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    Régions

    Fès-Criminalité: La traque se resserre

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4834 Le 12/08/2016 | Partager
    Près de 4.000 arrestations en un mois, bilan du nouveau préfet
    Le problème sécuritaire est lié à plusieurs facteurs, essentiellement l’éducation
    Il faut combattre les incivilités aussi, dit-il

    Abdelilah Essaid promet de combattre avec fermeté toute forme de criminalité et d’incivilité à Fès. Déterminé, le nouveau préfet de police entame le 15 août le premier mois dans sa nouvelle fonction. Mobilisé depuis sa nomination, mi-juillet, l’homme a mené des opérations coup de poing dans les quatre coins de la ville. Le bilan de son action est éloquent: environ 4.000 arrestations entre le 16 juillet et le 11 août. Pour marquer son territoire, Essaid a forcé ce qui était considéré comme des «chasses gardées» de la drogue et de la délinquance. Ses descentes ont touché des fiefs de gangs dont les leaders n’ont jamais été inquiétés auparavant. Son but est de réprimer tout ce qui porte atteinte à l’ordre public. Et il en est ainsi. La population a senti le changement, tout comme le wali de la région, Essaid Zniber, qui «s’en réjouit».
    Pour le préfet Essaid, «aussi alarmants soient-ils, ces chiffres sont bien réels». «Il y a un véritable problème sécuritaire au niveau de la ville, lié à plusieurs facteurs dont essentiellement l’éducation», reconnaît-il.
    Contrairement aux anciens responsables qui accusaient la «presse d’amplification de faits divers isolés», Essaid ne tient pas un discours de langue de bois. «Nous allons continuer à travailler en vue d’éradiquer cette criminalité», rassure-t-il. Mais, il sait bien que cette solution n’est ni efficace ni pérenne. Pour que ses actions réussissent, elles doivent être accompagnées par un arsenal juridique. En fait, nombreux sont les agresseurs qui sont arrêtés par les services de l’ordre, mais rapidement relâchés par le Parquet. Surtout si les victimes retirent leurs plaintes ou en l’absence de témoins. Car au final, certains sont poursuivis pour détention d’armes blanches et ceci ne vaut rien aux yeux des juges. D’où un appel à revoir le Code de procédure pénale. Aussi, l’Etat, étant sous le feu des projecteurs des ONG et l’opinion publique internationale, ne peut pas militariser les agglomérations, mettre sous les verrous tous les délinquants potentiels et surpeupler les pénitenciers. Face à ces contraintes, l’éducation, la lutte contre les incivilités, l’encadrement assuré par la famille, la société civile et les partis politiques, ainsi que l’appui économique s’imposent. C’est de cette manière que l’on pourrait lutter efficacement contre la criminalité à Fès. En attendant, les services sécuritaires continueront de battre le pavé… parfois sans conséquence.

    Neuf préfets en 13 ans

    Depuis le départ du préfet de police, Noureddine Sennouni, en avril dernier, son poste est vacant jusqu’à mi-juillet, avec la nomination d’Abdelillah Essaid. Son prédécesseur avait remplacé l’ancien chef de sûreté, Mustapha Rouani, appelé à rejoindre l’administration centrale après des incidents sécuritaires. Rouani avait lui-même remplacé Mohamed Aarous, et avant Mohamed El Bekkali, Mohammed Serghini, et Abdesslam El Badani.
    La principale cause de ces changements à la tête de la préfecture: la recrudescence de l’insécurité. Rappelons qu’entre 2003 et 2016, Fès a vu défiler neuf préfets.
    Si aucun d’entre eux n’a eu jusqu’ici la recette miracle pour faire chuter le taux de criminalité, Abdelillah Essaid en a bien la volonté et le courage. Il a d’ailleurs chapeauté en personne l’arrestation de dealers et malfaiteurs qui «faisaient l’objet de plusieurs avis de recherche».

    La vidéosurveillance est défaillante

    Faute d’une véritable relance économique, la ville de Fès est restée sous l’emprise des «voyous» pendant une bonne décennie. A telle enseigne que le Conseil de la ville avait misé 60 millions de DH dans l’installation d’un système de vidéosurveillance. Constitué de plus de 600 caméras installées par les soins d’une société française, «ce dispositif est aujourd’hui défaillant», souligne le préfet. Car, aucun «denier» n’a été réservé à sa maintenance. Et puis, la société ne peut pas assurer son entretien gratuitement.
    A ce sujet, la Commune devait prendre en charge cette dépense. «Ou bien, il fallait mettre en œuvre un système de vidéosurveillance comme celui de Casablanca», conclut le préfet.

    Des arrestations en masse

    essaid_abdelillah_034.jpg

    La préfecture de police de Fès a enregistré durant les six premiers mois de 2016 quelque 29.239 affaires, dont 26.477 affaires traitées, soit un taux de réussite de 90,39 %. Durant la même période, quelque 15.416 personnes ont été présentées devant la justice pour divers délits et crimes. Pas moins de 1.179 personnes ont été poursuivies pour avoir perpétré des crimes avec violence ou sous la menace d’armes blanches.
    Depuis son arrivée, le nouveau préfet a procédé à 4.000 arrestations. Les personnes arrêtées sont impliquées dans divers délits et «crimes dangereux». Entre le 16 et le 24 juillet, quelque 905 personnes ont été interpellées. Les affaires varient de l’implication dans des affaires criminelles aux vols à l’arrachée. En trois jours, du 25 au 27 juillet, la police a ratissé large arrêtant quelque 1.890 personnes, dont certaines impliquées dans des affaires criminelles. Du 30 juillet au 1er août, 221 autres individus ont été interpellés... Des arrestations en série qui se poursuivent encore.

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    La DGSN se rétracte mais ne dément pas

    La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a réagi à l’article paru dans notre édition n° 4834 du vendredi 12 août intitulé «Fès-Criminalité: La traque se resserre» précisant que «le préfet de police n’a pas donné d’entrevue, si ce n’est l’échange d’idées, en aparté, en marge d’une activité officielle. Le contenu de cet échange a porté sur des généralités ayant trait à la chose sécuritaire, notamment les efforts consentis par les services de police dans la lutte contre la criminalité, sans pour autant, discourir sur des données sécuritaires détaillées ou officielle. Le préfet de police a traité de l’importance du système de vidéosurveillance urbain instauré à la capitale spirituelle, dans la préservation de la sécurité publique, sans toutefois faire endosser la responsabilité de la gestion de ce dossier à une quelconque partie comme rapporté dans l’entrefilet de l’article en question sous l’intitulé «la vidéo surveillance défaillante».

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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