Competences & rh

Préscolaire: 1 enfant sur deux y accède!

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5248 Le 10/04/2018 | Partager
La majorité intègre des classes maternelles dites «privé moderne»
Le public est inexistant, il détient à peine 2,1% de l’effectif
L’accès est corrélé au niveau d’études des parents et à leur situation socioéconomique
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Plusieurs études ont relevé que le décrochage des élèves du primaire est plus fréquent auprès des enfants n’ayant pas intégré les classes du préscolaire (Ph. L’Economiste)

En attendant le lancement du référentiel de la généralisation du préscolaire du ministère de l’Education nationale, seulement 1 enfant, âgé de 3 à 5 ans, sur deux a été préscolarisé en 2017. Un chiffre alarmant de l’état de l’école maternelle relevé par le Haut commissariat au Plan.

En milieu urbain, la part des enfants préscolarisés est la même pour les garçons et les filles, mais en revanche dans les zones rurales, le préscolaire profite plus aux garçons (66,6%), alors que moins du quart des effectifs sont des filles.

Pendant plusieurs années, ce secteur est resté en dehors de l’organisation formelle de l’éducation nationale. Une éducation scolaire de qualité a longtemps été l’apanage d’une minorité favorisée, qui avait compris que l’intégration des enfants au préscolaire est la garantie d’une scolarité durable et de qualité.

Aujourd’hui encore, la proportion des enfants de 3 à 5 ans qui intègrent un établissement préscolaire reste fortement corrélée au niveau de qualification du chef de ménage. Elle est de 39% pour les parents sans diplôme et à peu près deux fois plus (75,2%) pour ceux ayant un diplôme d’études supérieures. Ces derniers semblent plus soucieux de l’importance de l’éducation de leur progéniture.

D’ailleurs, la différence entre le taux de préscolarisation des filles et des garçons est de l’ordre de 3,2 points, au profit des filles, alors que dans les familles dont le chef de ménage n’a aucun diplôme, l’écart est de 0,7 point, au profit des garçons. Le niveau socioéconomique de la famille joue lui aussi un rôle important dans la préscolarisation des enfants.

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Plus les parents sont instruits, plus ils sont conscients de la nécessité d’inscrire leurs enfants à la maternelle. La différence entre les ménages ayant un niveau d’études supérieures et ceux sans diplôme est de 36,2 points

Les ménages vivant dans des logements de type sommaire (habitat précaire) sont ceux qui envoient le moins leur progéniture en classes préscolaires. Seuls 4 enfants sur 10 y accèdent, contre 79,4 pour ceux occupant des appartements et 71,7% pour les familles plus aisées habitant des villas.

Par ailleurs, d’énormes disparités existent entre les différentes régions du Royaume. Les enfants de 3 à 5 ans vivant dans les provinces du Sud sont ceux qui bénéficient le plus d’un accès aux classes maternelles. Le taux le plus élevé revient à la région de Guelmim-Oued Noun (77,5%), avec la même proportion d’intégration pour les filles et les garçons. Elle est suivie de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra (72,1%), Souss-Massa (68,9%) et Dakhla-Oued Eddahab (62,3%).

«Le taux, plutôt élevé, d’intégration aux classes préscolaires dans ces régions est corrélé aux nombres d’enfants qui y vivent. Ils sont moins nombreux dans ces zones», explique Aziz Kaichouh, directeur général de la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS). «Nous pouvons aussi imputer cela au type de préscolaire dominant dans ces zones qui est le traditionnel», poursuit-il.

Au niveau des grandes villes, l’accès à la maternelle est moins fréquent. 52,3% des enfants habitant la région de Rabat-Salé-Kénitra sont préscolarisés, et seulement 47,4% pour ceux résidant à Casablanca-Settat. «Dans les grandes villes, la majorité des parents payent pour l’éducation de leurs enfants. Ceux qui n’intègrent pas la maternelle sont généralement les habitants des zones reculées et défavorisées. Ils sont tributaires d’une éducation gratuite, qui est peu présente», précise Aziz Kaichouh.

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Selon les chiffres du HCP, les enfants âgés de 3 à 5 ans, résidant dans les provinces du Sud, sont ceux qui bénéficient le plus de l’accès aux classes du préscolaire.  Une légère disparité est néanmoins enregistrée entre l’intégration des filles et des garçons

Les moins bien lotis sont les petits enfants des régions de Marrakech-Safi et Beni Mellal-Khénifra où, à peine, 4 enfants sur 10 intègrent ces classes. Il est à noter que de légères disparités d’accès sont relevées entre garçons et filles dans le Royaume. Cet écart profite plus à la gent masculine. 

L’accès aux classes maternelles ne profite pas à tous, mais en plus de cela, les quelques «privilégiés» qui en ont bénéficié intègrent des programmes pédagogiques différents, selon l’établissement choisi. Selon le HCP, quelque 9 enfants sur 10 suivent un enseignement «privé moderne», dont 90,1% en milieu urbain, et 73,3% en zone rurale. Le traditionnel, qui est pourtant très présent dans le pays, n’est administré qu’à 11,2%, plus fréquent dans le milieu rural. Le préscolaire public, pour sa part, est inexistant (2,1%).

Cela dit, la FMPS livre des statistiques en total décalage avec celles du HCP. Selon la Fondation, le préscolaire traditionnel représente près de 60%, le moderne 27%, et le public 13% (voir page suivante).

 

 

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