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    International

    La main-d’œuvre de la zone euro vieillit

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4842 Le 24/08/2016 | Partager
    Les experts alertent sur les conséquences sur la croissance
    Cela pourrait ralentir l’augmentation de la productivité
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    Sources: Organisation de coopération et de développement économiques;Commission européenne; Bureau of Labor Statistics des Etats-Unis etcalculs des services du FMI.

    Parallèlement au vieillissement démographique, la main-d’œuvre de la zone euro prend aussi de l’âge. Cela pourrait ralentir l’augmentation de la productivité dans les années à venir. «Ce qui constitue un problème supplémentaire pour les Etats déjà aux prises avec l’héritage de la crise, y compris le chômage et l’endettement élevés», indiquent les experts du FMI (Shekhar Aiyar, Christian Ebeke et Xiaobo Shao) dans la note intitulée «La main-d’oeuvre de la zone euro vieillit, ce qui ralentit la croissance».
    Deux tendances émergent du vieillissement de la population au cours des deux prochaines décennies. Le nombre des retraités va augmenter par rapport à la population active (15-64 ans). Puis, l’âge moyen des travailleurs au sein de la population active s’accroîtra aussi. La part des 55-64 ans augmentera d’un tiers, passant de 15 à 20%.
    Les auteurs de l’étude relèvent différentes théories à propos de l’incidence de l’âge sur la productivité. D’un côté, l’expérience professionnelle accumulée par les travailleurs plus âgés les rend plus productifs. De l’autre côté, leur santé plus précaire et l’obsolescence de leurs compétences pourraient réduire leur productivité, au moins au-delà d’un certain seuil. Bien qu’il soit difficile de généraliser les conclusions, la plupart des études s’accordent sur l’idée que la productivité croît d’abord avec l’âge, culminant entre les 40 et 50 ans. Puis elle diminue. Une hausse de cinq points de la part des travailleurs de 55 à 64 ans va de pair avec une diminution d’environ 3% de la productivité du travail. Les variations de productivité du travail (la production par travailleur) peuvent se décomposer en deux catégories: variations du montant de capital physique et humain utilisé et «productivité totale des facteurs» ou PTF. Celle-ci reste le principal canal par lequel le vieillissement de la main-d’œuvre agit sur la productivité du travail. En particulier, une hausse de 5 points de la part des travailleurs de 55 à 64 ans va de pair avec une baisse de la PTF de 2 à 4%.
    L’impact pour les pays de la zone euro peut se traduire différemment. Premièrement, le vieillissement pèse sur l’augmentation de la productivité à moyen et long terme. La hausse moyenne de la PTF est d’environ 0,8% par an. Elle pourrait être un quart plus élevée (donc augmenter de 1% par an) si on supprime l’effet du vieillissement de la main-d’œuvre. Cela contraste avec le résultat obtenu aux Etats-Unis, où les experts ne prévoient pas de vieillissement de la main-d’œuvre (en fait, elle doit légèrement rajeunir), et donc un impact négligeable sur la productivité totale des facteurs. Deuxièmement, le poids du vieillissement de la main-d’œuvre est inégalement réparti entre les pays membres de la zone euro. L’inquiétant, c’est que certains des effets les plus négatifs sur la productivité vont se faire sentir dans les pays qui en ont le moins les moyens, tels que la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Ces pays ont déjà un endettement élevé et peu de marge de manœuvre budgétaire. Ils ont besoin d’une hausse de productivité rapide pour renforcer leur compétitivité et faire baisser le chômage.

    Les remèdes du FMI

    Les conditions sanitaires (mesurées dans l’étude par la disponibilité de médecins) sont particulièrement importantes. Une progression suffisante de cet indicateur peut réduire sensiblement les effets négatifs du vieillissement sur la productivité. Si la qualité des soins de santé est clairement dans l’intérêt de toutes les tranches d’âge, il y a des chances pour que les personnes âgées consomment plus de services médicaux et bénéficient de manière disproportionnée des efforts des pouvoirs publics en faveur de l’amélioration des soins, indiquent les experts du FMI. Les réformes de politique active des marchés du travail centrées sur la formation ou la reconversion sont une autre manière importante d’atténuer les effets du vieillissement. Comme l’amélioration des soins, ces programmes de formation sont bénéfiques pour les travailleurs âgés, dont les qualifications sont souvent à la traîne de l’évolution des nouvelles technologies et des compétences professionnelles. D’autres réformes publiques, telles que la réduction de l’écart entre l’impôt sur le revenu brut et le revenu après-impôt, grâce à la diminution de l’impôt sur l’emploi marginal ou les investissements dans la recherche-développement, peuvent aussi aider.

     

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