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    Entreprises

    Viadeo quitte le Maroc… en catimini

    Par Safall FALL | Edition N°:4913 Le 07/12/2016 | Partager
    La filiale marocaine a mis la clé sous le paillasson depuis 4 mois
    Le groupe, en redressement judiciaire, est au bord de la banqueroute
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    Viadeo a vu plus grand que son estomac. Le groupe s’est retiré en décembre dernier de la Chine, un marché porteur qui a viré au gouffre financier pour Dan Serfaty, le patron de l’enseigne, et ses actionnaires. La filiale marocaine ne tiendra que six mois plus tard… (Ph. AFP)

    Viadeo baisse les stores au Maroc. Au bord de la faillite, le fleuron de la french high-tech a cessé toutes ses activités locales dans la plus grande discrétion. Le réseau social professionnel est en redressement judiciaire pour trois mois, depuis le 29 novembre dernier, à Paris. La décision est tombée quelques jours après la suspension du titre à la place boursière de la capitale française.
    Le groupe s’est implanté au Maroc, rappelons-le, depuis 2012 et avait pour ambition de faire de sa plateforme casablancaise un hub stratégique et opérationnel pour le continent africain. Le network comptait déjà plus de 3 millions d’utilisateurs dans le continent (fin 2013), et tablait sur une forte demande. Au Maroc, il a réussi à passer de 500.000 à 1 million de membres, deux ans seulement après son implantation locale. L’offre a très vite bien pris. Le marché local faisait déjà le tiers de ses utilisateurs en Afrique et la progression du digital tenait beaucoup de promesses de croissance à Viadeo Maroc.
    A peine lancée, la société avait tissé de sérieuses alliances avec plusieurs acteurs publics et privés du monde de l’emploi. C’est le cas par exemple de Rekrute.com, le portail marocain de recrutement en ligne. L’enseigne marocaine s’était approchée de Viadeo pour «renforcer la qualité du sourcing et des profils proposés de cadres, dirigeants et professions intermédiaires». Mais les réalités du business en décident autrement aujourd’hui. Les locaux casablancais de la filiale marocaine, sise avenue Mers Sultan, ont été désertés «depuis 4 mois déjà», selon une source bien informée. En s’installant au Maroc, Viadeo avait de grandes ambitions: «S’imposer rapidement comme le leader du networking professionnel en Afrique francophone», comme l’annonçait Dan Serfaty, co-fondateur et PDG du groupe, lors d’une de ses visites à Casablanca. C’est d’ailleurs cet appétit insatiable à l’internationalisation qui aurait mené le réseau professionnel à la banqueroute. Quatre ans après sa création en 2004, la start-up française s’est lancée – un peu trop tôt peut-être – dans une stratégie de croissance extrêmement agressive ces dernières années, ciblant les marchés émergents. Elle enchaîne les rachats d’entreprises en Chine, d’où elle s’est retirée en décembre dernier, en Inde, au Canada… Et s’installe tour à tour au Mexique, en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni, puis au Maroc en 2012. Pour financer cette grosse offensive, censée contrer le géant américain Linked-in, la start-up française a dû opérer plusieurs levées de fonds en dettes et equity.
    Son business-model, basé sur des abonnements payants et l’advertising, est aussi pointé du doigt. Là où son concurrent mise plutôt sur la gratuité de l’accès à sa plateforme et facture aux sociétés les recrutements effectués par son biais. Toutefois, si le moment est certes difficile pour les actionnaires de Viadeo, rien n’est encore perdu: deux repreneurs potentiels se sont déjà positionnés.

     

     

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