Analyse

Tourisme/Nord : Le marché local montre sa résilience

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4913 Le 07/12/2016 | Partager
Avec la niche des affaires, ils représentent les deux locomotives de la région
Les nuitées en croissance de 7% à fin septembre
L’embellie devrait durer jusqu’à la fin de l’année
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La répartition des arrivées par mois laisse entrevoir une nette prédominance des mois de juillet et d’août

Dans cette période de crise où les villes les plus emblématiques sont affectées par un repli touristique, Tanger semble se démarquer du lot. Alors que la plupart des autres destinations phares du pays affichent des baisses, la capitale du Détroit et sa région enregistrent une hausse de 7%. A fin septembre, Tanger a pu attirer 50.000 nuitées supplémentaires et ce par rapport à la même période que l’an dernier. Derrière cette embellie, il y a le tourisme national. C’est en effet ce segment qui a permis à Tanger d’améliorer ses arrivées et nuitées notamment pendant la saison estivale avec des records d’affluence.
Grâce à l’appui insoupçonné du ministère de l’éducation nationale qui a rallongé les vacances en reportant d’une semaine la rentrée scolaire, Tanger a fait également le plein en septembre et a pu profiter de quelques jours en plus. Car, c’est de cela qu’il s’agit. Le Nord ne vit, touristiquement parlant, que pendant trois à quatre mois, de juin à septembre. La destination souffre en effet d’une saisonnalité prononcée à cause de son produit phare, le balnéaire.
L’arrivée de plusieurs nouvelles unités hôtelières pourra aider à inverser la tendance, mais il faudra plusieurs années avant que la situation ne puisse atteindre l’équilibre, souligne Abdelghani Ragala, directeur du Conseil régional du tourisme de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et ancien délégué de l’ONMT à l’international. L’agenda religieux a été aussi favorable pour le tourisme dans la région. Ainsi la période creuse qu’est ramadan a coïncidé avec les périodes d’examens. Ce qui a permis d’entamer une saison estivale plus tôt.
L’autre facteur derrière cette reprise est le Mice. A l’instar de Marrakech, Tanger est en passe de devenir la ville incontournable pour les congrès et autres rencontres internationales. La conférence méditerranéenne sur le climat, Medcop Climat 2016 a réussi à générer près de 4.000 nuitées. Elle coïncidait d’ailleurs avec le séjour d’été du monarque saoudien Salman à la capitale du Détroit et de sa cour qui ont eux aussi mobilisé plusieurs centaines de chambres d’hôtels. A tel point que Tanger a connu pendant quelques jours une période de surbooking, fait rarissime, même au plus fort de l’été. Et c’est l’hébergement alternatif du type Airbnb et appartements privés qui en a profité.
 Mais la raison profonde qui se cache derrière la résilience de Tanger est son industrialisation. «Tanger ne connait pas les mêmes tendances que Marrakech et Agadir», rappelle le responsable du CRT, ce n’est pas le même créneau. Tanger se développe sur le plan industriel et il y a un grand nombre d’investissements étrangers avec une part en croissance de tourisme d’affaires et d’activités «corporate» qui dopent le tourisme et l’hôtellerie. Ce qui a permis à Tanger depuis quelques années de travailler même en basse saison, une tendance qui va continuer grâce à la montée en charge de l’industrie, l’automobile en particulier.
Cette tendance explique aussi le bon comportement du segment des cinq étoiles. Les hôtels haut de gamme se sont accaparés près de 22% du total des arrivées. Le taux de remplissage, quant à lui s’est nettement amélioré pour atteindre les 64% pour le mois d’août, un record même pour cette période de l’année.

Les marchés de Tanger

A Tanger, les opérateurs considèrent le marché européen, surtout celui espagnol comme acquis. L’Espagne est à moins d’une heure d’avion depuis la capitale espagnole et à une demi-heure de bateau, ce qui permet de considérer le marché espagnol comme un marché régional. Mais rien n’est moins vrai car la concurrence est extrêmement rude même du côté espagnol. Les iles Baléares et les Canaries offrent d’excellentes formules de dépaysement même pour les espagnols à des tarifs défiant toute concurrence. Et d’autres concurrents aux dents acérées se profilent.
C’est le cas de Gibraltar, un rocher dont la population ne dépasse pas celle de Chefchaouen et qui se targue d’accueillir dix millions de visiteurs par an. Ce dernier se permet même de venir prospecter au Maroc, dans le but de redresser sa courbe de croissance qui promet d’être malmenée par le Brexit.

 

 

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