×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    La pêche au poulpe est ouverte

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4910 Le 02/12/2016 | Partager
    La campagne hivernale dure du 1er décembre au 31 mars 2017
    Le quota de capture pour la saison fixé à 37.000 tonnes
    peche_poulpe_010.jpg

    Le plan d’aménagement et de redressement d’avril 2004 a permis d’améliorer la réserve de poulpe, mais la situation n’est pas encore revenue à la normale  

    La nouvelle saison de pêche au poulpe a démarré jeudi 1er décembre et se poursuivra jusqu’au 31 mars 2017. Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime a fixé pour cette campagne un quota de capture de 37.000 tonnes de poulpe. Ce qui témoigne du bon redressement de la ressource dans la zone de pêche allant de Sidi El Ghazi (nord de Boujdour)  au Cap Blanc (frontière maroco-mauritanienne). Ce quota est réparti entre trois segments: hauturier  (22.050 tonnes), côtier (3.850 tonnes), artisanal (11.100 tonnes dont 9.100 tonnes pour Dakhla et 2.000 tonnes pour Boujdour).
    La pêche au poulpe par la côtière et la hauturière demeure interdite jusqu’au 15 décembre au sud de Dakhla entre les parallèles 22°42' N et 20°46' N en raison d’un décalage de croissance entre le stock A au large de Dakhla et le stock B au sud de Dakhla.
    La clé de répartition entre les différents segments et opérateurs à l’intérieur de chaque segment a été définie par le plan d’aménagement et de redressement de la pêcherie poulpière datant d’avril 2004. Une stratégie qui a permis de sauver la ressource et de revenir progressivement aux niveaux d’équilibre d’avant l’effondrement qu’a connu la pêcherie en 2013/2014. L’expérience marocaine est d’ailleurs souvent citée en exemple en matière de gestion durable des stocks de poisson. Cependant, il reste encore des défis à relever. En principe, le nombre de barques légales au sud est estimé à environ 3.000. Cependant, il existe encore un nombre non déterminé de barques clandestines, qui pour échapper au contrôle devenu plus rigoureux, utilisent le même numéro d’immatriculation. Pour remédier à cela, le ministère envisage d’équiper toutes les barques légales d’une puce électronique, qui constituera une sorte de carte d’identité biométrique. L’appel d’offres a déjà été lancé et les plis sont en cours d’ouverture.
    Outre l’identification des barques, le ministère de tutelle planche sur leur équipement d’un système de géolocalisation au même titre que les  navires de la pêche côtière et hauturière, dont le suivi est déjà assuré par satellite. Il s’agit d’une mise en conformité par rapport à la loi INN marocaine (illégale, non déclarée, non réglementée) et aux engagements internationaux notamment vis-à-vis de l’UE, premier marché mondial du poisson.
    Le dispositif de géolocalisation revêt maintenant un caractère urgent. En effet, la décision ministérielle relative, par exemple, à la reprise de la pêche au poulpe interdit aux barques de pêcher dans un couloir en deçà de 3 miles et au-delà de 8 miles nautiques à partir de la côte. Par conséquent, toute capture issue d’une pêche pratiquée par une barque dans ces zones interdites est considérée pêche INN et les délégations du ministère de la pêche ne doivent en aucun cas accepter la déclaration de capture faite par le patron de cette barque par obligation de ne pas donner une fausse traçabilité à un produit illégal.
    Dans le cas contraire, ce produit de pêche INN peut intégrer le circuit légal de commercialisation, et être exporté en toute impunité en Europe. Cela mettra en danger la ressource halieutique nationale ainsi que la crédibilité de tout le système de traçabilité des produits halieutiques marocains. Sans système de géolocalisation, il est impossible d’identifier la provenance des produits de la pêche. De plus, l’origine non INN des captures de la pêche artisanale n’est pas garantie.  L’autre boulet qui plombe le segment de la pêche artisanale reste la non-souscription des patrons de la pêche à l’assurance accidents de travail. Presque deux ans après la publication de la loi 18-12, rendant obligatoire cette assurance AT pour tous les marins de la pêche, y compris ceux de l’artisanale, l’alinéa 4 de l’article 6 n’est toujours pas mis en œuvre.
    Les délégués des pêches maritimes sont appelés à veiller à la souscription de cette assurance obligatoire avant la remise des documents du bord aux propriétaires des barques. Au moment du renouvellement de ces documents ou lors d’un contrôle inopiné,  ils doivent exiger comme condition la présentation d’un contrat d’assurance AT.
    Avant la promulgation de la loi, les compagnies d’assurances avaient le droit de refuser ce secteur à haut risque. Mais depuis deux ans, c’est devenu une obligation pour les armateurs de la pêche artisanale et les assureurs. Encore faut-il que la loi soit strictement appliquée à tout le monde. Il y va de l’intérêt de 20.000 marins de la pêche artisanale et de leur famille à l’échelle nationale.

    Pourquoi un système de géolocalisation

    L’urgence de cet équipement s’explique également par l’implication de certaines barques dans toutes sortes de trafic. La douane a arrêté récemment des barques transportant des cigarettes de contrebande provenant de Mauritanie. D’autres barques ont été impliquées dans la pêche de l’espadon durant la période d’arrêt biologique de cette espèce à Al Hoceima. L’absence d’un système de traçabilité des barques représente aujourd’hui un risque pour la sécurité du pays qui reste exposé au trafic en tous genres, y compris le trafic d’armes.

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc