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    Ecoles communautaires: L’expérience remodelée dans la vision stratégique 2015-2030

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4945 Le 24/01/2017 | Partager
    Le modèle a fonctionné pour près de 80% des écoles
    Des mesures juridiques seront prises pour dépasser les dysfonctionnements rencontrés
    Le choix de l’emplacement de l’école reste déterminant pour son succès
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     L’école communautaire de Boukachmir dans la région de Khémisset figure parmi les expériences réussies. En plus d’un restaurant et un internat (à gauche), l’établissement est doté d’un terrain de sport (Ph. NEA)   

    Après son lancement au début de cette décennie, quel bilan d’étape peut-on dégager de l’expérience des écoles communautaires? C’était une nouvelle approche apportée par le programme d’urgence pour remédier aux problèmes de l’école dans le monde rural. Sur le plan quantitatif, près de 120 écoles ont été construites sur un objectif de 300 établissements. «Sur le plan qualitatif, on peut avancer que le modèle a fonctionné dans près de 80% des écoles», souligne Abdelhaq El Hayani, directeur de la stratégie, des statistiques et de la planification au ministère de l’Education nationale.

    Ce constat a été dégagé à partir d’une opération d’évaluation à mi-parcours de cette expérience effectuée en 2013. Celle-ci a permis de relever une maîtrise de l’abandon scolaire, y compris chez les filles, avec une relative amélioration de la qualité de l’enseignement dans une grande partie des écoles créées. Le travail d’évaluation a permis également de soulever des dysfonctionnements qui ont impacté négativement près de 20% de ces écoles. Cet échec est dû en grande partie aux contraintes constatées ayant contribué au non-respect des critères prévus dans les cahiers des charges des écoles communautaires, distribués aux académies lors du lancement de cette expérience, rappelle le responsable du ministère.

    D’après ce dernier, s’il n’y a pas la demande et la proximité, fort probablement le projet sera raté. Donc, le bon choix de l’emplacement de l’école va contribuer fortement  à son succès. Mais des fois, le choix est influencé par d’autres considérations loin de la mission de l’école. L’absence de transport des enfants figure également parmi les facteurs d’échec de certaines écoles communautaires. «Pour pallier ces dysfonctionnements, de nouvelles mesures sont envisagées dans le cadre des projets de la vision stratégique 2015-2030 et qui vont faire l’objet d’une réglementation juridique appropriée», avance El Hayani. Premièrement, avec cet instrument juridique, les écoles communautaires seront dotées du statut d’une école spécifique, ce qui n’était pas le cas auparavant. Ce statut va leur permettre de bénéficier de certains moyens: budget, ressources humaines…, ce qui va contribuer à l’amélioration de leur fonctionnement.

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    grâce à ce statut, ces établissements auront une structure et une organisation d’une vraie école, à commencer par la clôture, les salles de classe, l’administration, la bibliothèque, un terrain de sport et un internat standardisé avec tous les espaces pédagogiques permettant aux élèves de réviser le soir.
    Sans oublier de prévoir des logements pour les enseignants. Pour la question du choix de l’emplacement, ledit instrument va ficeler cette opération pour qu’elle soit effectuée dans la transparence dans le cadre d’une commission composée des différents acteurs concernés publics et ceux de la société civile. Une fois ces conditions remplies, l’expérience de l’école communautaire a beaucoup de chance de réussir, comme cela est le cas de l’école Boukachmir, une commune rurale située dans la région de Khémisset.

    «Dans cette école, j’arrive à suivre mes études dans de bonnes conditions avec l’hébergement et la restauration», signale Fatima, une fille de 13 ans dont la famille est installée au douar Tizmoussi loin de l’école de plus de 30 km. Avec le système des écoles communautaires, on constate une nette réduction dans l’absence et l’abandon des élèves, particulièrement les filles, ajoute pour sa part Khadija, instructrice dans l’école de Boukachmir. Ce qui s’est traduit positivement sur l’apprentissage des élèves d’une manière générale, souligne Ahmed Laamri, directeur de cette école. Selon ce dernier, le taux de réussite enregistré l’année dernière avoisine 83% et compte atteindre cette année 90%. Parmi les facteurs de réussite, l’implication de l’association des parents d’élèves qui contribuent activement pour notamment assurer le transport des élèves à la fin de chaque semaine. A noter que l’effectif des élèves de l’école de Boukachmir avoisine 200 enfants dont 140 bénéficient de l’hébergement et la restauration. Parmi ces derniers, il y a 70 filles.

    Chaleur familiale

    En plus de l’emplacement et l’infrastructure, il faut tenir en considération les conditions affectives des enfants et culturelles des familles du monde rural. Parmi les facteurs d’échec de certaines expériences, la réticence de certains parents à laisser leurs enfants notamment les filles de passer la nuit dans l’internat de l’école. Le constat est valable même pour les garçons de moins de 8 ans. Donc, avec le nouvel instrument juridique, on va obliger la direction de l’école à assurer les modalités appropriées dont le transport scolaire des enfants âgés entre 6 et 8 ans, et ce pour leur permettre de passer la nuit chez leur famille.

     

     

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