur le marché, à la recherche d’un premier job. Ceux qui travaillent exercent en majorité dans des conditions précaires. Uniquement 12% bénéficient d’un contrat de travail formel.
Les femmes sont encore plus exclues du marché du travail. Leur taux d’activité (la part de celles en âge de travailler, occupées ou à la recherche d’un travail) est d’à peine 23,6%, selon le HCP, tandis que leur taux d’emploi (la part de celles exerçant une activité) avoisine les 24,8%, soit l’un des plus faibles au monde). Donc à peine le quart d’entre elles contribue à la richesse nationale et à la croissance. «Dans les autres pays émergents, 45% des femmes en âge de travailler sont effectivement employées. Même dans les pays où traditionnellement les femmes travaillent peu, la croissance économique s’accompagne d’une amélioration du taux d’emploi féminin. En Turquie, par exemple, cet indicateur est passé de 20% en 2000 à 30% en 2014», souligne Chauffour. Au Maroc, c’est plutôt le contraire qui se produit, puisque le taux d’activité féminin est en recul sur la dernière décennie, notamment en raison de l’amélioration du taux de scolarisation des filles. 

Des obstacles à lever

Pour l’économiste de la Banque mondiale, la gent féminine pourrait fortement participer à la croissance marocaine, à condition de lever les obstacles qui l’empêchent d’accéder à des emplois décents. Tels que l’insécurité des transports, le manque de crèches, la difficulté d’accès à des financements,…  Les entreprises exportatrices, par exemple, offrant généralement des conditions plus avantageuses, recrutent jusqu’à cinq fois plus de femmes que les structures orientées vers le marché local. «En conséquence, les réformes qui visent à accélérer la transformation structurelle de l’économie, à encourager l’investissement dans le secteur privé et à stimuler la croissance des secteurs exposés à la concurrence internationale, sont, de notre point de vue, prioritaires. Cela permettra de faciliter la sortie des femmes de l’agriculture et d’autres secteurs et métiers à faible niveau de productivité, et in fine, d’augmenter la croissance et son contenu en emplois», insiste Jean-Pierre Chauffour. L’amélioration des conditions de travail pourrait également permettre d’insérer plus de jeunes, dont une grande part, condamnée à enchaîner les petits boulots précaires, finit par baisser les bras et migre vers l’inactivité.

2,7 millions de jeunes ne font rien de leur vie!  

Près d’un jeune sur trois (45,1% parmi les jeunes femmes) n’est ni à l’école, ni en formation, ni en emploi. Cela représente une population de près de 2,7 millions de jeunes désœuvrés selon la Banque mondiale, que l’on appelle «Neet’s». Découragés, ils ne cherchent plus à s’insérer professionnellement ou à entreprendre un quelconque projet. Parmi les 18-24 ans, plus du tiers (34,4%) sont des Neet’s (54,2% pour les filles). Face à la dureté des conditions du marché du travail, à laquelle ils se heurtent après avoir abandonné l’école ou terminé leurs études, ou encore en raison de leurs problèmes familiaux, beaucoup perdent espoir. Par exemple, 88% des jeunes exercent sans contrat de travail, et près de 80% des actifs occupés ne bénéficient pas d’une couverture médicale. Les Neet’s choisissent ainsi de vivre dans leur bulle. Cette population est, cela dit, encore sous-étudiée.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc