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Finances-Banques

Délais de paiement
La promotion immobilière bat son propre record

Par Franck FAGNON | Edition N°:4814 Le 15/07/2016 | Partager
En moyenne, comptez 557 jours!
Une révélation explosive de Bank Al-Maghrib
Le sujet n'est pas nouveau, mais les choses ne s'arrangent pas
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Les entreprises financent leurs clients au-delà du raisonnable. La situation est particulièrement intenable dans la promotion immobilière. Dans les secteurs santé et BTP, les opérateurs choisissent ou sont contraints de vivre sur le dos de leurs contreparties

Autant l'immobilier redevient attractif (baisse des prix et des taux d'intérêt) pour les primo acquéreurs ou pour un placement, autant les fournisseurs et prestataires des promoteurs immobiliers vivent un cauchemar. Ils doivent patienter en moyenne 557 jours pour se faire payer. C'est un nouveau record tous secteurs confondus, révèle l'enquête de Bank Al-Maghrib menée auprès d'un échantillon de 1.684 entreprises non financières. Celles-ci pèsent un chiffre d'affaires de 232 milliards de DH et leur dette se chiffre à 198 milliards de DH, soit 28% de l'endettement financier des sociétés non financières. 
Le mal des délais de paiement n'est pas nouveau, mais le problème est qu'il ne s'arrange guère. La Banque centrale dresse un constat particulièrement alarmant pour les TPME dans l'édition 2015 du rapport sur la stabilité financière. Les délais de paiement se sont dégradés à 232 jours pour les TPE et s'établissent aux alentours de 152 jours pour les PME. Comme nous le relevions dans une enquête auprès de chefs d'entreprise dans notre édition du 13 juillet 2016, il faut attendre 360 jours! Pour les grandes entreprises, les délais se sont raccourcis à 77 jours. 
Globalement, au-delà de la promotion immobilière dans laquelle la situation est insoutenable, les entreprises opérant dans le domaine de la santé et l'action sociale doivent jongler avec leur trésorerie pour survivre avec des délais clients qui dépassent 180 jours. Dans le BTP, le paiement des factures intervient en moyenne après  120 jours. 
La mise en place d'un observatoire de la TPME devrait permettre de mieux appréhender le problème des délais de paiement. En tout cas, c'est un accélérateur des défaillances d'entreprises et une des premières causes de leur mortalité. Quelque 3.217 entreprises ont fait défaut au premier semestre 2015 selon Inforisk avec d'importants dégâts sur l'emploi. 

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Les délais de paiement et les défaillances d'entreprises font des dégâts sur le front de l'emploi mais se traduisent aussi par une aggravation de l'ardoise des impayés des entreprises auprès des banques. Les créances en souffrance se sont élevées à 44 milliards de DH soit un taux d'impayé de 9,7%. Le ratio est largement au-dessus de la moyenne dans l'hôtellerie, le commerce, le transport et la communication

L'impact économique des délais de paiement est encore difficile à appréhender pour l'instant, mais ce qui semble certain, c'est que le laxisme au niveau réglementaire encourage le mauvais comportement de paiement sur le marché. Les banques se plaignent de la baisse de la demande de crédit. Certes, la conjoncture n'est pas aussi porteuse. Mais, il y a que nombre d'entreprises préfèrent vivre sur le dos d'autres. Le crédit inter-entreprise qui s'est élevé à 365 milliards de DH en 2014 équivalait à 2,3 fois l'encours des prêts bancaires court terme aux entreprises. Pour les sociétés qui n'ont pas recours aux assureurs-crédit notamment ou des sociétés de renseignement commercial comme Inforisk, la gestion du poste client devient un casse-tête et monopolise davantage de ressources et d'énergies qu'il n'en faut. 
L'allongement des délais de paiement et l'augmentation des défaillances constituent une menace pour les banques. Même si, le risque serait mineur selon les stress-tests menés en 2015 par la Banque centrale, les équipes du FMI et de la Banque mondiale. Mais, le risque de concentration des crédits sur une population restreinte d'entreprises est pris au sérieux. Les engagements sur les grands débiteurs (contrepartie ou groupe de contrepartie dont le crédit dépasse 5% des fonds propres de la banque) représentent près de 3 fois leurs fonds propres. La faillite de la Samir et les difficultés de certains opérateurs dans la promotion immobilière ont accéléré l'édiction de nouvelles règles pour circonscrire le risque lié à l'exposition des banques sur les grands comptes. Les crédits aux entreprises dont la dette est supérieure à 500 millions de DH sera plus coûteuse en fonds propres. La défaillance d'un grand compte est davantage préjudiciable pour la banque que les petites structures. 
A fin 2015, les créances en souffrance des entreprises totalisaient 44 milliards de DH, soit un taux d'impayé de 9,7%. Il atteint 23% dans l'hôtellerie, 14% dans le commerce et 11% dans le transport et la communication. La sinistralité représente 9,6% des crédits accordés aux industries et 6,3% dans le BTP. 

 

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