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Résultats BMCE Bank of Africa: «La transformation digitale est d’abord culturelle»

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5244 Le 04/04/2018 | Partager
Le groupe est en train de reconfigurer le parcours client
Benjelloun-Touimi: «La flexibilisation du dirham va améliorer notre compétitivité»
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Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur-directeur général exécutif du groupe BMCE Bank of Africa (Ph. L'Economiste)

- L’Economiste: Quelles remontées avez-vous du terrain  près de trois mois après la réforme du régime de change du dirham?
- Brahim Benjelloun-Touimi:
Elles sont très positives. Sur la foi des échos qui nous parviennent de notre salle des marchés et de ce que nous disent nos confrères, il s’agit d’une éducation à la flexibilisation du change qui, pour l’instant, se passe sereinement. Les adjudications se font normalement par Bank Al-Maghrib. Je pense que le marché de change va tendre de plus en plus vers une «autorégulation» par les acteurs. La réforme du régime de change du dirham est un levier important de l’amélioration de la compétitivité de notre économie. Les petits couacs qui l’avaient précédée sont aujourd’hui oubliés. Nous sommes clairement inscrits sur le chemin du succès.

- Oubliés aussi les griefs de Bank Al-Maghrib à la profession…  
- Ce que je peux vous dire, c’est que le groupe n’a jamais fait l’objet d’un quelconque grief de la part de la Banque centrale. Soyez-en certain. Au contraire, c’est plutôt des encouragements qui lui ont été adressés pour son action dans la salle des marchés.

- De quels secteurs proviennent les 9 milliards de DH du stock de provisions portés dans vos comptes consolidés?
- Plus que la ventilation sectorielle des provisions, gardons à l’esprit une chose essentielle: le ratio du coût du risque du groupe reste maîtrisé, autour de 1%.  Dans d’autres industries ailleurs, ce taux atteint 1,50%, voire 1,70%. Foncièrement, il n’y a pas péril en la demeure. Quand vous regardez notre activité au Maroc, le ratio du coût du risque est à 0,6%. Là aussi, ce taux est conforme à nos prévisions, et il est tout à fait honorable. Par ailleurs, il n’y a pas de dégradation au niveau consolidé du ratio de couverture des créances en souffrance par les provisions. Au contraire, nous avons enregistré une amélioration en le portant à 64% en 2017, soit 4 points au-dessus de son niveau de l’exercice précédent.

- Sur vos marchés africains, le Congo Brazzaville apparaît comme le maillon faible de l’exercice 2017…
- La Congolaise des Banques (LCB), où nous sommes impliqués, est passée par un moment difficile à cause du contexte économique dans lequel elle évolue. Mais la gestion BMCE Bank elle, reste assurée. Au nom du groupe et de son président Othman Benjelloun, j’ai eu le privilège d’être reçu par le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso. Je lui ai réitéré notre engagement de continuer à être présent dans ce pays et de l’accompagner dans les bons comme les mauvais moments. L’Afrique centrale, du fait de sa dépendance de matières premières et de la volatilité des cours, a connu des difficultés l’année dernière. Mais une banque comme la nôtre s’inscrit toujours dans la durée partout où elle est présente.

- Vous accélérez vos investissements dans la transformation digitale. Quel contenu lui donnez-vous au-delà de l’infrastructure technologique?
- Je répondrai d’un mot: la transformation digitale est d’abord une transformation culturelle. En d’autres termes, il faut l’aborder par le parcours client. Elle ne doit pas être une alternative au traitement client en pensant qu’elle vient se substituer à l’agence physique. La transformation digitale vient compléter le parcours client. Ce dernier doit trouver en la voie digitale une option complémentaire à ses contraintes liées à l’horaire peut-être, à son rythme de vie ou sa location géographique. Son succès dépendra de la manière dont on aura collé véritablement aux besoins du client. Ce qui est certain, au Maroc comme dans le reste du continent, ceux qui pensent que le digital mettra du temps à se disséminer, se trompent sur toute la ligne. Regardez l’expérience du téléphone mobile. Au début des années 2000, peu de gens lui prédisaient l’extraordinaire succès rencontré en Afrique et au Maroc au motif que les populations ne sont pas assez instruites.

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

 

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