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Réforme: La recette des enseignants

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4925 Le 27/12/2016 | Partager
La formation et la motivation des profs, premier chantier
Des programmes scolaires, trop chargés, à réviser
Ouvrir l’école plus sur les parents
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L’enquête TIMSS 2015 a révélé le faible niveau de qualification des enseignants marocains, notamment ceux de maths et de sciences. En matière de maths, par exemple, le Maroc compte la plus grosse part de profs qui ne sont pas allés plus loin que l’enseignement secondaire. Il enregistre aussi les plus faibles nombres de ceux détenant un master ou un doctorat

Les enseignants n’ont pas toujours été impliqués dans les réformes. Il s’agissait la plupart du temps de mesures parachutées depuis la direction centrale du ministère de l’Education nationale. Pour la vision 2015-2030, la tutelle a fait l’effort de sonder l’avis de plus de 100.000 intervenants du système, dont plus de 69.000 profs. Et cela vaut le détour, puisque la majorité reconnaît que pratiquement rien ne marche dans le système (voir L’Economiste du 31 mars 2015).  Les enseignants contactés par L’Economiste, eux, préfèrent plus se concentrer sur les solutions. A commencer par la motivation du corps enseignant, dont une grande partie est démobilisée. «Il est très important de recevoir des signes de reconnaissance. Ne serait-ce que des attestations écrites, car leur symbolique compte beaucoup», estime Sanae Makhloufi, enseignante de français dans une école primaire à Salé. A défaut de bénéficier de primes de rendement, des encouragements tels que des certificats, médailles ou trophées pourraient s’avérer incitatifs.
«Concernant les contenus pédagogiques, il faudrait privilégier la qualité et non la quantité des cours. Les programmes sont aujourd’hui trop chargés», rajoute Sanae. Avec, en plus, des classes surpeuplées, les profs ne peuvent dispenser des apprentissages en bonne et due forme. Ils ne bénéficient pas non plus de suffisamment de temps pour se former. «Le maître a le droit de choisir la manière avec laquelle il souhaite travailler. Il peut donc innover, tout en gardant les grands objectifs tracés. Sinon, il perdra trop d’énergie avec un programme surchargé», suggère, pour sa part, Abdallah Wahbi, professeur de français dans une école primaire à Tiznit.            
L’accent est également mis sur le rôle des parents, souvent démissionnaires. «L’absence des familles est dans de nombreux cas derrière l’échec scolaire. Les établissements doivent s’ouvrir plus sur les parents, dont l’association ne devrait pas se limiter à la gestion d’un budget récolté», souligne Zahra Souibri, directrice d’un collège à Rabat. «Nous avons aussi besoin de plus de conscience professionnelle. Si chacun de nous s’acquittait correctement de son travail, nous aurions beaucoup moins de problèmes», ajoute-t-elle. Toutefois, au lieu de faire leur mea culpa, beaucoup de profs attribuent tous les échecs du système au ministère qui «ne leur fournit que peu de ressources pour travailler».
«Les élèves ont besoin d’être écoutés, mais aussi de profiter d’un environnement agréable et jovial qui leur donne envie de venir à l’école», pense, quant à elle, Nezha Youssefi, professeur d’anglais dans un collège à Fès.
Les enseignants relèvent, en outre, le rôle d’encadrement des inspecteurs, aujourd’hui trop peu nombreux, de l’enseignement préscolaire, toujours négligé, et de l’autoformation.

 

 

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