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    Culture

    Tinariwen, la voix du désert, sort son nouvel opus

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
    «Elwan», un poignant hommage à la situation critique des peuples du désert
    M’hamid El Ghizlane a accueilli le groupe en mars pour enregistrer une partie de l’album
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    Les fans du groupe Tinariwen ont eu un avant-goût du nouvel album Elwan lors de leur prestation au festival Taragalte, organisé à M’hamid El Ghizlane fin octobre (Ph. SB)

    Dans un environnement culturel gagné par le négligeable et le superficiel, les membres du groupe mythique Tinariwen (dont la signification en langue touareg veut dire «Les déserts») fascinent parce qu’ils incarnent une rupture salutaire. Ce phénomène musical mondial est aujourd’hui le porte-parole du peuple des Touaregs. Leurs musique et poésie authentiques, entre le blues, le rock et les rythmes tamasheqs, portent la voix des peuples du désert jusqu’au bout du monde avec une profondeur et une émotion incomparables. Après le dernier album Emmaar sorti en 2014, le nouvel album du groupe touareg Tinariwen, intitulé Elwan (Les Eléphants), sortira en février 2017. Ses chansons décrivent la situation dramatique que subit le territoire des peuples du désert, toujours en portant ce sentiment d’errance et de perte si bien décrit par la musique du groupe. En effet, à mesure que Tinariwen parcourait le monde à la faveur de tournées triomphales (160 concerts ces trois dernières années), agrandissait son audience sur les cinq continents, les frontières autour d’eux se fermaient à double tour, obligeant les mythiques tamasheqs (touaregs) à s’exiler pour réaliser ce qui est aujourd’hui leur 8e album. Leur chère contrée de l’Adrar des Ifoghas, massif saharien situé à cheval entre nord malien et sud algérien, dont ils sont originaires, s’est en effet transformée depuis 5 ans en une zone de conflit où l’on ne s’aventure plus sans danger. Une zone où des seigneurs de la guerre mettent en péril toute activité qui va à l’encontre de leur dessein ou tente d’échapper à leur main mise. Une situation qui a obligé le groupe à enregistrer les 12 chansons de l’album loin de leur désert chéri. Un éloignement qui a engendré une sensibilité et une émotion n’ayant jamais été aussi vives dans les albums précédents. Ainsi, en octobre 2014, aux studios Rancho de la Luna situés dans le parc national californien de Joshua Tree, le groupe fait étape et, profitant de quelques jours off au milieu d’une tournée américaine, enregistre une première partie de l’album. Mais c’est dans l’oasis de M’hamid El Ghizlane au sud du Maroc que le groupe a bivouaqué pendant trois semaines en mars 2016 afin d’enregistrer le reste de ce 8e album, accompagné ici et là par certains des jeunes musiciens locaux. Cette oasis du grand Drâa avec sa diversité musicale et culturelle inspire les artistes touaregs et apportera une touche originale à cet album. Du reste, à M’Hamid El Ghizlane, ce sont des héros pour de vrai. A tel point que les jeunes du coin reprennent leurs chansons comme ailleurs on reprend les Rolling Stones ou Led Zeppelin. Ainsi achevé, l’album s’appellera donc Elwan, album très puissant musicalement et très poignant humainement, où toutes les chansons évoquent un pays désormais introuvable, un monde perdu, avec la nostalgie d’un passé heureux et le tragique de la perte d’un territoire et d’un rêve qu’il nourrissait. Certaines chansons d’Ibrahim Ag Alhabib, guitariste et membre fondateur du groupe, portent la morsure de ce sentiment de perte absolue, comme Imidiwàn n-àkall-in (Amis de chez moi), Hayati (Ma Vie) ou Ténéré Takhal (Qu’est devenu le Ténéré). C’est dans cette dernière qu’apparaissent les fameux éléphants du titre, métaphore animale pour parler de ceux, milices ou consortiums, qui ont tout détruit sur leur passage, la bienveillance, le respect, la solidarité, les traditions ancestrales, valeurs essentielles dans ce désert. Les compositions d’Abdallah comme Sastanàqqàm (Je te questionne) ou celle de Hassane, le bouleversant Ittus (Notre objectif), rendent compte elles aussi d’un même sentiment désemparé. Jusqu’à ce Nànnuflày (Comblé) signé Eyadou, représentant la génération jeune du groupe, venant faire écho à ce constat de crise absolue.

    Mariage de rythmes

    Ainsi, les amateurs des riffs sensuels et abrasifs des guitars ishumars (nom du style musical dont Tinariwen est le précurseur), et qui sont la signature du groupe, ne seront pas déçus. Mais seront aussi comblés ceux qui aiment les rythmes funky et dansant de la musique touareg merveilleusement exprimés par le bassiste Eyadou et le percussionniste Said Ag Ayad.

     

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