Entreprises

Bourse: Les bénéfices des non financières explosent

Par Franck FAGNON | Edition N°:5249 Le 11/04/2018 | Partager
Ils ont progressé de 13%, à 18 milliards de DH en 2017
L’immobilier a freiné la croissance du chiffre d’affaires
L’endettement a de nouveau baissé à 52 milliards de DH
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Le rebond de la croissance économique a profité aux entreprises du Masi, surtout celles qui sont directement liées à la consommation des ménages. Les bénéfices restent sur une croissance à deux chiffres, justifiant les arbitrages en faveur du marché actions

Hormis la faiblesse des rendements obligataires qui poussent les investisseurs vers la Bourse, les résultats des sociétés non financières confortent leurs arbitrages. Celles-ci ont amélioré leurs bénéfices de 13% à 18 milliards de DH, selon les calculs de Upline Research, filiale du groupe BCP. La moitié de la croissance émane de Ciments du Maroc.

Le cimentier a dégagé un bénéfice de 979 millions de DH en 2017 après une perte de 136 millions de DH l’exercice précédent. La dévaluation de la livre égyptienne avait contraint la société à constituer une provision de 1,25 milliard de DH pour sa participation dans Suez Cement Company. Managem a également fortement soutenu les bénéfices des sociétés non financières grâce à ses performances opérationnelles et une conjoncture favorable au niveau des prix des métaux.

La restructuration du portefeuille en République démocratique du Congo ayant conduit à une cession de 61,2% de Lamikal au chinois Wanbao Mining a aussi accentué la croissance des bénéfices. En revanche, Addoha dont le résultat net part du groupe a chuté de 24% a ralenti la croissance des bénéfices.

L’année dernière, les entreprises non financières ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 3% à 161 milliards de DH. Le rebond de la croissance économique a profité aux entreprises du Masi, surtout celles qui sont directement liées à la consommation des ménages.

Les dépenses de ces derniers sont restées dynamiques (hausse de 4% selon le HCP), stimulées en partie par une inflation modérée (0,7% en moyenne). Dans ce contexte, la chaîne de distribution Label’Vie figure parmi les principaux contributeurs à la hausse du chiffre d’affaires.

En première ligne, l’on retrouve les entreprises du secteur pétrole & gaz. Les revenus de Total Maroc et Afriquia Gaz ont augmenté de 2,7 milliards de DH sur un an à 14,3 milliards de DH. Malgré les difficultés dans le secteur BTP, Sonasid a été un important pourvoyeur à la croissance des revenus des sociétés non financières. Mais la croissance du sidérurgiste a été essentiellement tirée par l’effet prix.

Les volumes, eux, sont restés stables. La poursuite de l’assainissement dans l’immobilier, entre autres, continue de peser sur les ventes du secteur. Les promoteurs, eux, ont bouclé un exercice difficile. Le chiffre d’affaires a décroché de 17% à 11 milliards de DH.
Avec un résultat d’exploitation stable à 30 milliards de DH, la marge opérationnelle des sociétés non financières cotées en Bourse s’est établie à 18,6%.

Le désendettement se poursuit

Les entreprises non financières poursuivent l’assainissement de leur bilan, en particulier les groupes immobiliers qui doivent composer avec une conjoncture moins porteuse qu’auparavant. L’endettement net des sociétés non financières a reculé de 6% en 2017 à 52 milliards de DH. Le gearing moyen (endettement net rapporté aux fonds propres) a baissé de 5,2 points sur un an à 48,9%. Les entreprises ont réduit la pression sur leur trésorerie en allégeant la dette à court terme. Celle-ci a chuté de 42% à 6,5 milliards de DH. L’encours de la dette financière long terme a, lui, augmenté de 2,6% à 45,3 milliards de DH. L’immobilier est le premier contributeur à la décrue de la dette des entreprises non financières. L’encours y a diminué de 2 milliards de DH à 12,7 milliards de DH. Dans les mines, Managem se donne plus de marge de manœuvre pour accélérer sa croissance. Son endettement a baissé de 42% à 2 milliards de DH. Taqa a vu le sien diminuer de 8% à 10 milliards de DH. En revanche, l’endettement du secteur télécoms représenté uniquement par Maroc Telecom s’est accru de 6,4% à 13 milliards de DH. Il s’est alourdi de 1,6 milliard de DH dans le BTP et matériaux de construction à 5,3 milliards de DH.

 

 

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