International

Syrie/Israël/Iran: Un changement de stratégie dangereux!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5208 Le 13/02/2018 | Partager
La fièvre semblait être retombée hier lundi, après deux jours de tensions
Crainte d’un dérapage entre pays lourdement armés
Ce que pensent les analystes
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L’accès de fièvre du week-end dernier représente la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran sur la scène syrienne, après des mois de tensions. A court terme, aucun des deux ennemis ne semble toutefois vouloir la guerre, affirment des experts. D’après une étude de l’organisation International Crisis Group intitulée «Israël, le Hezbollah et l’Iran: prévenir une autre guerre en Syrie»,  une nouvelle phase de la guerre à Damas augure d’une escalade avec Israël.

Alors que le régime d’Assad prend le dessus, le Hezbollah sonde le sud-ouest et l’Iran cherche à augmenter les capacités militaires de ses partenaires, Israël craint de plus en plus que la Syrie ne devienne une base iranienne. Les «règles du jeu» qui contenaient des affrontements israélo-Hezbollah depuis plus d’une décennie ont été érodées. De nouvelles règles peuvent être établies en Syrie par accord mutuel ou par un cycle meurtrier d’attaques dans lequel tout le monde va perdre.

Une guerre plus large pourrait être une erreur de calcul. Qu’est-ce qui devrait être fait? Selon l’étude, la Russie devrait négocier des accords qui soutiennent la «désescalade» en distanciant les forces soutenues par l’Iran de la ligne d’armistice syrienne avec Israël. L’Iran devrait renoncer à construire des ateliers de fabrication de missiles à haute précision et des infrastructures militaires.

Tandis qu’Israël devrait accepter la présence de forces étrangères dans le reste de la Syrie, en attendant la conclusion d’un accord sur l’avenir du pays. En l’absence de ces arrangements, les risques d’une escalade entre Israël, l’Iran et le Hezbollah seront bien plus élevés. Les faits ont commencé samedi 10 février par la destruction d’un F-16 israélien touché par la défense anti-aérienne syrienne, et une série de raids de l’aviation israélienne en Syrie, y compris contre des cibles iraniennes, selon l’armée israélienne.

C’est la première fois qu’Israël dit tout haut avoir visé des cibles iraniennes depuis le début en 2011 de la guerre chez son voisin syrien. C’est aussi la première fois depuis 1982, durant la guerre du Liban (impliquant aussi la Syrie), qu’Israël perd un appareil au combat, selon la presse étrangère. La Syrie est depuis des mois le théâtre d’un affrontement jusqu’alors livré sous les radars, mais de plus en plus tendu, entre Israël et l’Iran. La crainte principale réside dans un «dérapage vite arrivé entre pays lourdement armés», selon les analystes.

Le rôle de la Russie

La guerre civile syrienne est encore puissante et il peut y avoir des batailles importantes à venir. Mais en supposant que les tendances actuelles se poursuivent, les grandes lignes de son issue deviennent plus claires, notent l’étude de International Crisis Group. Que ces contours viennent ou non définir les paramètres d’un règlement intra-syrien éventuel, ils définissent déjà la géographie de la prochaine guerre israélo-hezbollah-iranienne. Conclusion: Il est encore temps pour la Russie d’essayer de négocier un ensemble d’accords pour empêcher toute confrontation.

 

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