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    Régions

    Joudour Sahara
    Une école de musique à M’hamid El Ghizlane

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
    Un débouché stratégique pour une jeunesse locale vouée à l’exode
    Le projet transversal réunira formation, référencement du patrimoine et sensibilisation
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    La conception du projet tient compte de la construction durable, de l’intégration des bâtisses dans l’environnement local, ainsi que des solution d’économie en eau et en énergie (Ph. Aziza Chaouni)

    C’est dans l'oasis de M'hamid El Ghizlane au sud du Maroc qu’un projet d’école de musique est en phase de voir le jour. «Joudour Sahara» est une école de musique pas comme les autres. Pensée d’abord pour les enfants et les jeunes de l’oasis de M’hamid El Ghizlane, elle a aussi et surtout l’objectif de transmettre et de préserver le patrimoine musical traditionnel de cette région. Elle aura pour mission d’enregistrer et de répertorier ce patrimoine, dans le cadre d’un projet ambitieux qui a reçu l’appui du Fonds des ambassadeurs pour la préservation culturelle (AFCP). «Le projet, qui s’étalera sur une durée de deux années et demie, permettra d’archiver le patrimoine musical des oasis et son lien avec les espaces architecturaux des régions oasiennes, sous forme d’archives musicales, audio et vidéo et de textes», explique Aziza Chaouni, architecte et enseignante à l’Université de Toronto et collaboratrice du projet. M’hamid El Ghizlane, la dernière oasis au sud de la vallée de Drâa, a toujours été située sur la croisée des chemins des caravanes du sel et de l’or. Elle dispose d’un riche patrimoine culturel, influencé par les traditions arabes, berbères et sub-sahariennes. Elle est actuellement menacée par la migration de la population vers les centres urbains, la disparition du mode de vie nomade, l'empiétement des dunes de sable et le manque d'accès à l'eau. La migration risque de faire perdre à jamais ce patrimoine musical irremplaçable. L’école «Joudour Sahara» se concentrera sur l'autonomisation des jeunes avec des programmes d'éducation musicale dans un espace sûr et accueillant. Elle dispensera une formation dans les disciplines liées à la musique (enregistrement, montage vidéo...) et sera un moyen de diffuser la sensibilisation à l'environnement. En plus de l'enseignement, elle permettra un échange avec les artistes en visite. Un atelier se fera sur place pour la création et la réparation d'instruments de musique et l'hébergement des touristes venus soutenir l'école vacances.
    L’école Joudour Sahara est organisée en tant
    qu'ONG, dont les membres bénévoles forment une équipe forte avec des expertises complémentaires. Ainsi, c’est l'ONG Zaïla, pionnière des projets environnementaux et culturels dans l'oasis de M'hamid depuis 2005, qui est le chef de file de ce projet précurseur. L’autre partenaire du projet est «The Playing for Change Foundation» qui, depuis sa création en 2007, a créé 11 écoles et programmes de musique dans le monde. La Fondation Sahara-Roots, présente dans l’oasis depuis 2007, supervisera le paysage du projet et son infrastructure anti-désertification. Et c’est l’architecte marocaine Aziza Chaouni, dont les projets ont été reconnus par plusieurs prix internationaux dans le domaine de la construction durable, qui élaborera la conception du projet, les dessins ainsi que la supervision de son processus de construction. L'expertise de Chaouni dans l'intégration de l'architecture, des paysages et des technologies vertes dans les climats arides permettra d'éclairer la construction et l'aménagement du site. Les 2.000 jeunes de cette contrée, sur une population d’à peine 7.500 habitants, auront ainsi un débouché créatif avec un accès aux instruments de musique, à l'éducation et aux encouragements.

    Une école auto-génératrice de revenus

    Joudour Sahara est une école qui a pour objectif aussi de disposer d’une autonomie financière. En plus des dons financiers, l’école disposera de ses propres revenus. Ceux-ci seront générés par plusieurs activités: location de chambres pour les visiteurs dans le cadre d’échange musical ou d’hébergement de touristes, location de studio d’enregistrement et de place de concert, vente et réparation d’instruments de musique, etc. Les créations artisanales et artistiques par les élèves, les coopératives d’art locales ou même les visiteurs seront un revenu supplémentaire.

    De notre correspondante,
    Sabrina BELHOUARI

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