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    Economie

    Crédit: Les entreprises insensibles à la baisse des taux

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4834 Le 12/08/2016 | Partager
    La tarification des prêts à l'équipement à des niveaux jamais vus: moins de 5%
    Mais la demande fait toujours défaut
    L' investissement des ménages se maintient, mais le rythme faiblit
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    Les banques ont diminué leurs tarifs au second trimestre. La baisse touche toutes les catégories sans que cela ne relance fortement la demande de crédit. La progression des prêts à l'économie s'est améliorée à 2% à fin juin après 1,5% en mars. Mais cela reste insuffisant

    Jusqu' où ira la baisse des taux débiteurs? Le taux moyen appliqué par les banques pour les crédits entre avril et juin 2016 s'est établi à 5,24% contre 5,55% trois mois auparavant. Sur trois mois comme sur douze, la baisse est générale.
    La tarification moyenne des prêts à l'équipement a diminué de 63 points de base par rapport au trois premiers mois de l'année, revenant en dessous de 5%, plus exactement 4,91%. Au quatrième trimestre 2015, il avait baissé jusqu'à 4,76%, du jamais vu. Cela peut être interprété comme un signal des banques pour relancer la demande de crédit. Maintenant, il faut que les emprunteurs jouent le jeu, ce qui n'est pas gagné d'avance.
    La hausse des crédits à l'économie s'est limitée à 1,3% en rythme annuel à fin mars avant d'atteindre 2% à fin juin. Mais cela reste insuffisant pour relancer l'activité économique et pour soutenir les résultats des banques. Les entreprises particulièrement sont moins nombreuses à pousser la porte des agences bancaires. Et la baisse du coût du financement ne semble pas faire évoluer leur position en matière d'investissement. La progression de l'encours des crédits d'investissement aux entreprises non financières privées a ralenti à 0,1% à fin juin après 1,5% à fin mars. Quelques grands groupes continuent à déployer des programmes d'investissements colossaux. Comme pour les investissements publics, tous les secteurs n'en profitent pas. Même les entreprises qui parviennent à décrocher des marchés doivent souvent consentir des délais de paiement très longs. La gestion du quotidien et le recouvrement des créances occupent les entreprises plus qu'il ne

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    La baisse des taux ne fait pas bouger les entreprises. La progression de l'encours des crédits d'investissement aux entreprises non financières privées est quasi nulle. Dans le contexte actuel, le coût de financement n'est pas décisif dans les arbitrages des patrons

    le faut. Plus globalement, nombre d'entre elles ont du mal à se projeter sur un horizon long. Quelle que soit la baisse des taux d'intérêt, le rebond du crédit sera timide tant que les entreprises n'auront pas retrouvé goût à l'investissement.
    Pour les banques, la clientèle des ménages constitue le principal moteur de la croissance des crédits aujourd'hui. Toutefois, si les difficultés des entreprises perdurent, cela impactera à un moment ou un autre leurs salariés et donc leur pouvoir d'achat. Au premier trimestre, l'enquête de conjoncture du HCP avait relevé une détérioration de la situation financière des ménages.
    Pour l'heure, les ménages sont les premiers à profiter de la baisse des taux. Ils ont montré un intérêt particulier pour l'achat de voiture depuis le début de l'année. Les immatriculations de véhicules neufs ont flambé de 39% au premier semestre. Les ménages ont à la fois profité des promotions des constructeurs et des sociétés de financement au dernier salon auto.  
    Sur le marché de l'immobilier, la double baisse des prix des biens et du coût du financement constitue une aubaine pour acheter ou pour renégocier son prêt. Le taux d'intérêt moyen des prêts immobiliers a diminué de 51 points de base sur un an et 18 points de base par rapport au 1er trimestre 2016 pour s'établir à 5,41%. Il faut remonter à 2007-2008 pour voir une tarification plus attractive. Bien entendu, les taux les plus intéressants profitent aux meilleurs profils, notamment la clientèle haut de gamme et celle qui présente un risque faible. Plusieurs établissements adoptent une position agressive en matière de tarification. Ce qui oblige les autres à s'aligner. Cette compétition profite à un plus grand nombre d'emprunteurs. A fin 2015, les crédits à l'habitat souscrits à un taux d'intérêt inférieur à 6% représentaient 70% de l'encours global contre 63% en 2014 et 57% en 2013.

     

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