×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Régions

A Casablanca, le haut standing s’effondre aussi!

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4847 Le 31/08/2016 | Partager
Le mur d’une résidence cède à cause d’un chantier mitoyen
Quel recours en cas de dommages subis?
Après l’ancienne médina, Bourgogne, Sbata, Val Fleuri… A qui le tour?
casa_effondrement_047.jpg

Le mur jouxtant le chantier de construction s’est effondré subitement sous le poids du béton armé. Heureusement, la chambre à coucher était inoccupée au moment de l’incident (Ph. F. Al Nasser)

Une nième aberration en matière d’urbanisme à Casablanca. Un nouvel effondrement vient de se produire dans l’un des quartiers «huppés» de Casablanca (Val Fleuri). Il s’agit de la résidence «Les Jardins du Val Fleuri», sise rue Stéphane Mallarmé, abritant 77 appartements (avec des entrées séparées). Heureusement, la catastrophe a été évitée de justesse, puisqu’aucune victime humaine n’est à déplorer. Cependant, le préjudice matériel et moral est non négligeable. Les traumatismes psychologiques sont tout aussi importants. «Tout un mur de ma chambre à coucher s’est écroulé samedi 27 août vers 17h45. Je l’ai échappé belle car je venais de quitter mon lit quelques minutes auparavant», témoigne l’un des résidents de l’appartement endommagé. En cause, un chantier de construction mitoyen à la résidence. Arrivé à hauteur du 2e étage, le mur de séparation a cédé entraînant l’effondrement du mur de la résidence, construite en 2008.  
Le syndic de l’immeuble en question avait déjà prévenu les autorités locales (via des écrits datés des mois de mars et avril derniers) du danger que représente ce chantier sur la stabilité de la résidence. «Depuis le démarrage des travaux, des fissurations sont apparues au niveau des murs des appartements et du garage», précisait la lettre, datée du 3 mars à l’agence urbaine, au président de la commune de Maârif et au caïd du 11e arrondissement. De surcroît, les habitants de la résidence se plaignaient de nuisances sonores. «Les travaux, qui sont effectués même le week-end, démarraient dès 7h du matin», est-il précisé.
Le syndic faisait état, dans la même missive, du «non-respect total de la réglementation en vigueur», appelant à «entamer une procédure d’urgence pour arrêter le chantier afin de pouvoir mener une enquête de stabilité de la résidence». Mais, rien n’a été fait et 5 mois plus tard, un pan de l’immeuble s’est effondré sur ses résidents. «L’appartement au 1er étage, en bas de chez moi, est exposé au même risque d’effondrement. Son propriétaire a été contraint de vider les lieux», poursuit le principal témoin.
Aujourd’hui, le propriétaire lésé a entamé les procédures pour obtenir réparation des dommages subis. Une expertise du LPEE sera menée incessamment  pour déterminer les niveaux de responsabilités. En attendant, les familles concernées devront vivre avec la menace permanente d’un autre effondrement.
«Ce cas rappelle celui de l’effondrement de l’immeuble de la rue d’Agadir à Casablanca», commente Redouane Nqairi, président de l’Association nationale des bureaux de contrôle. L’immeuble sis rue Houdhoud (près de la rue Agadir) datant d’une cinquantaine d’années s’est effondré, rappelons-le, en juin 2011, à cause de travaux d’excavation entrepris dans une villa mitoyenne provoquant des dégâts matériels importants. Mais différence de taille entre les deux cas: il s’agit cette fois-ci d’un immeuble neuf (permis d’habiter délivré en 2008). Or, avant de porter l’affaire devant les tribunaux, toute une procédure est nécessaire afin d’établir les responsabilités de chacun dans la chaîne des intervenants dans l’acte de bâtir (entrepreneur, promoteur, architecte, bureaux d’études, de contrôle…). «Dans des cas similaires, il faut commencer par lancer l’expertise d’un laboratoire spécialisé qui établira son diagnostic suite à une auscultation dynamique de la résistance des poutres et poteaux, la résistance du béton…», préconise Redouane Nqairi. L’étape suivante consistera à vérifier si une étude géotechnique du sol a été effectuée avant le démarrage des travaux. Il faudra aussi consulter le dossier technique de l’immeuble en question (plan architecte, plan béton armé…), réexaminer la structure, voir la liaison entre les cloisons et les murs porteurs…

Comment éviter le pire…!

Pour éviter les mauvaises surprises, les professionnels conseillent de recourir à l’expertise d’un bureau de contrôle avant l’acquisition d’un bien. «Comme pour l’achat d’une voiture d’occasion, l’acquéreur d’un appartement neuf ou de seconde main devrait recourir aux services d’un cabinet de contrôle afin de s’assurer de la salubrité et la fiabilité du bien», conseille Redouane Nqairi. L’expert ne se contentera pas de vérifier les documents techniques, mais il effectuera aussi une visite des lieux pour s’assurer de la conformité du bien.
Selon l’expert Nqairi, cette procédure devrait devenir obligatoire comme c’est le cas en France. Parmi les principaux vices recensés figurent les dégâts des eaux (occasionnés par l’infiltration des eaux usées dans les fondations, les plafonds...).  Le second vice le plus répandu a trait à la sécurité des installations électriques, bâclées à la va-vite. Le mauvais dosage du béton et du ciment est également très fréquent.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc