Analyse

Construction des hôpitaux: Enormes retards

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5273 Le 16/05/2018 | Partager
Des structures en attente depuis plus de 10 ans
Passation des marchés, foncier, défaillance d’entreprises… les contraintes
La maîtrise d’ouvrage déléguée à la direction des travaux publics

La gestion de la construction des hôpitaux figure parmi les principaux problèmes du secteur de la santé. La mise en service de certains projets, dont les travaux ont été entamés il y a plus d’une décennie, se fait toujours attendre. Le cas le plus flagrant est sans doute celui de l’hôpital provincial de Témara (250 lits), dont l’ordre de service des travaux a été donné avant 2007.

Ce retard rend difficile la prise en charge médicale des habitants de cette région. Avec une population dépassant les 630.000 personnes, la préfecture de Skhirat-Témara est dotée d’un ancien hôpital, d’une capacité de 81 lits, soit un lit pour plus 7.800 habitants, contre 130 à Rabat.

Une telle situation interpellera certainement le nouveau ministre de la Santé, Anas Doukkali. Ce dernier tient, toutefois, à rappeler que «les hôpitaux modernes sont par nature des mégastructures complexes, où se concentrent des technologies de pointe, et où cohabitent des corps de métier très divers».

Selon le ministre, même dans les pays développés, les délais séparant la conception du projet de sa mise en œuvre effective demeurent très importants, mais considérés comme raisonnables. Pour les CHU, par exemple, ce délai peut atteindre parfois 14 ans, la moyenne étant de 7 années, selon la taille du CHU.

Toujours dans le même chapitre, Doukkali rappelle des contraintes supplémentaires rencontrées dans les projets construits dans le cadre de la coopération internationale. Notamment les directives  imposées par le partenaire technique et financier. C’est le cas de figure des deux hôpitaux de Salé et Témara, qui rentrent dans un programme de coopération avec la Banque européenne d’investissement (BEI). Le nouvel hôpital de Salé est actuellement en instance d’inauguration.

Celui de Témara accuse un léger retard et devrait accueillir les premiers patients avant la fin de l’année, indique le ministre. D’autres difficultés, en relation avec la passation des marchés, sont évoquées. Cette passation obéit à l’allotissement: plusieurs prestataires se succèdent, parfois dans un ordre obligatoire, conditionnant ainsi la performance globale. A cela s’ajoutent le problème de la mobilisation du foncier et la défaillance de l’adjudicataire d’un lot particulier.

«Depuis un certain temps, nous pallions ces contraintes par la délégation de la maîtrise d’ouvrage au secteur de l’équipement, et plus particulièrement à la direction des travaux publics, actuellement agence nationale», indique Doukkali. C’est le cas des trois nouveaux CHU qui verront le jour à Tanger, Agadir et Laâyoune, ainsi que celui de la reconstruction de l’hôpital Ibn Sina du CHU de Rabat, assure le ministre.

 

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