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    Analyse

    Flexibilité du dirham: Les industriels sous pression du dollar fort

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:4944 Le 23/01/2017 | Partager
    La répercussion sur les prix des importations est immédiate
    Dans les secteurs très concurrentiels, la transmission des hausses reste une équation
    Les exportateurs en zone dollar se frottent les mains

    «Le dollar est notre monnaie, mais votre problème». La boutade de John Connally, secrétaire d’Etat au Trésor sous la présidence Nixon, est toujours d’actualité. L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et la politique budgétaire expansionniste de la future administration américaine ont renforcé la devise la plus importante au monde. «L’euro/dollar est passé de 1,15 en moyenne en 2016 à 1,05 depuis le début de l’année. Ce qui implique que pour la première fois depuis treize ans, il faut plus de 10,20 DH pour 1 dollar contre 9,70 à 9,80 DH en moyenne en 2016», relève Abdelmalek Benabdeljalil, directeur de BMCE Capital Markets. La vigueur du dollar et la remontée des taux américains représentent une double menace pour plusieurs économies. La décompensation des produits pétroliers et la part de la dette extérieure en dollar contenue à 26% limiteront l’impact sur les finances publiques marocaines.

    Pour l’ensemble de l’économie, les prix des matières premières, en particulier du pétrole qui restent à des niveaux relativement bas permettent d’atténuer le choc. «Le Maroc importe plus en dollar qu’il n’en exporte. L’on serait donc tenté de dire qu’il devrait majoritairement souffrir d’un dollar fort. Mais il manque à ce raisonnement la prise en compte des variations des matières premières. Si la hausse de la devise américaine s’accompagne d’une baisse des cours du pétrole, comme ce fut le cas ces dernières années, l’impact serait contenu sur l’économie. L’euro/dollar est ainsi passé de 1,35 en 2013/2014 à 1,12 en 2015/2016 sans que le Maroc n’en souffre. Les récentes variations sont minimes et amorties par la composition actuelle du panier du dirham», tempère Laurent Tournaud responsable ALM, Trésorerie et Capital Market à la BMCI.

    Individuellement, les situations seront variées selon les entreprises. Des exportateurs comme l’OCP qui sont exposés en zone dollar applaudissent la vigueur du billet vert puisque cela suppose une augmentation des recettes (à prix de vente constant). L’on a tendance à dire que la dépréciation d’une monnaie par rapport à d’autres permet de soutenir les exportations. Mais l’impact de la baisse de la monnaie sur la compétitivité à l’export met du temps à se dessiner alors que les répercussions sur les prix des importations sont immédiates. Or le commerce extérieur est l’un des points faibles du Maroc avec une balance commerciale dont le déficit équivaut à 18% du PIB. Au moins 40% des achats du Maroc à l’étranger sont libellés en dollar. Malgré un cours du baril de pétrole qui demeure à des niveaux bas, la variable effet de change pèse sur la constitution des prix des distributeurs. Ce qui a en partie entraîné une hausse des tarifs à la pompe.

    Dans des secteurs très concurrentiels, la répercussion des hausses des coûts de production sur les prix de vente au consommateur est moins évidente. «Les industriels qui sont dépendants du prix de la matière et du cours de change et qui ont un transfert de prix limité sur le consommateur souffriront plus de la hausse du dollar», note Benabdeljalil. Dans la distribution automobile par exemple, toute hausse du cours de change ne pourra être totalement répercutée  sur les tarifs présentés au public. «Il revient aux opérateurs d’être très vigilants sur les couvertures et l’élimination des risques de change sur leurs transactions commerciales», conseille Benabdeljalil.

     

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