Economie

Tourisme: Un plan d’accélération sera dévoilé le 2 avril

Par Nadia DREF | Edition N°:5221 Le 02/03/2018 | Partager
Objectif: atteindre 12 millions de touristes en 2018 et 15 millions en 2020
Promotion de l’aérien et de l’open sky, digital, financement… Les priorités
Nouveau modèle pour les stations balnéaires et le plan Biladi
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Le pari est d'arriver à capter 15 millions de touristes en 2020 au lieu des 20 millions initialement (Ph. L'Economiste)

C’est officiel. Un plan d’accélération du tourisme sera dévoilé le 2 avril prochain à Agadir. Une information annoncée par Lamia Boutaleb, secrétaire d’Etat chargée du Tourisme, qui a été invitée par la Chambre de commerce britannique au Maroc, à une rencontre-débat, organisée le 28 février à Casablanca.  La secrétaire d'Etat a insisté sur les leviers de compétitivité, les enjeux et les défis du secteur pour relever le challenge de l'attractivité de la destination. 

Lamia Boutaleb a présenté les grands axes de cette feuille de route tant attendue par les professionnels pour booster la destination et améliorer l’offre. Promotion de l’aérien, plan de développement de la RAM, exécution des phases 3 et 4 de l’open sky, décentralisation, digitalisation de la promotion, recadrage de l’offre, financement, formation, accompagnement des investissements régionaux… Ce sont là autant de nouvelles orientations prises par le tandem Sajid-Boutaleb.

Pour Said Mouhid, président de l’Observatoire du tourisme, l’optimisme est de mise. La tutelle table sur 12 millions de touristes en 2018 et 15 millions en 2020. Ce qui est loin des objectifs fixés auparavant. «Nous ne sommes pas obligés d’atteindre les objectifs chiffrés de la Vision 2020, dans un contexte fortement impacté par la crise économique mondiale et les amalgames. Notre priorité consiste à améliorer la qualité de l’offre Maroc. A cet effet, une mise à niveau s’impose. A titre d’exemple, il est inadmissible que sur les 30.000 lits existants à Agadir, à peine 15.000 sont utilisables», relève Lamia Boutaleb. 

Le ministère de tutelle a retenu 8 régions à valoriser dont les locomotives seront Marrakech et Fès. Chaque région aura une vocation (culturelle, spirituelle, balnéaire, mice, découverte, désert…). Par ailleurs, la tutelle vise à  promouvoir le balnéaire au Sud, surtout l'hiver pour attirer plus de touristes qui veulent fuir le froid glacial de l’Europe.

Le département de Sajid a, d’ailleurs, lancé l’aménagement de nouvelles zones touristiques avec un nouveau modèle de stations, loin de celui adopté par le plan Azur qui a montré ses limites. «Aujourd’hui, le plan Azur avance sous perfusion et les investisseurs souffrent», confirme Samir Kheldouni Sahraoui, président-fondateur du cabinet Chorus Consulting Hospitality & Leisure.

En matière de financement, le secteur attire à peine 2% des crédits alloués par les banques, tellement le risque lié à l’investissement est élevé. Les opérateurs manquent également de visibilité. Dans le cadre de ce plan d’accélération, la tutelle travaille sur des mécanismes pour accompagner les investissements dans les régions. «Aujourd’hui, les outils existants ne sont pas adaptés à la situation. Nous préparons un plan d’accélération à l’instar du PAI et du plan Maroc Vert.

Des mécanismes de financement sont à l’étude dont le Fonds de défaisance pour liquider les créances en souffrance. L’Etat doit allouer des garanties pour encourager l’investissement», fait valoir la secrétaire d’Etat. D'ailleurs, l’Etat compte encourager des prêts à hauteur de 15 à 20%.

Autre objectif majeur pour optimiser les arrivées, promouvoir le rôle des low-cost dans le développement de la destination. Ces compagnies arrivent à capter une clientèle importante grâce à leurs outils de distribution et de promotion. «Les compagnies low-cost sont tellement fortes en matière de promotion digitale qu’elles ont comblé le vide inoccupé par le Maroc», signale la ministre RNIste. La tutelle compte également développer davantage la compagnie nationale RAM et ouvrir plusieurs lignes domestiques pour promouvoir d’autres destinations (Errachidia, Dakhla, Ouarzazate…). (Cf. L’Economiste du 23 février 2018).  

La digitalisation s'érige désormais en grand chantier pour le Maroc. La feuille de route y accorde une place de choix pour mieux répondre aux attentes et besoins d’une clientèle de plus en plus connectée. Chiffres à l'appui, le tourisme individuel (city break) représente près de 50%. Reste que l’informel s'accapare la majorité de cette clientèle. «Il est inadmissible que Fès déclare un taux de remplissage de 30% alors que les hôtels affichent complet!», s’étonne, l'air sceptique, Lamia Boutaleb.

Cette ville n’est pas la seule: Marrakech, Agadir, Essaouira… sont aussi dans le même schéma. Pour contrecarrer les circuits de l’informel, la tutelle est en discussions avancées avec Airbnb afin d'intégrer le circuit formel. Selon la tutelle, les négociations avancent très bien. «Le management de Airbnb est prêt à nous accompagner», confirme la secrétaire d’Etat.

Dans la foulée, le ministère planche également sur le renforcement des partenariats avec les quatre grands tour-opérateurs (TO) qui représentent, à eux seuls, 80% de l’offre au Maroc (TUI, Thomas Cook, Marmara…).

Une attention toute particulière sera accordée au tourisme interne, sachant que l’offre Biladi a montré ses limites. Ce plan ne répond nullement aux attentes des nationaux qui représentent le tiers des touristes. D’ailleurs, en période de crise, ce sont les nationaux qui ont sauvé le secteur. Pour encourager les investissements dans ce sens, le ministère du Tourisme proposera des terrains gratuits pour aider à offrir des packages accessibles.

Plus de touristes britanniques

La Chambre de commerce britannique a invité, pour la première fois, l'association des agents de voyages britanniques (ABTA) à prendre part à cette conférence. C’est Victoria Bacon, directrice du Développement et Branding, qui a représenté cette association qui compte 1.200 agents. Objectif: booster la destination Maroc sur ce marché porteur. En 2017, le Maroc a accueilli 650.000 touristes issus de la Grande-Bretagne dont 50% ont voyagé avec les membres d’ABTA. Les Britanniques sont plus attirés par le tourisme individuel (city break) plutôt que le balnéaire (beach break). Ils sont d’ailleurs nombreux à préférer de plus en plus Marrakech à Agadir.

 

 

 

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